[Critique] American Nightmare 2 : Anarchy réalisé par James DeMonaco

Sans titre

“Leo, un homme sombre et énigmatique, brigadier de police, est hanté par la disparition de son fils. S’armant d’un arsenal offensif et défensif, cet homme possédé est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n’ont pas les moyens de s’offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n’ont d’autre choix que de s’en remettre à leur libérateur fortuit, Leo. Au détriment de sa mission de vengeance «autorisée» contre celui qui a porté préjudice à sa famille, Leo, témoin de l’enlèvement d’Eva et Cali, ouvre le feu sur leurs agresseurs alors que Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d’un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Trouvant refuge dans le véhicule blindé que Leo a laissé ouvert pour porter secours à Eva et Cali, Shane et Liz s’allient alors à eux pour tenter de se défendre contre ceux qui ont la ferme intention d’exercer leur droit à la tuerie. Alors que ces cinq nouveaux alliés sont poursuivis à travers la ville, dans un sinistre jeu de «tue-moi ou je te tue» effaçant la frontière entre vengeance sponsorisée et justice humaine, tous sont amenés à remettre en question tout ce que leurs dirigeants leur ont toujours prôné.”

Un peu moins d’un an après avoir lancé le principe de la purge annuelle sur grand écran avec le film éponyme The Purge (nommé American Nightmare chez nous, comme si nous, français, étions respectueux, de véritables anges, contrairement aux Américains qui représentent le mal à l’état pur), James DeMonaco revient hanter nos cinémas avec une seconde purge nommée The Purge : Anarchy. Très décrié, le premier opus n’avait pas eu de mal à se hisser en haut de différents box-offices, dont le box-office américain où il termina sa carrière avec un joli chiffre de 64 millions de dollars de recettes, pour un budget de 3 millions. Ayant senti l’odeur de l’argent de très près, le réalisateur et les producteurs qui accompagnaient le film, ont flairé le bon plan, la licence qui pourrait chaque année leur rapporter de nouvelles liasses de billets verts et cela malgré le fait que le premier film n’ai pas reçu que des avis très tendres que ce soit de la part des professionnels comme du public. C’est donc sans surprise qu’arrive cette année The Purge : Anarchy, qui n’est pas une suite, mais bien une nouvelle purge qui pourrait très bien avoir lieu une année ou quinze ans après la purge du premier film. Malgré le fait que la date à laquelle se déroule cette purge est dévoilée lors du générique d’introduction, on ressent avec aisance l’envie de faire des films à la chaîne, films qui pourraient très bien ne rien avoir en commun.

C’est un procédé intéressant d’un point de vue financier, car ça permet d’enchaîner les films sans avoir à ce soucier d’avoir un scénario correct ou non, mais c’est avant tout un procédé intéressant pour la licence en elle-même, car si un film est mauvais, le suivant peut, à la guise du scénariste, effacer tout ce y avait été fait et inventer de nouveaux personnages et les implanter dans une toute autre ville des États-Unis. Oubliez la famille Sandine et l’invasion de leur ravissante maison par un groupe de jeunes mal intentionnés. The Purge : Anarchy met en lumière un groupe de personnes, qui se retrouvent malgré elles (ou par envie de purger) dans la rue et qui vont devoir survivre à cette effroyable nuit où la mort peu surgir à n’importe quel coin de rue. Survival qui utilise une narration linéaire permettant aux protagonistes d’aller d’un point A à un point B dans le but d’atteindre un endroit où ils seraient en sécurité, The Purge : Anarchy dévoile cette fois ce qui n’était que hors champs dans le premier film, à savoir ce qui se passe à l’extérieur des habitations et bien plus encore. Reprenant les thématiques qui étaient présentes, mais beaucoup trop sous-exploitées dans le premier film, cette purge 2014 s’avère plus inspirée sur le plan scénaristique grâce à une triple critique intéressante concernant l’emprise du gouvernement sur la population, mais également sur les différences entre classes sociales et les psychologies des personnes, suivant leur propre classe sociale. Toujours écrit par James DeMonaco, ce dernier rentre davantage dans les méandres de la folie humaine par le biais de scènes qui démontrent avec vigueur que l’homme possède forcément en lui cette part d’ombre et d’envie de faire du mal.

Plus brutal, plus violent, mais toujours trop souple face à cette violence qui aurait méritée d’être plus acerbe et exagéré, ce long métrage assume ses propos, mais n’arrive pas au niveau des films auquel il emprunte des idées visuelles, formelles ou scénaristiques. The Punisher, Battle Royal ou même Hunger Games pour sa manière de critiquer les inégalités sociales, The Purge : Anarchy n’arrive pas à forger sa propre identité, mais arrive tout de même à piocher astucieusement des éléments qui permettent au film d’emporter le spectateur dans une chasse à l’homme où même le lieu le plus sûr au monde peut cacher une personne en quête de vengeance. Néanmoins, The Purge Anarchy manque de punch, de punch-lines dévastatrices ou tout simplement de violence pour espéré rivaliser avec les deux premiers films cités précédemment. Ce nouveau long-métrage signé James DeMonaco est une série b qui assume ses propos, mais qui vise un trop large public pour contenter les amateurs de série B ou d’hyper violence, sachant que les propos gagneraient en ampleur s’ils étaient accompagnés de scènes-chocs. Malgré tout, elle reste plaisante, notamment sur le plan visuel grâce à une photographie qui met bien en valeur les différents lieux traversés par les protagonistes ou plus globalement la ville dans laquelle ils évoluent grâce à des jeux de lumière de bonnes factures ainsi que plusieurs plans aériens qui permettent en voir ce qui se déroule dans cette ville désertée de ceux qui ne souhaitent pas purger. De plus, on notera une bande sonore très convaincante, qui en parfaite corrélation avec l’action, réussit à donner au film du rythme et accentue son ambiance anxiogène. Une suite bien plus convaincante que le film précédent, mais qui conserve tout de même quelques défauts qui font de ce The Purge : Anarchy un divertissement efficace, mais pas marquant.

3/5

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