Apollo 11, le documentaire galvanisant et épique complémentaire au film First Man



Synopsis : « A look at the Apollo 11 mission to land on the moon led by commander Neil Armstrong and pilot Buzz Aldrin. » 


L’espace, l’infiniment grand où nous autres humains sommes infiniment petits. Nous sommes attirés par l’espace, attirés par l’inconnu et cette envie de découvertes. Cette attraction finalement résumée en une citation : “It’s one small step for man, one giant leap for mankind.” Il fait, ce que l’espèce humaine révérait de faire. Nous sommes attirés par l’espace et le cinéma nous permet d’explorer cette envie profonde. Beaucoup de cinéastes se sont attelés à l’infinie de l’espace afin de raconter des histoires aussi réalistes que surréalistes (majoritairement surréalistes évidemment). On pense à 2001 : A Space Odysey, Alien, Solaris… mais on pense également à celles et ceux qui se sont accaparés un phénomène afin de faire des films. Représentative de la conquête de l’espace par l’être humain, mais également de son avarice ne l’oublions pas, la mission Apollo 11 en est la preuve parfaite. Nombreux sont les reportages, documentaires et films de fictions tous plus farfelues les uns que les autres. On en connaît pas la moitié et très sincèrement, y’en a un bon paquet que l’on a très certainement pas envie de voir. Pour les 50 ans de la mission Apollo 11, ce n’est pas un, mais deux film qui ont vus le jour. Si le premier n’était initialement pas prévu pour sortir à cette période ci (on parle évidement de First Man écrit et réalisé par Damien Chazelle), celui qui nous intéresse ici est un film événement conçu pour le 50e anniversaire. Après Peter Jackson et son prestigieux They Shall Not Grow Old, voici Todd Douglas Miller et son film documentaire sobrement titré : Apollo 11.

Présenté en première mondiale au Toronto International Film Festival 2018 face à un certain First Man, il y a des coïncidences qui n’en sont finalement pas. On parlera de destin, et d’un bien beau destin. Si First Man a beaucoup fait parlé grâce à l’aura prestigieuse de son cinéaste, Apollo 11 ne subira pas le même sort. Pas certain qu’il soit visible dans d’autres pays que les Etats-Unis et le Canada, ne serait-ce qu’au cinéma et dans prestigieuse version IMAX, alors qu’il est en réalité un complément fondamentalement parfait au film réalisé par Damien Chazelle. Si ce dernier avait réalisé un film centré sur l’homme, épousant son point de vue sur la mission afin de retranscrire au mieux ses sensations si particulières par l’image, Todd Douglas Miller signe un film documentaire qui épouse le point de vue de la mission. Il n’est pas question de Neil Armstrong, mais bel et bien des trois spationautes qui vont réaliser le rêve de tout un peuple et devenir des héros. Apollo 11, c’est utiliser les moyens offerts par le cinéma afin que personne n’oublie ce qui est arrivé. Que les images, les discussions, les sourires et crispations restent et demeurent pour les générations à venir. Pas un simple souvenir, c’est aujourd’hui un film sur l’Histoire tel que Peter Jackson et son équipe ont pu le faire concernant la Première Guerre Mondiale. Tel était le projet initial initié par la BBC et tel est le résultat final obtenu par Todd Douglas Miller et son équipe.

16 juillet 1969. Centre spatial Kennedy. Neil ArmstrongMichael Collins et Buzz Aldrin sortent de leur dernière salle de préparation et commencent à se diriger vers le site de lancement et plus principalement le Module de commande et de service Apollo qui va être leur véhicule et habitation principale pour les prochains 8 jours, 3 heures et 18 minutes. Si Apollo 11 s’avère être un documentaire aussi haletant qu’intéressant, c’est essentiellement grâce au travail de storytelling réalisé par Todd Douglas Miller, également monteur du projet. Tel que pouvons le constater au visionnage de chaque nouveau documentaire, la réalité est bien plus forte que la fiction. Savoir que le rush que nous visualisons ou que la discussion que nous entendons n’est pas l’effet recherché d’une mise en scène, crée un affect émotionnel bien plus fort que vis-à-vis d’un moment qui aurait été pensé, écrit, mis en scène puis travaillé en post-production. On assiste à un moment de l’Histoire par le biais d’images et de sons bruts. Si le travail de restauration impressionne au point de nous faire douter de la crédibilité de certaines images terrestres absolument prodigieuses dans le traitement des couleurs entre autres, c’est avant tout le montage visuel comme sonore qui permet au film de tenir la dragée haute. Aucun temps mort et une très belle alchimie entre le son et l’image afin qu’ils se complètent alors que l’on voit la source sonore que très rarement à l’image. Grâce à quelques animations ajoutés en plus, le documentariste vulgarise judicieusement tout le processus permettant aux spationautes d’atteindre la Lune, puis de revenir sur Terre en moins de 9 jours. Démontrant de même, s’il avait réellement besoin de le faire, la difficulté de l’opération.

Le matériel de montage semble important et la lourde tâche d’enlever des images devait être drastique. Le cinéaste s’en sort parfaitement, réussissant à conserver l’attrait du spectateur et en résumant 8 jours en un film dont la durée dépasse à peine l’heure et demie. On chipotera tout de même sur la qualité de certains extraits sonores qui, en tant que bons français, nous ont demandés plus de concentration afin de les comprendre. Les dialogues en provenance de la NASA étant extrêmement nombreux, et s’enchaînant consécutivement, certains passaient complètement à la trappe. Attention si vous êtes parfaitement bilingue vous ne devriez pas avoir trop de problème à presque tout comprendre. Néanmoins, la qualité du storytelling créé par l’image permet de ne jamais perdre le fil et de rester en admiration devant ce que l’on voit. Notamment ces photos et plans linéaires (en 1 frame per second) inédits et absolument magiques. Si la complémentarité avec le film de Damien Chazelle est totale, ils partagent également un même sens du spectaculaire. Un spectaculaire qui ne passe pas par un montage sur-découpé, mais bel et bien par la musique. Une bande originale composée par Matt Morton et d’une beauté folle, dans le contexte du film. Elle ne révolutionne en rien le registre de la création musicale pour le cinéma, mais inculque au film un entrain et une tension, qui font de Apollo 11 un réel film à voir au cinéma. Une bande originale qui nous fait ressentir de réelles sensations et cumulé avec ces magnifiques images restaurées en IMAX, ça donne naissance à un film documentaire qui ne révolutionne pas le genre, mais galvanisant et réellement épique. Quand la réalité dépasse la fiction.


« Se servir d’archives visuelles et sonores afin de donner un second souffle à l’histoire et lui insuffler une tension et un véritable sens du spectacle. » 


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