[Court-Métrage] Lights Out – Aurez-vous le courage d’éteindre la lumière ?

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Synopsis : “…”

David F. Sandberg, 35 ans, réalisateur méconnu, mais qui pourrait bien faire une entrée fulgurante très prochainement dans le cinéma d’horreur américain. Inconnu du grand public, David F. Sandberg a tout de même une oeuvre à son actif que beaucoup ont déjà vu. Ne serait-ce qu’une image, son image de fin. Celle-ci se nomme : Lights Out. Primé à de nombreuses reprises et plus de 12 millions de vues sur YouTube pour ce Lights Out, ce petit bijou  horrifique. Un film dont la durée dépasse à peine les trois minutes et réalisé avec trois fois rien, mais qui prouve que ce n’est pas le budget qui compte, ni même l’histoire pour le coup, mais bien l’alliance de la mise en scène et de la technique. Notamment dans ce registre si particulier qu’est celui de l’horreur.

En termes de décors, l’on est dans le minimalisme pur. Un couloir et une chambre pour simples décors. Pour un court-métrage comme Closet Space, le seul décor n’est autre qu’un salon et son placard. Ni plus, ni moins, mais amplement suffisant. Un premier plan avec le titre sert d’exposition. Le spectateur sait que l’action se déroule de nuit, dans l’appartement d’un bâtiment résidentiel. Il n’en faut pas plus. Ensuite, un simple jeu de champ/contre champ dans un couloir d’appartement va permettre de lancer l’action et de lancer l’intrigue. Si l’on peut appeler ça une intrigue. Puisque dans le court-métrage Lights Out, il n’y a pas d’histoire à proprement parler. L’on est dans l’action. C’est l’action qui est primordiale et qui va être élément déclencheur. Le son créé par l’action est déclencheur également pour le montage. Les raccords son, s’avèrent très présents – sans être instinctifs et omniprésents – et donnent un rythme au film. Aucune parole, aucune ligne de dialogue, simplement un enchaînement d’action.

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Sans être inventif ou créatif, c’est du cinéma bien fait avec une maîtrise parfaite de la technique. Chaque action réalisée par le personnage va déclencher quelque chose, mais va également avoir un bruit qui lui est propre. Un bruit naturel, mais primaire et bien mis en avant par le mixage sonore qui ne va pas s’empêtrer avec une musique inutile. Le craquement du parquet, le bruit fait par la fermeture d’un interrupteur, ainsi que celui d’un drap qui bouge. Lorsque le silence est d’or, n’importe quel bruit renforce l’immersion et le stresse du spectateur. Un spectateur immergé au cœur de la situation dans laquelle il se voit et se demande s’il aurait agit de la même manière. Le rythme va être créé par l’enchaînement des actions, ainsi que par cette immersion du spectateur pris au piège par une ambiance stressante. Un spectateur qui a de plus en plus peur, mais qui est dans l’attente de ce qui va avoir lieu. Il a peur, mais veut en voir plus, voir sur quoi va déboucher cet enchaînement d’action réalisée par le seul et unique personnage.

Avec un projet comme Attic Panic, le travail sur le bruit est différent. Les bruitages sont également très présents, mais le metteur en scène va axer son montage sonore sur une musique de fond. Une musique stressante allant de paire avec un montage plus dynamique en cohérence avec un personnage apeuré et aux gestes rapides. Entre Attic Panic et Lights Out on a deux types de peur complètement différentes. L’une va être terrifiante, car le spectateur est dans l’expectation et n’est au courant de rien. L’autre va être stressante, mais avant tout divertissante, car le spectateur est au courant de tout va l’utilisation d’un point de vue omniscient. Plus de plans, dont des plans de coupe sur la créature qui effraie le seul et unique personnage humain. Closet Space est quant à lui l’alliance des deux avec une première partie qui joue sur l’ouverture/fermeture d’une porte en conservant le point de vue de la femme, alors que la seconde va être plus dynamique et… je ne vais pas trop en dire quand même.

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Closet Space (David F. Sandberg, 2016)

La question qui se pose maintenant n’est autre que : est-ce que l’adaptation cinéma du court-métrage Lights Out est une bonne idée. Concrètement, la réponse qui nous vient symptomatiquement en tête est un beau et immense : NON. Néanmoins, il y a des éléments qui peuvent contrebalancer cette réponse non-réfléchie. Le premier et non des moindres réside dans le nom du réalisateur qui n’est autre que David F. Sandberg lui-même. Il connaît la recette et a prouvé que sur un format très court il est capable d’effrayer la galerie. Sera-t-il capable de faire perdurer sur 1h30 cette ambiance stressante et anxiogène qui réside dans ses courts-métrages de moins de cinq minutes ? Pour avoir une réponse il nous faudra patienter jusqu’au 24 août 2016, date du sortie du film Lights Out dans nos salles françaises.

En attendant, la bande-annonce du film nous démontre qu’il semble avoir conservé ce qui faisait le charme de son court-métrage. Des plans à la même symétrie, mais avec un budget de cinéma. Des décors plus grands, une lumière bien plus travaillée… mais toujours cette mystérieuse femme qui apparaît dans le noir. Femme qui sera centrale au récit et à laquelle il va enfin pouvoir créé un background. Ce personnage terrifiant et fantomatique a toujours été présent dans les courts-métrages du metteur en scène. Il le sera une nouvelle fois et bien plus encore.

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Lights Out (David F. Sandberg, 2016)

Un film donc bien curieux, qui nous donne envie d’y croire, de croire que malgré le fait qu’il s’agisse d’une production James Wan (Insidious : Chapitre 3, Annabelle…), David F. Sandberg ne cédera pas aux appels du cinéma d’horreur hollywoodien moderne. Du jump-scare à outrance, une musique venant parasiter les bruitages et le silence nécessaire à la création d’une ambiance stressante… font parti des éléments que l’on ne veut plus voir dans le cinéma d’horreur. Espérons que David F. Sandberg ai eu le dernier mot et de bonnes idées tel qu’il avait pu nous le démontrer avec des projets comme Attic Panic, Closet Space ou encore Lights Out.


Pour voir tous les courts-métrages et leurs making of, rendez-vous (via ce lien) sur la chaîne vimeo de David F. Sandberg.


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