[Critique] Le Voyage d’Arlo réalisé par Peter Sohn

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Synopsis : “Et si la catastrophe cataclysmique qui a bouleversé la Terre et provoqué l’extinction des dinosaures n’avait jamais eu lieu ? Et si les dinosaures ne s’étaient jamais éteints, et vivaient parmi nous de nos jours ?
Arlo, jeune Apatosaure au grand cœur, maladroit et craintif, qui va faire la rencontre et prendre sous son aile un étonnant compagnon : un petit garçon sauvage, très dégourdi, prénommé Spot.”

Depuis sa création, Pixar Animation Studios n’a cessé de gagner en popularité. Cela en partie grâce au joli coup de pouce offert par Steve Jobs, qui fit l’acquisition de la société en 1986, avant qu’elle ne soit racheté par The Walt Disney Company, Pixar est devenu l’une, pour ne dire la, pièce maitresse du cinéma d’animation moderne. Quand l’on dit cinéma d’animation moderne, on pense bien évidemment au cinéma d’animation en 3D numérique intégral et non au cinéma d’animation traditionnel. Depuis quelques années, le numérique semble être devenu à l’animation ce que le biopic est au film de fiction. On en voit de plus en plus, pour le pire et pour le meilleur, et on se demande bien où est passée la force créatrice qui régnait au préalable dans le cinéma. Cette force créatrice n’est cependant pas perdue ou laissée à l’abandon. La seule et unique chose qui porte à croire qu’elle est moins présente dans le cinéma des années 2010 réside dans la volonté des studios d’exploiter des noms ou licences connus pour faire des films et rentrer plus facilement de l’argent. Ameuter en salles un public qui connaissait déjà l’histoire ou le personnage, et qui l’apprécie déjà. Le cinéma s’enlise depuis quelques années dans cette boucle infernale qui fait en sorte que les films dont on parle le plus sont ceux qui paraissent sur le papier, avoir le moins d’ambitions. Mais moins d’ambitions ne sous-entends pas pour entend que le film est mauvais. Bien au contraire. C’est paradoxal, mais un film qui peut paraître moins ambitieux, car relevant de la simple utilisation de personnages ou évènements déjà connus, peut pour autant apporter quelque chose de bon au cinéma. Il peut être bon, voire même excellent tout en exploitant des éléments, une trame scénaristique principale, des arcs narratifs ou des personnages aux caractéristiques déjà connus des spectateurs. Des spectateurs qui feront appel à leurs souvenirs et qui se laisseront allègrement transporter dans cette nouvelle aventure. Là est la force première du long-métrage d’animation Le Voyage d’Arlo.

Il y a moins de six mois de cela, Disney Pixar mettait une gifle tendre et sentimentale à plus de 4 millions de Français. Partant d’un postulat de départ unique en son genre, Pete Docter et son équipe de création on pu faire appel à leurs idées les plus folles pour faire rire, dégoûter, émouvoir, peur et enrager spectateurs du monde entier. Des spectateurs déjà conquis par l’idée initiale du film, une idée tellement originale qu’on ne pouvait qu’apprécier le résultat final. Il y aura un avant et un après Inside Out en terme de création originale dans les studios Pixar. Le Voyage d’Arlo aurait pu être un Inside Out 2.0, un film audacieux et créatif. C’est concrètement ce qu’en attendaient les spectateurs et c’est sur ce point que le film va en perdre des points. Ce n’est pas un film d’animation audacieux et créatif. Le Voyage d’Arlo est un film d’animation qui n’a pas la création et l’audace scénaristique d’un Inside Out (Vice-Versa pour sa traduction française), mais il fait remonter à la surface ce qui faisait la force dramaturgique du cinéma d’animation Disney d’il y a plusieurs années. Un retour aux fondamentaux qui fait un bien fou.

