Charlie Countryman [Critique]

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“Bouleversé par la mort de sa mère, Charlie Countryman quitte les États-Unis et atterrit dans l’une des villes les plus survoltées d’Europe : Bucarest. En plein deuil, seul parmi des inconnus, entre virées en boîte et trip hallucinogènes, il rencontre la très énigmatique Gabi… et en tombe violemment amoureux. Harcelée par son ex, un dangereux caïd local, Gabi tente toutefois de repousser Charlie pour mieux le protéger… Mais rien ne fait entendre raison au jeune homme – pas même la peur de mourir.
Pour Charlie Countryman, cet amour-là vaut tous les sacrifices…”

Bien que le tournage ai eu lieu durant la première moitié de l’année 2011, The Necessary Death of Charlie Countryman, renommé très simplement Charlie Countryman chez nous, apparaît seulement le 14 mai 2014 sur les écrans de cinéma de France. Depuis janvier 2013, le film fait le tour de nombreux festivals de cinéma, qu’ils soient français comme internationaux. De Deauville à Berlin, en passant par Sundance, le film a fait tous les festivals qui laissent leur chance aux films indépendants. Malgré son passage dans un grand nombre de festivals, on ne peut pas dire qu’il ai réussi à se faire remarquer grâce à ça. Avec une sortie limitée aux États-Unis et une sortie directement en vidéo en Allemagne par exemple, on se demande bien pourquoi le distributeur DistriB Films a décidé de laissé sa chance à Charlie à travers une sortie cinéma et non pas vidéo. Malgré un casting international, une affiche vraiment très réussie, car originale et une bande-annonce électrisante qui donnait réellement envie d’en voir plus, on ne peut pas dire que ce Charlie Countryman réussisse à nous procurer les frissons promis par cette bande-annonce. Durant pas moins d’une heure et demie, le spectateur va devoir suivre les pérégrinations complètement folles du dénommé Charlie Countryman.

Tourmenté depuis la mort de sa mère, Charlie décide de quitter son pays et d’aller vivre une aventure dans un pays qui lui a été dicté par le subconscient de sa mère, car oui, si je vous révèle ce détail du film qui n’est pas dans le synopsis, c’est pour vous prouver à quel point le scénario est lamentable et se raccroche comme il peut pour offrir une histoire naviguant entre réalisme et surréalisme. Charlie est un homme tourmenté, mais c’est avant tout un homme énigmatique et qui cherche à vivre une aventure. Vous aurez donc compris que ce n’est pas sa mère qui lui demande d’effectuer un voyage à Bucarest, mais bien son propre subconscient qui cherche pas tous les moyens possibles de l’emmener loin de chez lui. Totalement fou, cet homme n’a plus le contrôle de son esprit et deviens de ce fait intéressant aux yeux du spectateurs qui souhaite en savoir plus sur ce Charlie Countryman et sur ce qui le tourmente, car il n’y a pas que la perte d’un être proche qui peut vous mettre dans un tel état. Malheureusement, le scénario ne s’attarde pas comme il le devrait sur ce personnage et préfère faire de Charlie le personnage central d’une romance prétentieuse et grotesque qui fera vivre aux spectateurs une sensation de déjà vu sur chacun des choix effectués par les personnages, leurs mises en abimes respectives et idées de mise en scène.

Fainéant sur toute la ligne, le scénario enchaîne les rebondissements grotesques afin de relier tant bien que mal des scènes qui ne se raccordent pas et qui possède comme seul lien le personnage principal : Charlie. Durant son périple, Charlie va rencontrer des personnes auquel il va s’attacher et avec lesquels il va vivre des moments de joie comme des moments de doutes. Des personnages intéressants sur le papier et qui vont se voir être sublimé chacun leur tour durant une simple scène, mais qui ne sont pas exploités à leur juste valeur. Souhaitant mettre au premier plan la romance entre Charlie et Gabi, on retrouve donc un scénario convenu et dont les éléments principaux sont déjà régulés par l’horloge du cinéma romantique. Prévisible, cette romance ne tient pas la route à cause de rebondissements surréalistes et d’éléments déclencheurs pathétiquement grossiers. L’élément majeur du scénario est la romance et tout ce qui est en dehors de cet arc narratif, à savoir le traitement psychologique et en profondeur des personnages, ainsi que le côté burlesque de certaines scènes, restent en dehors du scénario tout simplement. En sus de l’adjectif prévisible, on emploiera l’adjectif qualificatif ennuyant pour caractériser cette première réalisation signée Fredrik Bond.

Disposant d’un potentiel comique indéniable grâce à certaines scènes où la mise en scène et les dialogues tiennent plus du registre burlesque – scène de l’avion, scène sous LSD… – que du drame larmoyant, le film n’utilise jamais ce potentiel à sa juste valeur, préférant resté sur un ton passif, lorgnant plus vers le registre dramatique alors que la scène ne s’y prête pas. À cause d’un montage trop lent qui n’ose pas exploser tel un comprimé de LSD à l’intérieur de Charlie et d’une bande sonore qui manque de dynamisme, le film ne réussit jamais à gagner en rythme et reste constamment sur la même temporisation. Film au potentiel burlesque indéniable, qui aurait pu gagner en profondeur avec une narration moins brouillonne et offrant une toute autre ampleur aux personnages, Charlie Countryman est clairement un beau raté. Un beau raté dont on gardera en mémoire une excellente prestation de Shia LaBeouf qui réussi à nous décocher quelques sourires de temps à autre, ainsi qu’une réalisation loin d’être immonde puisque réussissant à mettre en valeur suffisamment les acteurs, tout en nous offrant de beaux plans à l’aide de jeux de lumière artificiels. Charlie Counstryman aurait pu être un bon divertissement sortant de l’ordinaire s’il avait été assumé d’un bout à l’autre et n’aurait pas été qu’une romance bancale, laissant de coté plusieurs idées dont l’utilisation du burlesque par le surréalisme et la prise de drogue, ainsi que des personnages qui ne demandent qu’à être utilisés convenablement.

1.5/5

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