Wildlife – Une Saison Ardente réalisé par Paul Dano [Cannes 2018 Film REVIEW]

*aucune affiche officielle pour le film Wildlife – Une Saison Ardente

Synopsis : « Dans les années 60, Joe, un adolescent de 14 ans, assiste impuissant à la lente dégradation des rapports entre son père et sa mère. »

Si l’année passée était une première, on a décidé de réitérer l’expérience et de faire profiter une nouvelle rédactrice. Du 8 au 19 mai 2018, nous sommes présents au 71e Festival de Cannes afin de découvrir les films qui feront l’évènement, ou non, les mois prochains dans les salles obscures, et ce, dans le monde entier. CinéCinéphile représenté cette année par la jeune journaliste Pauline Mallet qui nous donne son regard de cinéphile sur les films proposés en Sélection Officielle et dans les Sélections Parallèles.

Il n’a que 33 ans et pourtant, Paul Dano, jeune acteur américain, passe derrière la caméra pour son premier long-métrage, Wildlife, un drame familial au sein de la classe moyenne américaine des années 60 qui s’offrait même le luxe d’ouvrir La Semaine de la critique cette année en présence de son actrice principale, la fascinante Carey Mulligan qui partage l’affiche avec le non moins talentueux Jake Gyllenhaal, absent pour l’occasion. Le film s’ouvre sur un petit quartier américain classique peuplé de maisons modestes aux couleurs chaleureuses. Le jeune Joe (incarné par le très prometteur Ed Ooxenbould), tout juste 14 ans, vient d’emménager dans le Montana avec ses parents. Adolescent discret, intelligent et timide, il forme avec ses parents la famille américaine parfaite de la classe moyenne. Mais, comme très souvent, les apparences sont trompeuses.

Alors que Jeannette (interprétée par l’actrice Carey Mulligan) tente de jouer à la mère au foyer heureuse, son mari, Jerry (interprété par l’acteur Jake Gyllenhaal) cache la déception de ses rêves perdus, ceux de devenir sportif professionnel, derrière son sourire de façade. C’est dans ce foyer familial fragile que Joe tente de grandir comme un adolescent normal de son âge. C’est donc avec cette histoire peu originale que Paul Dano fait son entrée dans la réalisation. Mais le jeune cinéaste prend un tournant inattendu presque surprenant dirigeant ses acteurs dans une direction remarquable faisant de Carey Mulligan une femme différente de toutes celles qu’elle a déjà pu incarner. Mère peu affectueuse, femme malheureuse, finalement si sa froideur et son égoïsme peut heurter les spectateurs, faisant d’elle une anti-héroïne. Femme avant d’être mère, elle souffre surtout de sa condition de femme qui l’empêche de s’émanciper et de chercher son propre bonheur.

C’est à travers ses actions et sa situation, son mari étant parti combattre les feux bouillants qui menacent les terres du sud, qu’elle va chercher le changement à tout prix multipliant les comportements immoraux, du point de vue de la société de l’époque voir même de la nôtre. Comme par exemple, le fait qu’elle délaisse son fils allant même jusqu’à tromper son père devant lui. Ce qui est intéressant dans cette proposition, c’est que Joe est le point de vue central du film. Il est cet enfant qui perd l’admiration qu’il avait pour ses parents. Il devient le témoin de leurs actions et ne s’interpose jamais dans leurs décisions. Les subissant de plein fouet.

Paul Dano a l’intelligence de ne jamais tomber dans le pathétique ou la critique facile. En témoigne ce dernier plan simple et touchant qui marque, littéralement, le portrait familial réaliste que dresse le long-métrage. Le cinéaste tire la force de son film dans ce qu’il montre c’est-à-dire des personnages tels qu’ils sont, plus humains que jamais tout en évitant les facilités que le récit laisse supposer. L’interprétation des acteurs, un Jake Gyllenhaal fidèle à lui-même, une Carey Mulligan exceptionnelle et un Ed Ooxenbould prometteur, permettent au film de se démarquer. Pour parfaire le tout, c’est au travers d’une réalisation maîtrisée et efficace, mais, malheureusement, vite oubliable que le réalisateur américain signe ici, son premier film qui se glisse facilement dans les films indépendants les plus séduisants de l’année.

Wildlife – Une Saison Ardente réalisé par Paul Dano avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould. Sortie le 19 décembre 2018 en France.

« Paul Dano a l’intelligence de ne jamais tomber dans le pathétique ou la critique facile. En témoigne ce dernier plan simple et touchant qui marque, littéralement, le portrait familial réaliste que dresse le long-métrage »


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