Wind River réalisé par Tyler Sheridan [Critique | Cannes 2017]

Synopsis : “Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…”


Du 17 au 27 mai 2017, nous sommes au 70e Festival de Cannes. Entre coups de cœur et coups de gueule, émerveillements et maux de tête, retrouvez nos avis sur les films vus durant ce festival pas comme les autres. Des avis courts, mais pas trop et écrits à chaud, afin de vous offrir un premier avis sur les films qui feront, ou non, prochainement l’actualité.
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Acteur, réalisateur, scénariste, Taylor Sheridan est un cinéaste américain aux multiples casquettes. Malgré un joli panel d’apparition dans diverses séries télé américaines et notamment dans Sons of Anarchy où il tenait un rôle récurant, c’est en tant que scénariste qu’on le connaît le mieux. Sicario, mais surtout un des évènements cannois de l’édition 2016 : Comancheria. Réalisé par David Mackenzie, Comancheria est un thriller rural brutal où les personnages torturés intérieurement évoluent dans un univers à leur image. De Comancheria a Wind River il n’y a qu’un pas. D’un environnement désertique, aride et mortel par sa chaleur, on passe à un environnement désertique et tout aussi mortel à cause de ses températures glaciales. Bienvenu en plein hiver dans le Wyoming. Dans la droite lignée du film réalisé par David Mackenzie, Wide River est un thriller viscéral où tout est mis en place pour oppresser le spectateur et lui faire ressentir la tension ressentie par les personnages. Et plus particulièrement par Jane Banner, agent du FBI incarné par Elizabeth Olsen. Après la découverte d’un corps, elle est dépêchée sur place pour enquêter, se retrouve en territoire inconnu. Dès son arrivée, Jane Banner doit revêtir des vêtements qui ne sont pas les siens. Elle n’est plus chez elle, plus rien ne lui appartient, elle est en terre inconnue aidée par le pisteur Cory Lambert interprété par Jeremy Renner. Deux personnages complémentaires, aux caractérisations fortement archétypales et dont le destin va être lié suite à la découverte de ce corps.

Quand l’environnement devient plus menaçant que l’antagoniste, le tueur lui-même

Conventionnel dans son déroulé et sans grandes surprises (même si quelques rebondissements permettent au spectateur de rester sur le qui-vive), Wind River ne surprend pas par son histoire. Cependant son scénario, n’est pas pour autant mauvais, bien au contraire. L’enquête est suffisamment bien ficelée pour happer le spectateur, les rebondissements sont placés de manière à relancer sans cesse le récit et le système du flashback est subtilement exploité pour faire la révélation finale et surprendre (et par ailleurs à offrir un raccord son monstrueux). Même si ultra conventionnel, cette maitrise permet au film de ne pas partir avec un handicap. Ce qui va amplifier sa force et portée émotionnelle est son rapport à la nature. Taylor Sheridan offre la plus belle des places à l’environnement, à l’instar d’un Comancheria ou également Desierto . Très contemplatif, peu bavard, le scénario et plus particulièrement la mise en scène de Tyler Sheridan, fait de l’environnement un personnage à part entière. Au-delà de sa beauté et des cadres magnifiques qu’il permet d’avoir, cet environnement menace les bons comme les mauvais. Cette immensité sauvage est menaçante, regorge de pièges en tous genres dont les personnages (bons comme mauvais) peuvent et devront se servir pour survivre. Les personnages sont pris au piège par cet espace sauvage et désertique qu’ils vont devoir apprendre a connaître et appréhendé. D’où l’utilité du personnage masculin interprété par Jeremy Renner qui va apporter ses connaissances et son background étroitement lié aux événements. Encore une fois, une utilisation conventionnelle des personnages pour alimenter le récit, mais ça fonctionne.

Derrière son aspect série B classique, revendiqué et clairement assumé, se cache un survival haletant où plane une menace permanente. Prévisible, conventionnel et sans grande surprises, le scenario s’avère néanmoins bien écrit et la mise en scène inspirée pour captiver le spectateur du premier au dernier plan. La tension est palpable, oppressant et de plus en plus viscéral, Wind River est un thriller glacial des plus efficaces malgré ses limites.

[usr 3,5]


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