A Star is Born réalisé par Bradley Cooper [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu’ils tombent follement amoureux l’un de l’autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d’elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin… »

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Première réalisation de l’acteur Bradley Cooper, A Star is Born est le quatrième remake d’un classique du cinéma hollywoodien qui nous raconte l’histoire d’un mythe bien connu. Une star nait tandis qu’une autre est sur le déclin, un postulat de départ classique vu et revu dont le cinéaste américain s’empare pour son premier long-métrage. On est en droit de se demander ce que Bradley Cooper allait bien pouvoir faire avec ce vieux mythe qui a déjà connu trois adaptations dont la plus célèbre par George Cukor en 1954. Chaque adaptation s’adapte à son époque et le film de Cooper ne déroge pas à la règle, creusant dans une continuité du rock et du rêve américain à notre époque moderne. En plus de coécrire et réalisé ce premier long-métrage, l’acteur interprète le chanteur de rock sur le déclin face à la chanteuse Lady Gaga dont il s’agit du premier grand rôle au cinéma. Et le choix de Cooper prend tout son sens tant le récit de l’ascension de cette jeune chanteuse semble être une mise en abîme de la carrière de Lady Gaga dans l’industrie musicale. Clint Eastwood avait été pendant un temps pressenti pour réaliser ce récit d’un mythe hollywoodien classique avant que le projet ne revienne à Bradley Cooper. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’acteur marche dans les pas de son mentor en tant que cinéaste. Le réalisateur épouse jusqu’au bout l’esthétique d’un classicisme hollywoodien épuré qui n’est pas sans rappeler le mélodrame Eastwoodien romantique Sur la route de Madison (1995).

La plus grande réussite de A Star is Born, ce sont les scènes de concerts live où les performances des deux acteurs, filmés en plan-séquence, sont remarquables. Ils sont portés par une excellente bande originale dont les tubes Shallow et Maybe It’s Time sont voués à devenir des classiques du genre. Le tout est sublimé par la photographie de Matthew Libatique, directeur de la photo du Mother ! de Darren Aronofsky (2017), qui offre des moments de pure lyrisme, notamment une scène dans un club de drag queen où Lady Gaga chante La vie en rose. Un pur moment de romantisme hollywoodien totalement assumé par le cinéaste. On pourrait reprocher à Bradley Cooper une deuxième heure de long-métrage plus inégale dans son écriture, épousant pleinement les clichés du mélo hollywoodien pour arriver à un final assez prévisible. Mais les maladresses d’écritures du long-métrage et ses inégalités dans le rythme sont largement pardonnées tant le film déborde d’une profonde générosité et d’un romantisme purement hollywoodien que ne renierait pas un Clint Eastwood.

A Star is Born est un mélodrame qui emporte tout sur son passage par la beauté de son récit et le classicisme de son esthétique hollywoodienne, porté par la performance d’une Lady Gaga à qui Bradley Cooper offre un rôle en or, véritable miroir de la carrière de la chanteuse et de l’industrie musicale moderne. Le premier film de Bradley Cooper est loin d’être parfait, pas exempt de défauts, mais il marche dans les pas d’un cinéma américain classique aux antipodes de ce qui se produit actuellement traduisant une démarche artistique plus que remarquable. Un pur mélodrame hollywoodien sur le déclin du rêve américain qui marque la naissance d’un cinéaste prometteur dans la droite lignée d’un cinéma Eastwoodien.


« Un pur mélodrame hollywoodien sur le déclin du rêve américain qui marque la naissance d’un cinéaste prometteur dans la droite lignée d’un cinéma Eastwoodien. »


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