Atomic Blonde réalisé par David Leitch [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “L’agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Adaptation du roman graphique The Coldest City écrit par Antony Johnston et illustré par Sam Hart, Atomic Blonde semble être un projet créé pour David Leitch. Réalisateur du déjà culte John Wick pour les amateurs du genre, et en attendant de découvrir son Deadpool 2, l’ancien cascadeur de profession fait une halte à Berlin en compagnie de Charlize Theron et de James McAvoy. Dès la parution de sa première bande-annonce, on savait à quoi s’attendre. De l’action, de l’action et encore de l’action, mais avec un souffle, une rythmique particulière et du style. Sous ses airs de film d’espionnage et une trame narrative qui amoncelle rebondissement sur rebondissement, Atomic Blonde est un pur shoot d’adrénaline. Une série b sévèrement burnée comme David Leitch et son confrère Chad Stahelski ont pu nous en offrir en duo avec John Wick ou en solo pour le second avec John Wick : Chapter 2. Le style Leitch est bel et bien présent, se faisant ressentir plan après plan, séquence après séquence. Contrairement à la majorité des films d’action aujourd’hui produits à Hollywood comme de par ailleurs dans le monde, Atomic Blonde, et plus généralement, les films signés Leitch/Stahelski cherchent le dynamisme par le biais du corps. Du corps humain, et non en se reposant uniquement sur le montage.

Courses poursuites comme combats au corps à corps comme à l’arme à feu, ces séquences sont cadrées de façon à ce qu’elles puissent être montées suivant une volonté de concession dans le nombre de plans à utiliser. Le moins de plans possible, mais une lisibilité et une compréhension des coups (donnés et reçus) irréprochable. Les mouvements sont de ce fait souvent amples pour assurer une meilleure lisibilité et les combats souvent longs, prônant une certaine volonté de réalisme. Un assaillant ne sera pas KO ou mort en un coup de poing, ils se relèveront encore et encore. À l’instar d’un John Wick ou d’un Jason Bourne (deux comparaisons évidentes), les protagonistes et assaillants prennent et se donnent mutuellement des coups jusqu’à ne plus ressentir la douleur, jusqu’à la mort de l’un des deux. Les combats sont rudes, violents et sanglants. Les chorégraphies, remarquablement composées en fonction des décors afin d’éviter toute redondance d’un combat à l’autre et de donner à chacun un attrait particulier, nous rappellent celles des films de kung-fu. Dans l’amplitude des coups, la disposition des assaillants et la brutalité et l’impact sur les personnages de chaque coup. Une inspiration logique de la part de ceux qui ont chorégraphié les scènes d’action d’un certain Matrix (en plus d’officier comme doublure officielle de Keanu Reeves). Une brutalité que le spectateur ressent grâce à cette concession des plans qui permet une immersion accrue et non une distanciation qui aurait été davantage de mise à cause d’un surdécoupage intempestif.

Cadre magnifiquement composé avec une Charlize Theron illuminée et surcadrée par les couleurs

Ce style identifiable entre mille et au combien jubilatoire, se voit cependant renforcé par une direction artistique bien appuyée. Même si John Wick semblait déjà pop et flashant dans ses teintes de couleurs primaires, Atomic Blonde va encore plus loin. Un bleu et un rouge flashant prédominent et illuminent l’image majoritairement éclairée au néon. En plus des miroirs, omniprésents dans le film, les couleurs viennent embellir des cadres déjà soignés. Embellir et enrichir avec un dynamisme qui se crée entre les différentes couleurs qui s’opposent et/ou se lient entre elles. Un parti pris assumé, qui en plus d’embellir le film et de lui donner une identité propre, lui permet de s’assumer en tant que série b surréaliste et décomplexée. Une identité visuelle forte et appuyée, qui le ramène vers l’origine de l’œuvre qui n’est autre que le roman graphique. Toujours accompagné par son chef opérateur Jonathan Sela, David Leitch se fait plaisir et a bien raison. Néanmoins, qui dit film pop et décomplexé ne se doit pas forcément d’amplifier son aspect “cool” par une bande originale qui va dans tous les sens. Adieu la subtilité, adieu les contrepoints musicaux intéressants de John Wick et bonjour à la mixtape des années 80. Même si très agréables à l’écoute, certaines musiques sont de trop là où le silence aurait pu être plus fort et renforcer l’immersion du spectateur.

Techniquement impeccable, tant dans son esthétique (dont beaucoup de plans ne seraient pas reniés par Benoît Debie) que dans sa mise en scène et sa réalisation, Atomic Blonde est un pur shoot d’adrénaline. Plusieurs scènes de combat superbement menées, dont une très longue en plan-séquence : mémorable. Des moments forts, véritables pierres angulaires d’une œuvre au scénario classique, même si “difficilement” prévisible, et à la narration qui peine à emporter. Si John Wick avait eu le privilège de s’octroyer, en plus de ses qualités, la surprise de la révélation d’un cinéaste d’action de talent, Atomic Blonde aura celui de confirmer ce même talent. Cependant, la surprise n’est plus et le plaisir, même si indéniablement présent, n’est pas aussi fort. Charlize Theron par contre, frappe fort, et ne laisse pas de marbre avec une interprétation impressionnante. Pas de doute, Atomic Blonde porte bien son nom.

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