[Critique] La Planète des Singes : Les Origines réalisé par Rupert Wyatt

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“Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

La Planète des Singes est une saga qui a regagné en popularité avec la sortie du reboot nommé La Planète des Singes : Les Origines, mais il faut savoir que tout a commencé en 1968. L’histoire de cette saga débuta avec le film La Planète des Singes, adaptation du livre éponyme avec dans le rôle principal Charlton Heston. Une référence du film de science fiction grâce à sa morale inversée où l’homme prend conscience de ce qu’il fait subir aux animaux et inversement, mais également grâce à son magnifique plan final qui est pour tous et toutes, le plan référence du film et de toute la saga. Il y eut ensuite pas moins de quatre suites à ce film. Alors que Le Secret de la Planète des Singes et Les Évadés de la Planète des Singes n’étaient que des séries B réalisées pour surfer sur le succès du premier film, la saga regagna en ampleur avec notamment l’excellent La Conquête de la Planète des Singes (auquel Les Origines emprunte énormément), et le dernier épisode, mais loin d’être le plus mauvais, La Bataille de la Planète des Singes. Puis arriva Tim Burton en 2001 avec son célèbre reboot du film d’origine, qui brisa totalement le mythe en faisant croire aux spectateurs qu’il ne s’agissait pas d’un remake en le prenant littéralement pour un imbécile, avec une scène finale aberrante de stupidité. Un film commercial sans saveur qu’il nous faut à tout prix oublier pour apprécier à sa juste valeur l’ancienne saga comme la nouvelle qui débute avec La Planète des Singes : Les Origines, blockbuster intelligent qui en plus de posséder des effets spéciaux d’une beauté sidérante, repose sur un scénario qui réussi à allier émotion et spectaculaire, une qualité rare de nos jours.

Reprenant l’un des plans du film La Conquête de la Planète des Singes, Les Origines débute avec un sentiment d’enfermement et d’infériorité des singes sur les hommes avec une scène d’ouverture où l’on voit des hommes mettre en cage des chimpanzés. Ça met directement l’accent sur la volonté du scénariste qui est de lier le spectateur au chimpanzé et non pas à l’homme en règle général puisqu’une fois n’est pas coutume, le personnage principal n’est pas un homme, mais un animal en l’occurrence César. On le voit naître et on s’attache à celui-ci tel à un propre membre de sa famille. Le spectateur s’attache à lui, qui plus il grandit, plus il devient intelligent, je dirais même plus, plus il gagne en maturité. César devient très rapidement littéralement un homme qui fait face aux hommes d’une brutalité redoutable et d’ôté d’aucune morale ou sentiment. L’homme devient l’animal et le chimpanzé prend la place de l’homme. Le spectateur ressent ce sentiment d’enfermement vécu par le chimpanzé lors de la scène d’ouverture et ce jusqu’à ressentir une profonde haine envers les hommes de ce film. Faire de César le personnage principal de ce film est intelligent, car le spectateur s’attache à lui alors que le scénario décrédibilise totalement l’homme. On peut l’interpréter de plusieurs manières la morale de ce film, mais à chaque fois on en reviendra au fait que c’est l’homme qui est responsable, c’est l’homme qui en souhaitant en vouloir toujours plus, va jusqu’à sacrifier les vies de ses semblables.

En dehors de son scénario bien écrit, car reprenant avec tendresse, mais également brutalité celles des films La Planète des Singes et La Conquête de la Planète des Singes, La Planète des Singes Les Origines est un film qui marque un point culminant en matière de motion capture. Avec cette technologie, qu’est la motion capture, on arrive à avoir un chimpanzé plus vrai que nature sans avoir recours à du maquillage ou costumes tel que c’était le cas en 1968. Le rendu visuel est tout simplement bluffant. Les mouvements des chimpanzés sont si fluides, les poils, qui sont normalement ce qu’il y a de plus dur à faire en motion capture ou même pour tout genre de film en image de synthèse sont ici somptueux et criant de réalisme. Grâce à la société WETA Digital qui c’est occupé des différents effets spéciaux, mais également à la société The Imaginarium Studio, créée par l’acteur Andy Serkis et Jonathan Cavendish, le film nous bluffe littéralement avec son rendu visuel incroyable et arrive à faire de simples effets spéciaux un élément indispensable pour faire passer des émotions lors de dialogues entre humains et chimpanzés et rendre des chimpanzés virtuels plus vrais que nature et plus touchant que de véritables acteurs. Puisque oui, James Franco et Freida Pinto sont de bons acteurs, mais leurs personnages n’ont pas la force émotionnelle ni le charisme suffisant pour nous atteindre autant que le fait César. Une icône est née.

Après avoir interprété King Kong ou encore Gollum dans Le Seigneur des Anneaux, c’est donc Andy Serkis qui incarne le chimpanzé dans ce film et en profite pour atteindre le plus haut niveau de sa carrière avec le rôle de César. L’acteur arrive à transmettre une émotion grâce à son interprétation, qui sans elle, n’arriverait pas à rendre le personnage aussi touchant, attachant et terrifiant qu’il ne l’est. Bien sûr ce n’est pas lui qui fait tout dans ce film, mais il y tient le rôle principal et aurait dû être récompensé pour un rôle tel que celui-ci. Espérons qu’il soit reconnu par la suite, par une académie quelle qu’elle soit. Très attendu, La Planète des Singes Les Origines a réussi à rendre une saga en perte de vitesse à cause d’un remake désastreux grâce à un scénario qui rend hommage aux premiers films, tout en réussissant à s’inscrire dans la timeline de la saga comme un véritable prequel et à des effets spéciaux qui aujourd’hui n’ont toujours pas été surpassés. Un film qui arrive a allier sans problème l’action à la réflexion et quand un film américain arrive à nous faire cela, on ne voit pas pourquoi on devrait s’en priver. Affaire à suivre avec un affrontement tant attendu…peut-être trop attendu ?

4.5/5

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