Yesterday, un monde sans les Beatles really ?!


Synopsis : « Hier tout le monde connaissait les Beatles, mais aujourd’hui seul Jack se souvient de leurs chansons. Il est sur le point de devenir extrêmement célèbre. Jack Malik est un auteur-compositeur interprète en galère, dont les rêves sont en train de sombrer dans la mer qui borde le petit village où il habite en Angleterre, en dépit des encouragements d’Ellie, sa meilleure amie d’enfance qui n’a jamais cessé de croire en lui. Après un accident avec un bus pendant une étrange panne d’électricité, Jack se réveille dans un monde où il découvre que les Beatles n’ont jamais existé… ce qui va le mettre face à un sérieux cas de conscience. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

On ne garde que les plus célèbres : Il était temps, Good morning England, Love actually qu’il a dirigés, Notting Hill et Quatre mariages et un enterrement qu’il a écrit et Bridget Jones qu’il a adapté… il a aussi donné l’idée de la suite pathétique de Mamma Mia ! Here we go again… après tout, on ne peut pas être bon tout le temps, si ? Richard Curtis est donc un dieu : le dieu britannique de la comédie romantique à l’anglaise. L’homme qui derrière les histoires d’amour, sait parler de la famille, des relations entre les parents et les enfants, d’une partie de la musique du Royaume-Uni avec une bande de potes animateurs radio (Good morning England) et surtout d’amitié. Imaginez un peu notre état d’excitation quand on nous annonce un film où, selon l’idée de Jack Barth, Curtis envisage un monde sans les Beatles… enfin, un monde où personne ne se souvient des Beatles sauf Jack !

Ajoutez juste la petite dose supplémentaire de folie pour que le film devienne une véritable attente : Danny Boyle réalise ! De la folie ! Car il n’y a pas deux Anglais plus à l’opposé l’un de l’autre au niveau du cinéma. Franchement, le réalisateur de Trainspotting avec le scénariste de Love Actually… pourtant, n’oubliez pas un petit film : Slumdog Millionaire, un petit bijou inspiré d’une histoire vraie où le romantisme, le suspense, la musique et la danse sont présents. Donc forcément Curtis et Boyle devient une évidence.

Une évidence telle que ce film sera magique… on le sait, on n’en doute pas et on y croit complètement. Alors c’est vrai accepter un monde sans Beatles, c’est un peu comme accepter un monde sans Johnny. On se souvient bien de Laurent Tuel signant Jean-Philippe, en la matière similaire pour l’idée de départ… cela apporte une belle dose de nostalgie. Le mot est lancé : nostalgie. Elle permet l’adhésion totale car si toute la planète a oublié les Beatles sauf Jack… les spectateurs dans la salle ne les ont pas oubliés. C’est là que se crée la connivence entre la salle et le héros, entre les spectateurs et l’histoire : le ciment est la musique et les airs des quatre garçons de Liverpool que l’on a toutes et tous en tête. Même si vous n’êtes pas fan, forcément, vous les connaissez. Sur la planète, on dit sans cesse que la musique rassemble les peuples, avec Yesterday, cet adage est une réalité.

Forcément, l’histoire d’amour passera au second plan car on veut comprendre comment Jack va réussir à surpasser ce vol, ce pillage qui le met mal à l’aise, sans renier l’héritage des Beatles, pour devenir cette star phénomène . Au milieu de cette quête de soi : doit-on véritablement tout accepter pour devenir célèbre, il y a forcément l’amour, celui de la jeune Elie que joue Lily James. Elle est bien plus que le « love interest » car elle est celle qui a toujours cru en Jack Malik même si ses chansons sont loin d’amener le public à se déplacer en masse… jusqu’à l’accident. La rencontre avec le bus alors qu’un blackout de 12 secondes touche toute la planète entraîne l’accident de Jack et son réveil dans un monde où les Beatles n’existent pas, les cigarettes non plus et… non on ne va pas tout vous spoiler.

