Byzantium [Critique]

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“Dans une petite ville côtière, deux jeunes femmes aussi séduisantes que mystérieuses débarquent de nulle part. Clara fait la connaissance de Noel, un solitaire, qui les recueille dans sa pension de famille déserte, le Byzantium. Eleanor, étudiante, rencontre Frank, en qui elle voit une âme sœur. Bientôt, elle lui révèle leur sombre secret… Eleanor et Clara sont nées voilà plus de deux siècles et survivent en se nourrissant de sang humain. Trop de gens vont finir par l’apprendre pour que leur passage dans la ville n’ait aucune conséquence sanglante…”

Toujours bien reçu par la presse, Neil Jordan est un cinéaste qui n’a jamais réussi à se faire un nom auprès du public. En comptant pas moins de 16 films à son compteur en tant que réalisateur, Neil Jordan semble tout de même avoir fait ses armes surtout lorsqu’on retrouve un film comme Entretiens avec un Vampire au sein de cette filmographie. Cette fois il avait décidé de revenir au thème qui lui a permis de toucher un plus grand nombre de personnes, à savoir la vie du vampire. Malheureusement, son film fut un flop monumental aux États-Unis et le seul distributeur qui a souhaité le sortir en France, a décidé d’en faire un Direct-to-Video et ce choix est fort compréhensible. Débutant sur les chapeaux de roue, Neil Jordan décide de ne pas faire d’introduction, afin de plonger directement le spectateur dans une atmosphère bien particulière. Durant les dix premières minutes du film, le spectateur va suivre deux personnages qui répondent aux noms d’Eleanor et Clara. Ce montage parallèle permet au spectateur de découvrir les deux personnages instantanément, mais il pose problème quant à la bonne compréhension du récit.

Pour découvrir qui sont les personnages et quelle est leur histoire, il faudra patienter et compter sur la présence de nombreux flashback. Ces derniers sont intéressants, car nous en apprennent davantage sur le passé des protagonistes principaux, mais ils ne sont pas amenés aux moments propices. De ce fait, l’histoire est confuse et le rythme du film se retrouve saccadé. En mettant le spectateur face à deux vampires vivants dans un monde moderne, on est en droit à s’attendre à un scénario alambiqué où l’humain doit faire face à des immortels assoiffé de sang. Ici le scénario se contente de nous présenter l’histoire des deux personnages et en profite pour survoler le thème de l’immortalité. En sus de cela, le scénario est pauvre et il aurait gagné en profondeur s’il avait évité de grosses facilitées comme des rencontres inexpliquées qui sont simplement dues au simple fait du hasard. Il survole également le thème de la prostitution, de la nécessité d’avoir de l’argent pour vivre confortablement même lorsqu’on est un immortel, mais aucun thème abordé n’est correctement utilisé ou développé.

Malgré un scénario décousu, une fin téléphonée et des dialogues conventionnels, Byzantium s’impose comme un film de vampire agréable à regarder grâce à son ambiance bien travaillé. Grâce à une colorimétrie terne qui mise uniquement sur des couleurs comme le gris et le jaune afin de mettre en avant le rouge, couleur du sang, Byzantium ne ressemble à aucun autre film et trouve une once d’originalité. Techniquement très propre, Neil Jordan offre au film une belle réalisation même si académique et sans originalité. C’est grâce à un cadrage astucieux (souvent très beau) qui met bien en valeur les actrices que le spectateur arrive à ressentir un certain attachement envers les deux personnages principaux. Bien écrits au préalable, les actrices ont pu s’immerger au mieux dans leurs rôles respectifs afin d’offrir de très belles compositions. À la fois sexy et terrifiante, Gemma Arterton trouve ici un très beau rôle qui lui permet de nous prouver qu’elle a le potentiel de jouer le drame avec ce rôle de mère protectrice. Byzantium est un film convaincant grâce à son ambiance pesante et brutale qui est amenée par le biais du personnage incarné par Gemma Arterton et par la réalisation de Neil Jordan. Malheureusement, il ne nous marquera pas plus que ça, à cause d’un rythme saccadé et d’un scénario maladroit qui se contente de survoler les thèmes abordés.

2.5

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