[Critique] Docteur Frankenstein réalisé par Paul McGuigan

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Synopsis : “Le scientifique aux méthodes radicales Victor Frankenstein et son tout aussi brillant protégé Igor Strausman partagent une vision noble : celle d’aider l’humanité à travers leurs recherches innovantes sur l’immortalité. Mais les expériences de Victor vont trop loin, et son obsession engendre de terrifiantes conséquences. Seul Igor peut ramener son ami à la raison et le sauver de sa création monstrueuse.”

Entre 1923 et 1954, la société Universal a produit plusieurs films de monstres. Donnant vie à la collection Universal Monsters. Le Bossu de Notre Dame, L’étrange Créature du Lac Noir, La Momie, Dracula, L’Homme Invisible ou encore Frankenstein font partie intégrante de cette collection. Des créatures mythiques et des films qui le sont aujourd’hui tout autant, contrairement à leurs suites. Pour beaucoup, les suites ne sont que des Séries B voire Z qui sont marrantes à regarder, mais ne vous marqueront pas autant que les films initiaux. Toujours aussi ingénieux et novateurs dans leurs idées, les studios ont par la suite décidé d’offrir de nouvelles vies à ces monstres au cinéma. Ce qui donna de magnifiques films lorsque les projets étaient initiés par de grands cinéastes, comme Francis Ford Coppola, mais également de beaux nanars. Ces derniers sont légions et parmi eux on retrouve l’envie du studio Universal de mettre à jour le Universal Monsters. Créer un univers partagé façon Marvel, mais avec les créatures mythiques. Une bien belle connerie qui donna vie aux films I Frankenstein et Dracula Untold par exemple. Les idées foisonnent et ne s’arrêtent pas là, puisque la Fox y est également allée de son projet avec ce fameux Docteur Frankenstein. Un film annexe à ce Universal Shared Monsters Univers, mais un projet qui sentait bon le navet lors du lancement de son marketing. James McAvoy, Daniel Radcliffe, Max Landis et Paul McGuigan. Un quatuor inédit qui semblait avoir de la suite dans les idées. Qu’en est-il finalement ?

Lors du passage de John Landis à Amiens, celui-ci nous assura que le scénario écrit par son fils, Max Landis, était vraiment de grande qualité. Au cinéma on sait très bien qu’il en faut peu pour charcuter un excellent scénario. Docteur Frankenstein n’est pas une exception, mais il confirme aisément cette règle qui est maintenant bien fondée. Docteur Frankenstein est un film ambitieux. Trop ambitieux. Obtant dès le début par adopter le point de vu de Igor, incarné par Daniel Radcliffe, le scénario débute sur le développement d’un arc narratif qui sera secondaire à la trame principale. Trame principale qui n’est autre que l’avènement du professeur qui donnera vie à la créature mythique, la créature de Frankenstein. Le scénario va comme cela, faire apparaître un à un divers personnages qui auront chacun leur propre arc narratif, afin de finir par former un seul et même récit. Sauf que ça ne fonctionne pas du tout. On retrouve d’un côté le professeur; d’un autre côté son sidekick; encore d’un autre côté la femme dont le sidekick est amoureux; encore et encore d’un autre côté l’inspecteur qui ne veut au professeur, car ce qu’il fait est immoral; inspecteur qui est également un religieux fanatique; mais également les créatures puisqu’elles ne sont autre que la représentation de l’homme sans la conscience, donc seulement la folie engendrée par un homme qui l’est tout autant. Vous en voulez encore ? Le film est extrêmement ambitieux et ça se ressent par la multiplication des thématiques et arcs narratifs. Mais il est bien trop ambitieux pour un tel projet, un projet qui n’a comme simple but d’être un divertissement façon Sherlock. Pour être le bon divertissement, qu’il cherche à être, Docteur Frankenstein aurait dû recentrer son histoire autour de l’arc narratif consacré au docteur. Ne pas chercher à en faire trop pour finalement sortir un film au scénario indigeste et aux personnages secondaires insipides.


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Relativement faible dans sa mise en scène et sa réalisation en pilotage automatique et qui se contente de donner vie au scénario par l’image sans chercher à donner un sens à ses dernières, on ressent néanmoins aisément les inspirations du metteur en scène. Méconnu du grand public, Paul McGuigan a déjà réalisé plusieurs longs-métrages, mais a également participé à la série Sherlock en tant que réalisateur. Il est flagrant que les producteurs sont aalléschercher ce jeune homme pour son travail sur la série de la BBC. Des angles de caméras cassés, travelling latéral qui va enchaîner plusieurs plans consécutivement, quelques ralentis bien sentis pour insuffler un aspect épique aux courses poursuites… Les éléments techniques majeurs qui font de Sherlock une grande série sont présents dans Docteur Frankenstein. Seuls problèmes, il n’y a aaucuneaadéquationentre le visuel, la bande sonore et le scénario. Composée par Craig Armstrong, la bande sonore ne fait que recouvrir l’image et n’apporte rien. Elle est convenue au possible et n’apporte pas l’élément dramaturgique ou rythmique dont aurait nécessité le film et son montage. Un montage didactique qui essaye de relier les arcs narratifs entre eux pour donner un sens au scénario. Il fait le travail et sauve relativement les meubles, donnant vie à une créature qui n’est pas mythologique pour autant.

Ce qui par ailleurs sauve le film d’une mort sous une atroce agonie est son acteur principal : James McAvoy. Depuis plusieurs années maintenant, James McAvoy est devenu une tête d’affiche qui tient ses promesses. Malgré une filmographie en dent de scie, ses interprétations sont toujours de qualité et il nous réserve toujours quelques surprises. Dans le rôle du savant fou, psychopathe et à la limite de la schizophrénie, il impressionne. À la fois doux et tendre envers son prochain, avant littéralement de changer de personnalité en devant fou et paranoïaque. Il apporte au personnage une folie presque innocente et naïve dont il a besoin. Une version du Docteur Frankenstein interprété par Colin Clive dans le film de James Whale, Frankenstein paru en 1931. Attention, dans le film de James Whale, il s’agissait de Henry Frankenstein, alors qu’ici c’est son frère Victor Frankenstein qui donne la vie à une créature. Grosse incohérence ou volonté directe de changer de voie du scénariste ? Seul Max Landis a la réponse à cette question. Andrew Scott n’est pas non plus en reste dans ce film. Il s’avère convaincant, mais avec un tel rôle, il s’enferme dans un registre initié par la série Sherlock.


En Conclusion :

Docteur Frankenstein est déjà décrié par beaucoup comme étant l’un des pires films de l’année 2015. Clairement, on a vu bien moins bon, mais on a surtout vu bien meilleur. Le film possède un scénario trop ambitieux pour ce qu’il tente de faire, à savoir divertir. Les arcs narratifs se chevauchent et finissent par paraître superflus. Les personnages secondaires sont insipides et ne marquent pas les esprits. Seul tout ce qui est relié à l’arc narratif du Docteur Frankenstein va s’avéré intéressant. Grâce à une excellente interprétation de James McAvoy, il réussit à capter l’intérêt du spectateur. Malheureusement, ce n’est pas sa folie ou les quelques fulgurances techniques qui vont permettre au film de rester dans nos mémoires. On appellera ça simplement un beau gâchis, en espérant pouvoir lire un jour le scénario initial écrit par Max Landis.


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