Bleach réalisé par Shinsuke Sato [Fantasia 2018 Film REVIEW]

Synopsis : « Ichigo Kurosaki, 15 ans, arrive à voir des spectres depuis sa plus tendre enfance. Un soir, sa routine quotidienne est bouleversée suite à sa rencontre avec une shinigami : Rukia Kuchiki, et la venue d’un monstre appelé hollow. Ce dernier étant venu dévorer les âmes de sa famille et la shinigami venue le protéger, Ichigo accepte de devenir lui aussi un shinigami afin de les sauver. »

Pour la première année nous sommes trois semaines durant (du 12 juillet au 02 août 2018) au Fantasia International Film Festival. Films du film de tous les genres, mais surtout du fantastique, de l’action et des films complètement décalés que vous ne verrez surement jamais en salles !
Toutes nos Critiques depuis le Festival Fantasia !

Adaptations de livres, de films, de jeux ou encore d’histoires vraies. Les adaptations sont aujourd’hui légions. Il en sort plusieurs par mois pour ne pas dire au moins une par semaine que l’on soit en France ou en Amérique du Nord. Mais dans ce large panel de choix d’adaptations, il en existe une bien plus crainte que les autres, car souvent illégitime et sans intérêts. On parle bel et bien de l’adaptation de mangas et autres séries d’animations, pour ne pas généraliser jusqu’au cinéma d’animation en films en prises de vues réelles. Quel est l’intérêt mis à part capitaliser sur la renommée d’une licence déjà souvent connue de tous, même des néophytes ? Souvent il n’en existe aucun et difficile il est, que de trouver une adaptation en prises de vues réelles qui apporte quelque chose d’aussi concret et créatif à la licence. Tout comme les comic books, les adaptations de manga au cinéma, et notamment au Japon, sont de plus en plus fréquentes. Et après avoir vu débarqué Fullmetal Alchemist, voici le tour du shōnen manga écrit et illustré par Tite Kubo, Bleach de faire son apparition dans les salles de cinéma. Alors aussi mauvais que les autres et donc à la hauteur des craintes des amateurs de la licence ?

« Des raccourcis et facilités scénaristiques qui en agaceront plus d’un, mais dans la catégorie adaptation en live action Bleach s’en sort avec les honneurs grâce à de belles scènes d’action » 

Bleach conte l’histoire du jeune Ichigo Kurosaki qui depuis son enfance arrive à voir des fantômes. Jusqu’ici rien d’anormal, mais tout va basculer le jour où un Hollow (créature immense, mais invisible à l’oeil humain) va s’en prendre à lui afin d’aspirer son âme. Des jeunes aux capacités hors normes qui se battent, une société secrète qui œuvre pour que les humains soient à l’abri d’une menace qu’ils ne peuvent voir, des fantômes et des grosses créatures qui viennent d’on ne sait où. On généralise et on caricature grossièrement, mais pour les néophytes, voici ce que présente Bleach. Si sur le papier et tel qu’on l’a conté, ça semble confus, le film s’avère fondamentalement extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste. Au-delà des Hollows, de la Soul Society et autres spectres, le scénario du film Bleach raconte avant tout l’histoire d’un jeune adolescent qui doit faire face au deuil. Il est blessé, tourmenté et n’est plus le même depuis la disparition de sa jeune mère. Le deuil, la vengeance et l’attachement sentimental envers ses proches (famille et ami.e.s) sont au cœur du scénario du film. L’histoire d’un jeune adolescent tourmenté tel que le cinéma américain pour ne pas dire le cinéma Populaire nous en raconte depuis les années 90. Atout, mais avant tout problème premier du film, Bleach a une large vingtaine d’années de retard. Non pas dans la forme proposée, mais bel et bien dans le fond comme explicitée au préalable.

Prévisible, caricatural, stéréotypé et extrêmement cliché, ce qui n’aide en rien le spectateur à s’accrocher au long-métrage. De son côté, le fan de la licence, s’il est content de voir ses personnages prendre vie dans un monde ressemblant à s’y méprendre au sien, sera également décontenancé par les énormes raccourcis et découpages réalisés. Des arcs narratifs entiers ont été enlevés, ainsi qu’énormément de confrontations. Ce qui amène notamment quelques grosses incohérences. 1h40 de durée pour aller de la rencontre entre Ichigo et Rukia, au sauvetage de cette dernière par ses supérieurs de la Soul Society. Vouloir produire un divertissement conventionnel pour attirer un public aussi large (international donc) que populaire, amène à faire des concessions et là, elles sont énormes. Néanmoins, Bleach n’en demeure pas moins ce qui se fait de moins pire en termes d’adaptation. Si la réalisation est extrêmement sommaire et impersonnelle à cause d’un manque certain d’entrain, de mouvements de caméra, ainsi que d’une véritable identité visuelle tout simplement, il n’en demeure pas moins agréable à suivre. Didactique et simpliste encore une fois, mais les plans sont soignés et l’héroïsation du protagoniste fonctionne grâce à la mise en valeur de sa silhouette par le cadre. C’est beau, propre et pas négligeable. Une belle gestion des éclairages et la large palette de couleur employée permettent d’avoir de beaux plans et de belles scènes de combat. Grâce à des effets spéciaux de belle qualité, le spectateur se met à y croire et entre facilement au sein même des confrontations. Les Hollows sont superbes, bien animés et suffisamment bien éclairés afin de ne pas nuire à leurs incrustations dans les plans.

Redoutée comme toute bonne adaptation en prises de vues réelles annoncées, Bleach se révèle être finalement une surprise pas désagréable. À l’image d’un « Dans La Brume » pour la France, Bleach est une production Warner Bros. Japon qui a les caractéristiques d’une production japonaise teenage populaire (aussi bien dans l’acting que dans la bande originale pop rock assez agaçante il faut l’avouer)t, mais qui cherche avant tout à faire comme les Américains. C’est spectaculaire, grand public et l’œuvre repose sur une histoire avant tout émotionnelle et centrée sur une quête de vengeance intérieure. Si efficace et pas désagréable à visionner (notamment grâce aux scènes de combat, dont un climax vraiment bon en ce sens), il ne révolutionnera pas le genre ni même ne marquera votre mémoire. Trop impersonnel tant dans sa réalisation et sa mise en scène, que fade dans sa direction artistique. Là, rentre en compte les limites d’une adaptation qui doit (vraiment c’est un devoir ?) coller à l’univers et l’œuvre adaptée pour ne pas s’attirer les foudres des fans, tout en essayant d’aller chercher un autre public. Être créatif ou ne pas être créatif ?



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