X-Men : Dark Phoenix, les mutants pourront-ils renaître de leurs cendres ?


Synopsis : « Dans cet ultime volet, les X-MEN affrontent leur ennemi le plus puissant, Jean Grey, l’une des leurs. Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, Jean Grey frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur Terre, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi beaucoup plus instable. En lutte contre elle-même, Jean Grey déchaîne ses pouvoirs, incapable de les comprendre ou de les maîtriser. Devenue incontrôlable et dangereuse pour ses proches, elle défait peu à peu les liens qui unissent les X-Men. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Avant le grand reboot, voici le douzième épisode des X-Men. Après des sauts dans le passé, le présent et le futur, X-Men : Dark Phoenix a la bonne idée de reprendre quasiment à la fin du précédent opus : Apocalypse. Cela signifie que l’on retrouve les héros de la deuxième version : James McAvoy, Jennifer Lawrence et également Michael Fassbender. Associés aux jeunes pousses des précédents volets à savoir Sophie Turner (impeccable en Jean Grey, héroïne de ce spin-off), Tye Sheridan ou encore Evan Peters et Alexandra Shipp.

Autant le préciser de suite, c’est un véritable plaisir que de retrouver nos mutants préférés surtout qu’Apocalypse n’a pas laissé un souvenir impérissable auprès des fans. Pourquoi le troisième volet de la saga est-il toujours plus faible que les autres ? Toujours est-il que Bryan Singer exclu de la franchise, c’est le producteur originel du reboot qui se place derrière la caméra, à savoir Simon Kinberg. Premier bon point, il respecte le cahier des charges à la lettre. Mais ensuite, Kinberg est capable du meilleur (X-Men : commencement et même Days of future past) comme du pire (Apocalypse certes, pour quelques passages, mais surtout le reboot raté des 4 Fantastiques).

Pour autant, et pour la première fois, l’histoire s’intéresse à un personnage en particulier : celui de Jean Grey. De la découverte de ses pouvoirs au moment où elle est recueillie par le Professeur Xavier, jusqu’au passage où elle hérite de ses nombreux pouvoirs permettant à son côté sombre de prendre l’ascendant. Idée de génie car elle est un des personnages les plus intéressants et passionnants de la franchise. Cette duplicité sied à l’univers sombre des X-Men qui n’ont jamais été une saga comme les autres. Sous l’ère Singer, les mutants ont été tour à tour les chantres de la tolérance, de l’acceptation de l’autre, des coming-out déguisés et surtout de la création d’un monde où la frontière entre le bien et le mal a toujours été floue et poreuse. Ici, en s’attachant au mal-être de Jean Grey, le réalisateur prend le pari de brosser au travers du portrait de l’adolescente mal dans sa peau, celui d’une société où les secrets minent le quotidien de tout un chacun quand il serait plus simple de mener le monde vers la paix en étant transparent.

Ce choix scénaristique explique la façon dont certains mutants souhaitent baisser les bras ou s’opposent enfin au professeur Xavier. Pour la première fois, les motivations de Charles sont plus troubles que celles de Magneto. Ce dernier ayant choisi une vie de reclus pour être enfin en paix. Une idée originale mais qui entraîne un souci : une incompréhension totale de cet épisode dans la logique chronologique de la saga ! Déjà Days of future past avait donné un sacré coup de pied dans la fourmilière des mutants au point de créer des univers parallèles et des chronologies qui posaient question. Le personnage de Wolverine vivait cela en étant allié des X-Men dans les années 1970 à un moment où il était inconnu des mutants encadrés par Xavier.

Simon Kinberg a bien compris le potentiel de faire fi de toute logique pour écrire un scénario où la dramaturgie prend toute la place. En jouant la corde sensible, pour laisser affleurer l’émotion, le réalisateur réussit à choquer le spectateur. Des changements de comportement chez certains mutants et surtout des disparitions entraînant une incompréhension pour le plus fidèle des fans. Le problème de ce nouvel X-Men est qu’il fait table rase de tout ce qui a pu être écrit pour mieux exploser la saga. Avec un objectif : rebooter le tout car c’est ce qui est dans les tuyaux chez Disney et Marvel. Depuis que la Fox est passé sous giron de l’oncle Walt, la souris aux grandes oreilles a un catalogue de mutants qu’elle peut exploiter au maximum. C’est pourquoi Gambit ou encore les nouveaux mutants ne sont pas prêts de décoller sur nos écrans. Et c’est bien dommage !

Alors que faire ? Accepter ces failles chronologiques ou rejeter en bloc ce douzième volet des aventures des X-Men ? Ne pas accepter cette aventure parce que le réalisateur-scénariste a pris des libertés serait une erreur. Le spectacle est impressionnant : les scènes d’action comblent les attentes. Les ombres sur l’enfance de Jean Grey sont enfin comprises et le personnage de Jessica Chastain est nécessaire pour visualiser la force qui s’est emparée de la jeune télépathe lors de la mission de sauvetage. Ainsi pour un spectateur non averti, le Dark Phoenix est capable d’offrir des scènes d’action qui raviront les spectateurs. Mais pour un fan, l’incompréhension peut atteindre des sommets au point de rejeter en bloc certains passages du film et de l’histoire. À la découverte de ce X-Men : Dark Phoenix, le fan en déduit que ce dernier tour de piste des mutants est un enterrement de première classe de toute la vision créée par Bryan Singer en l’an 2000. En clair, derrière toutes ces complications scénaristiques, se dessinent des enjeux financiers et la volonté pour Disney d’imprimer une nouvelle marque sur ses héros que le studio possède désormais. Plus que jamais, l’aspect business n’aura jamais été aussi flagrant au détriment du spectateur fan des mutants qui auront pourtant enchanté et bouleversé le monde des super-héros depuis pratiquement 20 ans. Quel dommage…


Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

« À la découverte de ce X-Men : Dark Phoenix, le fan en déduit que ce dernier tour de piste des mutants est un enterrement de première classe de toute la vision créée par Bryan Singer en l’an 2000. »


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