Forcément, Jack devient unique car il connaît les succès des Beatles et peut se les réapproprier… on se rend compte que les chansons des quatre garçons dans le vent sont intemporels et totalement ancrées dans nos mémoires. Reste pour que le scénario soit réaliste à ce que les réseaux sociaux jouent leur petit rôle pour permettre à Jack Malik de devenir la star que la planète attendait. En surpassant le chanteur Ed Sheeran, le maître britannique du moment, il peut alors devenir la star. Le chanteur britannique qui joue ici son propre rôle (au départ, cela devait être Chris Martin de Coldplay qui a refusé le rôle… dommage !). De battle en concerts, les deux hommes se complètent forcément avec aussi l’envie de nous faire rire et sourire : Hey Dude ! sérieusement les gars !

Dans les histoires de Richard Curtis, il faut aussi et surtout des seconds rôles décalés et totalement barrés pour dépasser la simple romance britannique. Certes, les Anglais sont forts pour faire chavirer notre cœur parce qu’ils ont ce petit supplément d’âme que l’on appelle le nonsense britannique. Si on regarde attentivement les autres films écrits par Richard Curtis, on trouve toujours des personnages barrés : Spike le colocataire dingue de Hugh Grant dans Notting Hill, Gareth l’extravagant compagnon gay de Matthew dans Quatre mariages et un enterrement ou encore Billy Mack, le rockeur sur le retour dans Love actually. Ici, il faut dire que l’auteur nous a gâtés entre une agent américaine totalement parasite et infecte, Kate McKinnon hilarante, les parents de Jack totalement peu intéressés par les chansons de leur fils (on se souviendra toujours de la première écoute de Let it be) et surtout le tourneur, celui qui accompagne partout le chanteur-auteur-compositeur dans les concerts, Joel Fry qui joue Rocky… toujours un peu stone, totalement dérangé et qui replace un peu les choses dans leur contexte car au fond, un petit être sensible se cache chez ce Rocky.

Yesterday fait du bien au moral parce que la musique des Beatles renforce l’envie d’accompagner Jack Malik sur le chemin du succès. Le film procure des moments de rire, de joie et surtout d’émotion avec l’histoire d’amour avortée entre Jack et Ellie mais aussi par une rencontre des plus exceptionnels qui vous fera monter les larmes aux yeux. Et justement l’histoire d’amour ? Elle est annexe comme de plus en plus souvent chez Richard Curtis : dans Il était temps, l’amour entre Domhnall Gleeson et Rachel McAdams n’est qu’un prétexte car c’est la relation entre un père et son fils qui crée la magie. Dans Quatre mariages et un enterrement, au final, ce sont ces amis créant cette famille pour se soutenir qui sont les plus importants. Et dans Notting Hill, bien entendu que l’on souhaite l’amour entre Julia et Hugh, mais le film est aussi une critique envers la célébrité qui ne permet pas de vivre une vie ordinaire. Et en ce sens, c’est l’histoire d’amour, la faiblesse de Yesterday car elle provoque quelques petites longueurs… au point que plus d’une fois, on a juste envie de se lever et de crier à Jack dans l’écran : « bouge-toi un peu car tu vas perdre la meilleure femme du monde ! ». Pourtant le couple formé par Himesh Patel (véritable révélation du film) et Lily James fonctionne à la perfection… le film pourrait même offrir à la jeune actrice, la place abandonnée par Keira Knightley, de petite fiancée du Royaume-Uni.

L’histoire d’amour n’est pas l’objet de ce film. Le centre de cette comédie romantique britannique : c’est l’amour pour la musique qui unit tout le monde, réchauffe les cœurs et rassure surtout. Aussi, pardonnera-t-on à Richard Curtis de finalement placer volontairement quelques obstacles à l’amour entre Jack et Ellie pour ne se concentrer que sur les Beatles… parce qu’après tout que serait notre vie sans les Beatles ? Une vie bien plus difficile car il lui manquera désormais la légèreté.


« Le centre de cette comédie britannique romantique : c’est l’amour pour la musique qui unit tout le monde, réchauffe les cœurs et rassure surtout. »


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