[Critique] La Glace et Le Ciel réalisé par Luc Jacquet

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Synopsis : “Luc Jacquet met en scène l’aventure de Claude Lorius, parti en 1957 étudier les glaces de l’Antarctique. Il nous raconte l’histoire d’une vie extraordinaire de science et d’aventure, consacrée à percer au plus profond des glaces de l’Antarctique les secrets bien gardés du climat.”

 

Projeté en clôture du Festival de Cannes 2015, La Glace et Le Ciel est un documentaire qui n’a pas fait sensation, pour la simple et bonne raison que peux de réactions on suivis cette projection. La fatigue des dix jours de festivals avaient certainement dû pousser les festivaliers à déserter cette séance. Un projet intriguant et au propos intéressant sur le papier, mais peut-être pas une bonne programmation pour un tel film. Luc Jacquet ce n’est pas n’importe quel cinéaste. La Marche de l’Empereur, Le Renard et l’Enfant, puis dernièrement Il était une Forêt. Des films aux succès relatifs. Grand carton pour La Marche de l’Empereur grâce à une excellente programmation et à un bouche à oreille qui n’a cessé de grimper. Petit flop en comparaison, pour Il était une forêt avec moins de 300.000 entrées. Ce qui reste non négligeable pour un documentaire sur la faune et la flore distribué par Walt Disney Pictures. Le 21 octobre, Luc Jacquet revient sur les meilleurs écrans de France avec un retour aux sources. Un retour à l’Antarctique avec un documentaire dédié à Claude Lorius, véritable aventurier de la glace.

A des fins pédagogues, La Glace et Le Ciel va lancer un projet méta-culturel initié par l’association Wild-Touch fondée par le cinéaste Luc Jacquet. L’objectif de ce projet va être de sensibiliser le public à la fonde des glaces et aux changements climatiques au travers de divers médias culturel :

  1. Cinéma -> avec le film La Glace et Le Ciel réalisé par Luc Jacquet
  2. Télévision -> avec le film documentaire Les Enfants de l’Antropocène écrit par Julien Goetz et Ismaël Khelifa et réalisé par Dimitri Grimblat
  3. Internet -> avec un programme pédagogique à la fois ludique et instructif accessible pour les grands en quête de plus d’informations sur Claude Lorius et sa vie d’aventurier, mais également pour les enfants, car illustrés par des dessins et narré avec des mots et expressions qui ne cherchent pas à être savantes, mais compréhensible par tous et toutes.

Une initiative qui permet à la recherche d’avancée et de ne pas cesser, mais avant tout à chacun de prendre un peu plus conscience de ce qui se passe sur ces terres glacières. Sans effectuer de jugement envers l’homme et sa manière de vivre, ces différents films et programmes éducatifs lèvent le voile sur le climat et ses changements par le biais d’un homme et de sa vie. C’est accessible et complémentaire, car certains éléments sont plus détaillé dans le long-métrage dédié au cinéma dans un premier temps que dans le programme éducatif disponible gratuitement sur internet. Et inversement. Chacvn y trouvera son compte et avec facilité.

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Luc Jacquet est à ce jour un des seuls réalisateurs de renom qui ose mélanger le documentaire à la fiction. Un format de documentaire particulier puisque mis en scène et à la narration travaillée afin de conter une histoire aux spectateurs. Une œuvre cinématographique proche du long-métrage de fiction, mais qui utilise majoritairement des images d’archives et qui conte une histoire vraie. Une histoire plus vraie que vraie qui use des codes des deux formats que sont le documentaire et la fiction pour mettre le spectateur face à une vérité qui est de ce fait plus facile à intégrer. C’est ce que fait également de plus en plus Yann Arthus Bertrand, tout en restant pour ce dernier, dans le documentaire reportage au montage très travaillé. Avec ce nouveau “documentaire blockbuster” comme pourraient l’appeler les puristes du documentaire naturaliste, Luc Jacquet sème le trouble dans l’esprit du spectateur. Le metteur en scène offre à son unique acteur une aura toute particulière dans les plans modernes tournés lors d’une récente excursion en Antarctique. Il le met en scène tel un chamane face à sa forêt magique. Luc Jacquet sublime son protagoniste, son unique personnage. Les plans tournés majoritairement par drones reflètent la beauté de l’Antarctique et donnent littéralement vie à de magnifiques panoramas qui s’étendent à perte de vue. Claude Laurius au cœur d’un monde immaculé de blanc et complètement déserts, mais au sein duquel il paraît bien et serein. Même si simplistes, ces magnifiques quelques plans hautement symboliques représentent l’avancée et l’accomplissement de l’aventure d’une vie.

Pendant une heure trente, le réalisateur va conter au spectateur l’histoire d’un homme pas comme les autres. Un homme qui, dès son plus jeune âge c’est donné la force de vivre ses rêves et d’avancer dans la vie grâce à une réelle ambition et passion pour ce qu’il entreprend. Claude Laurius fait parti de ces hommes, banal au premier abord, et qui, par le biais d’un travail de montage exploitant des rushs d’époque, va devenir en l’espace d’un film, un personnage de fiction, un aventurier. Luc Jacquet sème le trouble dans l’esprit du spectateur avec ce film puisqu’il s’agit véritablement d’un film d’aventure mis en scène avec des images d’archives. Chacune des expéditions menées en Antarctiques ont été filmées avec un soin tout particulier. Les explorateurs se mettaient en scène afin de faire de leurs expéditions de véritables films. Ils filmaient la réalité en prenant soin du cadre de l’image et de la façon dont stabiliser les caméras. Un travail de mise en scène qui retourne le cerveau du spectateur croyant non pas voir des images d’archives, mais bien une reconstitution. Ce qui prouve la qualité de ses images. Une qualité dont peu de documentaires peuvent se vanter et qui permet au film de gagner en ampleur et en prestance. Réside en La Glace et Le Ciel, une allure, une prestance et un naturel que l’on ne retrouve pas dans les films de fiction. Ici, le format documenvaire se retrouve dans le naturel des explorateurs. Un naturel qu’il est impossible de retrouver au cinéma lorsqu’un acteur se glisse tant bien que mal dans la peau d’un personnage. L’on s’attache rapidement à Claude Lorius, mais les explorateurs mis au second plan vont avoir une importance particulière. Ce sont eux qui vont épauler le protagoniste et enrichir le récit en émotions. Quelques séquences renforcent l’aspect émotionnel d’un récit beaucoup plus humain que donneur de leçon sur les conditions climatiques.


En Conclusion :

Accouplé au travail de mise en scène et de cadrage effectué par les explorateurs lors de leurs expéditions et au montage qui enclenche le travail narratif, La Glace et Le Ciel prend une dimension inattendue. C’est une œuvre cinématographique comme on en voit peu, à l’image du Monde du Silence du Commandant Cousteau. Tous les éléments du cinéma de fiction y sont présents, du montage au travail de mise en scène et sont épaulés par une voix off qui clarifie les points les moins explicités par les images. Un très beau film qui fait tant voyager que découvrir de l’intérieur des explorateurs animés par leur passion commune : l’Antarctique.


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