Black Panther réalisé par Ryan Coogler [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Black Panther sort enfin ses griffes en solo après ses premiers pas durant la Civil War du Captain America. Marvel propose de découvrir les origines du roi du Wakanda, ce moment où T’Challa accède au trône pour apprendre à composer avec un passé douloureux et un avenir où les yeux pourraient se tourner vers l’Afrique. Une arrivée remarquée puisque Black Panther va rebattre les cartes d’une franchise qui s’use doucement. Un nouveau personnage peu connu chez nous sauf des initiés, un héros qui va devoir composer avec les luttes du continent africain, trop longtemps souillé et mis sous le joug des Occidentaux. Et enfin, le symbole d’une réelle mouvance d’un cinéma américain qui comprend enfin que la majorité des films ne doit pas se tourner uniquement avec des hommes blancs âgés de 20 à 40 ans.

Si on voulait poussez la comparaison avec le monde de DC Comics, ce nouveau héros est à la communauté afro-américaine ce que Wonder Woman fut à la cause des femmes. Non seulement, Black Panther replace l’Afrique au centre du jeu, mais en plus, Ryan Coogler propose une offre différente. Le héros n’est pas tourmenté, ni à la recherche d’une vengeance expéditive : c’est un homme qui est animé des valeurs du Captain America que sont la justice, la compassion et la compréhension de l’autre. En ce sens, Black Panther est le véritable pendant de Steeve Rogers en beaucoup moins naïf ! Et pour renforcer le réalisme de l’histoire, Ryan Coogler s’est documenté au maximum pour que les dialogues prononcés en wakandais ne soient pas pure invention, il s’agit du xhosa, langue tribale d’Afrique du Sud.

Quant à l’histoire, si elle suit les chemins balisés d’une “origin story”, il faut voir dans le prégénérique, une base pour poser quelques jalons qui serviront à embrasser les arcs narratifs et les tensions existantes entre T’Challa et Erik Killmonger. Ce dernier est interprété par Michael B. Jordan qui a déjà tourné sous la direction de Ryan Coogler. Cette fois-ci, il devient un méchant persuadé que ses actions sont bonnes pour le Wakanda et surtout le continent africain. Les combats avec Chadwick Boseman seront épiques et habilement chorégraphiés. Il faut reconnaître que les différents morceaux de bravoure du film sont menés avec maestria pour plonger pleinement le spectateur au cœur des différents affrontements.

Le film Black Panther est aussi intéressant par ce maniement  du côté sérieux de l’aventure, des crises pour le trône et également de l’humour Marvel totalement décalé, représenté par le personnage de Letitia Wright, qui interprète la petite sœur du roi. Un personnage qui n’est pas sans rappeler l’agent Q dans la série des James Bond puisqu’elle manie la technologie avec malice et astuce au point même d’être à l’origine d’innovation dont serait jaloux 007. Le casting est l’autre point fort du film qui aligne des légendes du cinéma telles que Forest Withaker ou encore Angela Bassett. Et des acteurs en pleine ascension comme Lupita Nyong’o ou Danai Gurira et même Martin Freeman en agent de la CIA quelque peu balourd. Enfin, on retrouve Daniel Kaluuya dont le visage est familier depuis le succès obtenu dans Get Out réalisé par Jordan Peele, qui lui a même permis de décrocher le Prix de la Rising Star lors de la Cérémonie des Bafta 2018.

En quelque sorte, Black Panther provoque ce petit frisson de fraicheur ressenti lors du débarquement de Captain America en 2011. Les personnages sont fun, la cause est juste et l’interprétation magistrale. Si en plus, vous ajoutez les chansons produites par Kendrick Lamar (entouré de rappeurs de talents) qu’il marie avec le thème musical composé de sonorités africaines et de rythmes actuels par le suédois Ludwig Göransson, le film est quasiment parfait. Pourquoi ? Simplement parce que le personnage d’Ulysses Klaue (qui permet à Andy Serkis de montrer son vrai visage sans motion capture) est sacrifié dans cette histoire… il n’a pas toute la place qui lui était accordée dans les Comics au point de regretter qu’il ne soit pas le méchant ultime ! On se consolera donc de la place accordée aux femmes dans ce film, permettant à Ryan Coogler de rendre hommage aux amazones de la plus belle des façons. Dernier arrivant au sein du Marvel Cinematic Univers, Black Panther débarque juste avant l’affrontement tant attendu par les fans avec le géant Thanos. En ancrant son héros dans une Afrique qui cherche à émerger pleinement et à montrer le véritable visage de paix et de tolérance qu’elle peut offrir au monde, Ryan Coogler signe un film digne, drôle et réaliste où les effets spéciaux réussis ne surchargent pas l’histoire, laissant une réelle place à l’émotion. Une réussite !

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