Wedding Nightmare (Ready or Not), prêts à vivre la plus belle et sanglante nuit de votre vie ?

Synopsis : « La nuit de noces d’une jeune mariée tourne au cauchemar quand sa riche et excentrique belle-famille lui demande d’honorer une tradition qui va se révéler meurtrière et où chacun luttera pour sa survie. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

L’un a fait ses gammes derrière la caméra en tant qu’opérateur caméra, puis en tant que chef opérateur. L’autre a progressé petit à petit en tant que réalisateur en débutant par des courts, avant de venir au long-métrage. Réciproquement Tyller Gillett et Matt Bettinelli-Olpin forment un duo de jeunes amoureux du cinéma d’épouvante qui ont démontré par le temps et l’accumulation d’expérience qu’ils en voulaient. Ils n’ont pas démérité leur place et encore moins l’excellent bouche à oreille créée depuis la sortie de la bande-annonce puis de l’affiche du long-métrage Ready or Not. Second long-métrage après Devil’s Due –aussi nommé The Baby en Europe– , Ready or Not a tout d’une série b divertissante et jubilatoire as fuck. Le « as fuck » étant évidemment très important. Il est rare que ce genre de proposition voie le jour dans les salles françaises seulement quelques jours après la sortie américaine. Une belle surprise pour un film qui le mérite tout autant ?

Ready or Not est la représentation même d’une série b, à commencer par son histoire. Une histoire qui se résume en une phrase et qui, au-delà de quelques partis pris scénaristiques, ne surprend aucunement. Peu de surprises. Là est le réel problème du film. Si Ready or Not nous vend sur le papier une série b décomplexée qui mise sur le « badass » décomplexé et le plaisir de voir une mariée prendre les armes pour tuer un à un chaque membre de sa belle-famille, c’est exactement sur ce même point qu’il déçoit. Une série b qui s’assume à quelques moments, lors de quelques répliques dont la répartie fait mouche et lors de quelques explosions sanguinolentes toujours plaisantes, mais qui essaye tant bien que mal d’être crédible. Développer chacun des personnages et prendre le temps de créer de long temps mort où ils vont parler entre eux. Inculquer à la majorité des personnages une conscience qui va les faire douter… ou non. Long, ennuyant, tout ça pour ça. À trop vouloir tendre l’aspect thriller en donnant la parole à chacun des personnages, Tyller Gillett et Matt Bettinelli-Olpin occultent l’aspect divertissement du film. Sauvé par quelques set piece plus mouvementés placés aux bons moments, le film réussit à ne jamais sombrer malgré tout. Et ce, malgré une photographie qui laisse à désirer.

Si la mise en scène s’avère efficace dans l’ensemble, elle manque cruellement de punch et de réelles idées afin d’iconiser ses personnages forts. Aucun réel moment où les personnages impressionnent de par leurs prestances ou effraie de par leurs actions. Aucun money shoot qui ne reste en mémoire. Loin d’être moche visuellement, le film accuse une utilisation laborieuse de la caméra –shaky– lors de moments de course et d’un étalonnage qui laisse à désirer sur toute la première partie du film. Bien trop sombre, extrêmement contrasté avec une perte d’informations inexplicables à l’image. Ce n’est pas très agréable à l’œil, d’autant plus avec une direction artistique vraiment soignée et une gestion des choix d’éclairages intéressants. Le décor principal est superbe, les costumes pas mal, mais tout est sombre, tout est dans l’ombre. Volonté de donner un « look » au film ? Problème en post-production pour harmoniser les rushs ? Problèmes liés au budget que l’on imagine très minime malgré une belle production value ? On n’en saura pas plus, mais on aimerait ça.

Malgré tout ça, Ready or Not n’est pas pour autant une purge suprême. S’il n’est pas aussi jubilatoire qu’on ne l’aurait aimé, s’il accuse de temps morts et d’une mise en scène qui manque d’impact, il n’en demeure pas moins divertissant. Un casting qui s’en donne à cœur joie, des répliques bien senties qui font rire puis sourire, quelques moments d’action qui font leur petit effet, mais surtout un concept aussi simple que plaisant. On se prend rapidement et facilement au jeu. Entre ami.e.s le temps d’une soirée pizza et d’un visionnage dans le salon, ça fera certainement le café comme dirait l’autre. On aurait aimé qu’il fasse plus, qu’il marque et procure plus de plaisir, mais il restera qu’un petit plaisir entaché par plein de zones qui resteront dans l’ombre. Vous ne me sortirez pas de la tête que le tant décrié [Rec] 4 : Apocalypse était nettement plus plaisant et visuellement beaucoup plus soigné et intéressant.


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *