Chasseuse de Géants (I Kill Giants) réalisé par Anders Walter [Sortie de Séance VoD]

Synopsis : “Barbara est une adolescente solitaire différente des autres, et en conflit permanent avec son entourage. Ses journées au collège sont rythmées par les allers-retours entre le bureau du proviseur et la psychologue. Aux sources de l’inquiétude des adultes qui veillent sur elle, il y a son obsession pour les Géants, des créatures fantastiques venues d’un autre monde pour semer le chaos. Armée de son marteau légendaire, Barbara s’embarque dans un combat épique pour les empêcher d’envahir le monde… ”

Tu éteins les lumières de ton salon, tu allumes ta télé ou ton ordinateur et lance le film. Oui, l’on n’est pas dans une salle de cinéma, mais bien dans un salon pour regarder un film en DVD, Blu-Ray ou VoD. Certains films n’ont pas le privilège de la sortie cinéma, mais se savourent tout de même chez soi.

Tourné en septembre 2016 en Belgique, ainsi qu’en Irlande pour certains extérieurs, c’est donc presque deux ans après le début de son tournage que le film Chasseuse de Géants sort en France. Pas une sortie cinéma, mais une simple sortie en DVD et Blu-Ray pour ce film qui sur le papier, a tout pour aguicher. Adaptation du comic book éponyme signé Joe Kelly et J. M. Ken Niimura, I Kill Giants, ou Chasseuse de Géants pour son titre français, raconte l’histoire d’une adolescente pas comme les autres. Solitaire et en conflit avec sa famille, elle se réfugie au sein d’une lourde tâche qui lui a été confiée : repousser l’arrivée de géant pour sauver les siens et bien plus encore ! Si avec un tel synopsis on se demande bien pourquoi le film n’a pas eu le privilège d’une sortie cinéma, la réponse nous paraît rapidement lors du visionnage du film. Pensez simplement à deux films parus en 2017, et ce, au cinéma ou en direct to video. D’un côté Quelques Minutes après Minuit et de l’autre Colossal. Deux films qui ont fait parler d’eux, deux films qui se ressemblent (soit sur le plan technique ou scénaristique) à s’y méprendre au film réalisé par Anders Walter. Chasseuse de Géants revient de loin.

« I Find Giants. I Hunt Giants. I Kill Giants. »

Chasseuse de Géants est un film positif, un film qui fait de bien grâce à ce qu’il raconte et la façon dont il le fait. Produit par Chris Colombus, ou plus précisément par sa société de production 1492 Pictures, Chasseuse de Géants est une œuvre qui s’adresse à un public on ne peut plus large. S’il a les facultés de plaire à un public de cinéphiles et de simples amateurs de cinéma, il a également tous les atouts pour plaire à un jeune, voire très jeune public. Tel que c’était le cas pour un certain Harry Potter en son temps. « I Find Giants. I Hunt Giants. I Kill Giants. » Son héroïne, une adolescente qui doit faire face à un mal aussi bien rationnel qu’irrationnel, va permettre aux jeunes spectatrices et spectateurs également, de se plonger plus facilement au cœur de cette histoire aussi bien fantaisiste que dramatique. Sous ses airs de film fantastique à grand renfort de scènes d’action impressionnantes (ce que vend la bande-annonce malheureusement un peu mensongère), Chasseuse de Géants est avant tout un drame réaliste et intimiste. Réaliste dans un premier temps, car il touche à un sujet universel à savoir : la peur. La peur d’affronter quelqu’un, la peur d’affronter sa propre réalité, la peur d’affronter des démons. Qu’elle soit matérielle ou immatérielle, la peur est fondamentalement psychologique et doit se combattre à l’intérieur de chacun d’entre nous. Pour cela il nous faut prendre conscience et aller à l’assaut. Ce sont les émotions, et donc quelque chose d’immatériel, que Barbara (superbement incarnée par Madison Wolfe) va devoir affronter avec courage.

Affronte-t-elle également des géants, existent-ils également ? C’est un autre questionnement bien plus terre-à-terre et auquel vous trouverez la réponse en regardant le film. Question que l’on se pose malheureusement trop peu à cause d’un parti pris aussi bien scénaristique que technique qui veut faire passer l’affrontement envers les émotions avant tout. Aller au plus près de l’émotion, au plus près de ce que ressent intérieurement la protagoniste au détriment du spectaculaire et de l’action. D’où le second point, un film intimiste. Encore plus “Amblinien” que pouvait l’être Harry Potter premier du nom, Chasseuse de Géants emprunte énormément au style qui fait le charme et la renommée de la société de production fondée par ‎Steven Spielberg‎ et ‎Kathleen Kennedy. Une adolescente pour protagoniste, la représentation de la femme et plus particulièrement de la présence et/ou non-présence de la figure maternelle, le rationnel face à l’irrationnel, l’appel de l’aventure ou encore une mise en scène et une réalisation qui cherche avant tout à protéger cette protagoniste dont on ne veut que le bien être. Tantôt forte, tantôt fragile, le personnage principal est enfermé dans un cocon, une bulle de protection créée par le cadre de la caméra, mais également par la lumière ou quelque chose de matériel (une cabane, des draps…). Et ce, jusqu’au moment où il va lui falloir sortir de ce cocon pour affronter ses démons, les démons.

Si la bande-annonce vend du sensationnalisme, c’est avant tout dans sa dramaturgie et sa recherche d’émotions que le film Chasseuse de Géants trouve son salut. Grâce à une cinématographie soignée (superbe direction artistique qui oscille entre les tons chauds et confortant en intérieur et une imagerie extrêmement terne et sombre en extérieur) et une mise en scène qui va à l’essentielle afin d’être parlante, les spectateur.rice.s se plongent avec aisance au sein d’une aventure dramatique et émotionnelle, parsemée de moments d’action intense. Une action joliment découpée et cadrée afin de pallier à un budget des plus serrés. Malheureusement si Chasseuse de Géants est un beau petit film familial avec les qualités citées auparavant, il n’en sera pas plus. Tout ce qu’il fait a déjà été fait auparavant et souvent avec plus de panache et d’audaces. Il ne réinvente pas l’eau chaude, tout y est assez simple, didactique et accessible, mais c’est fondamentalement ça qui fait de lui le beau film familial qu’il est. Un bien pour un mal dira-t-on, car le film ne marquera pas les esprits, mais préfèrerions-nous pas ça au fait de chercher à trop en faire quitte à mal le faire ? Il n’en demeure pas moins que Chasseuse de Géants est un drame d’aventure intimiste qui ravira toute la famille et à la portée émotionnelle universelle.


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