Wonder réalisé par Stephen Chbosky [Sortie de Séance Cinéma]

 

Synopsis : “August Pullman est un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de coeur ou à son étroitesse d’esprit. L’aventure extraordinaire d’Auggie finira par unir les gens autour de lui.”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

cinetick

[maxbutton id=”159″]


Wonder est un film qui ne partait pas avec une grande force d’originalité. Adaptation d’un roman de R.J Palacio paru en 2013, le film de Stephen Chbosky se présentait comme un énième tire-larme adapté d’un roman à succès. Le cinéaste adapte une nouvelle fois une œuvre littéraire, après l’adaptation de son propre roman, Le monde de Charlie (2012), qui traitait déjà du parcours initiatique à travers l’histoire d’un adolescent. Et c’est dans le regard que pose Stephen Chbosky sur l’enfance que Wonder parvient à se distinguer par rapport aux autres adaptations du genre. Le film raconte l’histoire de Auggie (Jacob Tremblay), un jeune garçon né avec une malformation du visage, qui fait son entrée à l’école de son quartier, confronté au regard des autres enfants et à leurs jugements. Le film suit Auggie durant son année scolaire en CM2, multipliant les points de vues des différents personnages et leur ressentis durant cette étape que traverse l’enfant.

Avec le film Wonder, Stephen Chbosky crée un univers autant dans la mise en scène que dans l’écriture, le cinéaste contribuant au scénario écrit par Steven Conrad et Jack Thorne. Un univers qui tourne autour de l’enfance et de la psyché d’un enfant qui se réfugie dans une bulle pour oublier les regards et les jugements autour de lui, notamment dans son rêve d’être astronaute. Une passion qui prend tout son sens lorsque le cinéaste met en scène le monde de Auggie Pullman en y ajoutant des références à Star Wars, avec notamment la coupe de cheveux de Auggie avec une tresse qui fait référence à Anakin Skywalker dans les films qui constituent prélogie scénarisée et réalisée par George Lucas, ainsi que les scènes où le garçon vole en apesanteur dans un costume d’astronaute. Le cinéaste crée un univers autour de l’enfance qui reflète la personnalité du jeune garçon afin que le spectateur puisse mieux s’identifier à ce personnage, l’écriture possédant une certaine sincérité.

Le film évite habilement le pathos et les écueils habituels du tire-larme dont le misérabilisme excessif autour du personnage principal, défaut assez récurent dans les adaptations du genre. Stephen Chbosky évite cette fatalité en décentralisant le personnage de Auggie pour aborder son histoire à partir de différents points de vue, que ce soit celui de la sœur du garçon, Via (incarnée par Izabela Vidovic), des parents (Julia Roberts en mère poignante, Owen Wilson qui fait du Owen Wilson), du camarade de classe, Jack Will (Noah Jupe, vu récemment dans le film Bienvenue à Suburbicon), etc., afin d’étendre le parcours initiatique autour de tous les personnages, jusqu’au plus secondaires, pour faire de Wonder un conte universel sur l’enfance plutôt touchant.

Néanmoins, si l’écriture vacille habilement entre la comédie et le mélodrame, Wonder n’évite pas tous les clichés, notamment dans une dernière demi-heure de trop qui traine en longueur, où le cinéaste amplifie les effets du mélo, notamment en utilisant la musique orchestrale avec lourdeur pour tirer une petite larme de force au spectateur, et en ne manquant pas de nous rabâcher une morale éculée sur la force et la persévérance en chacun de nous. Mais malgré ses lourdeurs, Wonder possède une réelle sincérité dans son écriture et une générosité dans son propos sur l’enfance qui en fait un divertissement touchant.

[usr 3]


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *