La Confession réalisé par Nicolas Boukhrief [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ? “


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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De Made in France au film La Confession, il n’y a qu’un pas. Ou pas. Celui que l’on connaît habituellement au travers d’un registre plus explosif, dévoile avec cette nouvelle œuvre cinématographique, son film le plus personnel. Nicolas Boukhrief sort de sa zone de confort pour nous livrer un drame intimiste, aussi inattendu que finalement logique. Libre adaptation du roman “Léon Morin, Prêtre” écrit par Béatrix Beck, le cinéaste français de cherche pas à faire un remake du film réalisé par Jean-Pierre Melville et paru en 1961. Ici, il n’est pas question d’adaptation terre-à-terre du roman, mais bien d’une appropriation de son histoire pour en faire un film à part entière. Un film à l’histoire singulière, mais aux thématiques et au traitement des personnages, pleinement dans ce à quoi, Nicolas Boukhrief a pu nous habituer par le passé. Le Convoyeur, Cortex, Gardiens de l’Ordre, Made in France, des films inégaux et loin d’être parfait, mais dont la thématique centrale s’avère être l’être humain. Un être qui n’est ni bon ni mauvais, mais dont la part de bienveillance complète la part de noirceur. C’est ce qui ressort de chacun de ses films et c’est ce qui fait le charme et la force du film La Confession. Au-delà de son titre fortement évocateur, La Confession s’avère être tout autant un film sur la religion, que sur la part d’ombre qui sommeil en chacun de nous. L’homme face à ses croyances, l’homme face à ses propres convictions et ses propres démons. Il est intéressant de voir avec ce film qu’un réalisateur peut mettre les outils qu’il sait manier, au service d’une histoire. Nicolas Boukhrief va se servir d’une mise en scène et d’une réalisation à la fois sobre et suffisante, pour mettre en scène un affrontement entre deux personnages que tout oppose.

Affrontement sous tension entre deux excellents interprètes

La Confession, n’est pas un film dont vous sortirez croyant ou non. Le propos sur la religion est présent, mais n’est qu’un élément parmi tant d’autres. Le scénario du film repose sur l’affrontement entre les deux têtes brûlées que sont le Père Morin (interprété par Romain Duris) et Barny (interprétée par Marine Vacth). Deux personnages obstinés et dont les croyances et convictions font qu’ils ne peuvent s’entendre. En tant que cinéphile assidu, le spectateur va s’attendre à ce que les opposés s’attirent et se rassemblent, mais Nicolas Boukhrief va jouer avec ces attentes, jouer avec le spectateur, mais également jouer avec les codes. Jouer avec l’image que l’on peut avoir de l’homme d’église, ici explicitement montré comme un charmeur qui se sert de ce charme pour alpaguer les femmes d’un village. Le cinéaste n’y va pas de main morte avec la religion, même s’il ne montre pas du doigt ou ne cherche à moraliser, faire passer un message. Même si fondamentalement prévisible, c’est cet affrontement remarquablement mis en image qui inculque une certaine tension au film. Chacun va avoir une influence sur l’autre, une dualité qui va s’exprimer au travers de la mise en scène de Nicolas Boukhrief et de sa réalisation. Un simple champ/contre champ va être étudier afin de mettre face à face les personnages, sans qu’ils ne soient dans un même cadre. Ils se cherchent, se complètent, mais ne sont peut-être pas pour autant fait pour être ensemble. Au travers de cette histoire, l’on retrouve l’affrontement entre les croyants et les athée, mais également entre chaque homme obstiné qui a une conviction. Dans une certaine mesure et sans généraliser bien évidement. La Confession est un film à la sobriété et à l’élégance certaine. Il est parfois trop long, certaines séquences auraient pu être écourtées et d’être coupées, mais il repose sur un scénario bien écrit et surtout une mise en scène de qualité et un duo d’acteur principal absolument remarquable.

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