A Cure for Life réalisé par Gore Verbinski [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Lockhart, jeune cadre ambitieux, est lancé sur la trace de son patron disparu dans un mystérieux centre de bien-être en Suisse. Pris au piège de l’Institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients. Alors qu’on lui diagnostique le même mal qui habite l’ensemble des pensionnaires, Lockhart n’a plus d’autres choix que de se soumettre à l’étrange traitement délivré par le centre…la Cure.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Vendu comme le nouveau Shutter Island, vous risquez d’en sortir énormément déçu. Si l’ambiance est aussi pesante que dans l’adaptation du livre de Dennis Dehane par Martin Scorsese, cela s’arrête là. En effet, bien que le film reprenne la trame de l’hôpital où des opérations étranges sont menées, on est loin de la recherche schizophrénique que menait Leonardo DiCaprio. Et Gore Verbinski n’a pas la maestria du maître Scorsese qui avait réussi à distiller l’angoisse et la réflexion de la première à la dernière minute. Pour son retour au cinéma, loin des Pirates des Caraïbes, le réalisateur décide d’adapter un scénario de Justin Haythe pour raconter une histoire oppressante, car en vase clos : celui d’un institut où une cure est pratiquée. Une cure d’un genre particulier puisqu’elle permet aux patients de vivre de l’eau et de ses bienfaits pour retrouver un certain bien-être. Vous vous doutez d’entrée de jeu que cet institut cache une histoire peu catholique et étrange. On apprend très vite qu’un baron y fut brûlé avec son épouse, sa soeur, par les habitants du village. Mais l’on découvre aussi que cette vengeance villageoise est liée au traitement pratiqué dans l’institut à l’époque. Un traitement qui « utilisait » les villageois contre leur volonté. Il ne faut pas en dévoiler davantage pour mieux entrer et suivre Dane DeHaan, véritablement impeccable, dans ce labyrinthe mental. Un labyrinthe qui pourrait bien lui faire perdre la raison. Pourquoi le patron qu’il est venu chercher est-il si heureux dans cet endroit ? Quelle est la raison expliquant que les patients soient-ils tous aussi âgés à l’exception de la jeune Hannah ? Et pourquoi doivent-ils tous boire de l’eau alors que très vite on découvre qu’ils souffrent de déshydratation ?

Attention, vous pourriez tomber mademoiselle !

A Cure for Life est un titre qui révèle un pan de l’intrigue au cas où nous simples Français, nous aurions quelques difficultés à comprendre ce thriller psychologique. Le titre en version originale est bien meilleur : A Cure for Wellness (une cure pour le bien-être) laissant planer bien plus de mystère. Le scénario est malin, habile, mais souffre de vouloir être étiré en longueur pour proposer un film de 2h27. Et à chaque fois que Lockhart (Dane DeHaan) s’approche de la vérité, à chaque fois le film le stoppe dans son élan avec toujours le même effet : un enfermement plus imposant qu’auparavant. Et des tortures plus sadiques les unes que les autres, si vous n’aimez pas le dentiste, vous serez servi-e (sans doute que Monsieur Grey aurait dû s’en inspirer pour sa suite catastrophique). Ces tortures ne relancent pas l’histoire : au contraire, elles entraînent au bout d’un moment une certaine lassitude, ralentissant lourdement le rythme.

Pourquoi un tel choix ? La raison est simple : on comprend assez vite les enjeux de l’histoire. On perçoit très vite ce que convoite le docteur Volmer (inquiétant Jason Isaac). On comprend facilement qu’une relation trouble et troublée s’est installée entre lui et la jeune Hannah. Interprétée par Mia Goth, elle est la véritable révélation de ce film et  justifier elle seule qu’on aille découvrir ce thriller. Même si parfois l’ennui pointe un peu. Et ce n’est pas faute d’avoir su installer une ambiance oppressante et stressante. Le choix d’un décor unique aux couleurs froides et aseptisées, un hôpital où vous n’auriez pas envie d’être soigné-e. La musique dont l’entêtante petite comptine interprétée par Hannah, qui vous restera longtemps en tête, voire vous hantera la nuit. Ou encore certains plans rappelant les vieux films d’horreur des studios Hammer, notamment les différents Frankenstein : le château isolé lieu de toutes les expériences. L’intrigue suit des chemins balisés, déjà vus plus d’une fois au cinéma. Et en ce sens, ne renouvelle pas ce thriller psychologique. Mais l’ambiance et les personnages sont suffisamment inquiétants pour vous tenir en haleine malgré ses longueurs et son final un peu falot. Le final a deux aspects : une conclusion quelque peu balourde (qui pourrait vous faire rire) et une ouverture sur un avenir incertain voire diabolique. A Cure for Life ne laissera pas une trace impérissable dans l’histoire de cinéma : un honnête thriller stressant qui se suit avec plaisir… ou presque !

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