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Deux personnages en quête du bonheur qui font se lier l’un à l’autre. Deux personnages qui se complètent, qui souhaitent devenir la fierté de leurs proches, mais qui pour cela vont devoir surmonter toutes leurs peurs. Un récit initiatique sur le passage de l’adolescence à l’age adulte qui nous ramène tout droit à un certain Le Roi Lion. Le Roi Lion, ainsi que d’autres films d’animation et de fiction comme Le Monde de Nemo et The Incredible Journey ont clairement influencé le scénario de ce nouveau long-métrage. Un scénario en rien original dans sa trame scénaristique principale, ainsi que dans les divers arcs narratifs qui vont être déployés au fur et à mesure de l’avancée, mais qui va tout de même réussir à transporter le spectateur. Un récit initiatique sous forme de road movie séquencé, durant lequel les deux protagonistes vont rencontrer divers personnages secondaires et embuches en tout genre. Une aventure prévisible dans les grandes lignes, mais qui grâce à la magie visuelle dont seuls les techniciens de chez Pixar on le secret, se transforme en une aventure poétique et sensible. Le Voyage d’Arlo s’en va récupérer dans les films déjà cités, des idées scénaristiques et/ou de mise en scène qui vont façonner le récit. Chaque séquence fera remonter des souvenirs aux spectateurs, mais à cela, les animateurs vont ajouter leur poésie visuelle.

Encore une fois, Pixar Animation Studios frappe fort et frappe surtout là où le film en a besoin. Proche du photoréalisme dans la reproduction de la végétation et de l’eau, élément primordial de l’environnement, c’est l’incrustation de personnages aux designs proches du film d’animation d’antan qui vient faire contraste avec ces environnements magnifiques et détaillés. Des couleurs saturées, des textures plus grossières, on en verrait presque apparaître le fameux contour autour de leur silhouette, à l’image des personnages d’une bande dessinée. Des personnages qui ne font pas corps avec le décor, mais qui vont devoir s’y accorder pour survivre et arriver à leurs objectifs. Une opposition entre le cartoon et le réel en adéquation avec le ton du film et qui nous prouve avant tout que ce nouveau film d’animation est un hommage aux films d’animations qui ont marqué des générations par le passé. Comme une volonté de faire perpétuer des messages et valeurs sur des thématiques telles que la recherche de soit, l’affrontement de ses peurs et la famille aux nouvelles générations. Le Voyage d’Arlo est un film qui, comme tout bon récit initiatique qui se respecte, cherche à retranscrire la dureté de la vie de tous les jours. Du moment de tendresse au moment de peur, en passant par le rire. Un rire qui va prendre plusieurs formes et notamment celui du comique de situation, proche du burlesque et du slapstick. Quand le surréalisme fait littéralement corps avec le réalisme pour créer des moments de vie et des émotions réelles. Le cinéma et d’autant plus, le cinéma d’animation, peu se permettre d’user d’éléments irréalistes pour créer le rire ou une tout autre émotion, et ce, même si les personnages évoluent dans un univers réaliste.


En Conclusion :

Le Voyage d’Arlo est un film qui, alors qu’il n’est pas officiellement sorti, divise déjà les spectateurs. Pixar majeur ou Pixar mineur ? Si on ne peut pas répondre à cette question à votre place, l’on peut dire qu’il s’agit d’une production et création Pixar qui n’est pas originale. Empruntant beaucoup d’éléments de mise en scène et scénaristiques à des films déjà connus, le film ne va pas étonner ou surprendre. Il n’en reste pas pour autant très bon et d’une puissance poétique et émotionnelle remarquable. Le Voyage d’Arlo est un hommage aux films d’animation qui ont marqué les générations passées. Il transporte des valeurs sur des thématiques très fortes comme la famille et l’appréhension de l’autre au travers d’une dramaturgie Shakeaspierienne et en décuple les forces émotionnelles grâce au génie visuel de la société américaine Pixar. Même si pas original et fortement conventionnel dans son déroulement, ainsi que sa bande sonore à laquelle il manque véritablement un thème principal, Le Voyage d’Arlo n’est pas juste ponctué de fulgurances. C’est un véritable récit initiatique qui repose sur des contrastes visuels comme scénaristiques pour transcrire par l’image des moments et des émotions par lesquelles passe et passera chacun des spectateurs à des moments de leurs vies. Un film d’animation sincère et poétique, qui provoquera des débats, mais éveillera une sensibilité chez certains.


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