Voir le Jour, hymne à ces femmes qui donnent la vie


Synopsis : « Jeanne travaille comme auxiliaire dans une maternité de Marseille. Nuit et jour, Jeanne et ses collègues se battent pour défendre les mères et leurs bébés face au manque d’effectif et à la pression permanente de leur direction. Jeanne vit avec Zoé, sa fille de 18 ans, qu’elle élève seule. Lorsqu’un drame survient à la maternité et que Zoé part étudier à Paris, le passé secret de Jeanne resurgit soudain et la pousse à affirmer ses choix de vie. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

C’est le portrait d’une auxiliaire dans une maternité, celui d’une femme en blanc qui soulage, accompagne, apaise et rassure. Après le confinement, Voir le jour de Marion Laine rend hommage aux femmes et aux hommes du service hospitalier via un service de maternité où donner la vie est la plus belle chose qui soit.

Par le parcours de Jeanne dans l’hôpital, on rencontre ses collègues qui se battent au quotidien pour lutter contre le manque de moyen. Des collègues fortes mais donc les cicatrices sont réelles. Toujours sous tension, elles offrent pourtant leur sourire continu pour soulager les âmes. Sur une trame classique, l’histoire inspirée du roman Chambre 2 de Julie Bonnie, est le récit lumineux d’une femme en pleine reconstruction pour arriver enfin à l’épanouissement. Car Jeanne cache un secret : son passé qu’elle a enterré sous le travail continu et les accouchements auxquels elle a assistés.

En suivant la parcours d’une auxiliaire de santé parmi ces femmes à la vocation chevillée au corps, Marion Laine nous perd parfois. Si Sandrine Bonnaire, lumineuse et investie, est notre phare, la réalisatrice aurait pu aussi s’attarder davantage sur les autres infirmières, sages-femmes ou encore cheffes de service, dépeintes trop rapidement. Et si nous apprenons un pan de leur passé respectif, cela reste en surface. C’est bien dommage car chacune a une part de son histoire à nous livrer pour mieux nous bouleverser. On retrouve Aure Attika en cheffe des infirmières épuisée. Ou encore Brigitte Roüan en sage-femme parfois sur la corde raide et la révélation de Shéhérazade, Kenza Fortas, en jeune stagiaire dont la vocation va naître et même Nadège Beausson-Diagne en cheffe de service tiraillée entre ses collègues et son supérieur…

Le film Voir le jour permet d’assister à la renaissance, dans la douleur, de ces femmes qui se battent au quotidien… En une heure et demie, la réalisatrice et Laura Piani, sa coscénariste, essayent de brosser différents portraits qui nous ramène toujours à Sandrine Bonnaire dont la lumière irradie chaque instant. Lorsqu’elle s’enferme chez elle, son appartement, en clair-obscur, apparaît comme un lieu de transition entre les deux états de cette mère de famille. D’un côté, sa fille va bientôt la quitter et de l’autre, le passé revient et reflue à la surface telle une méduse tentant de surnager. L’eau est sans cesse présente : elle est l’élément dans lequel se développe un bébé, celui dans lequel évolue la fille de Jeanne et celui vers lequel notre auxiliaire se rapproche toujours.

Marion Laine mélange les époques au point parfois de perdre le spectateur entre rêve et réalité. La vie de Jeanne est-elle une pure invention ou est-on dans une réalité telle qu’elle ne sait plus quelle direction donner à son existence ? Mais le défaut de ces allers-retours et de ces révélations sur la passé/passif de ces femmes qui donnent la vie, permet pourtant d’entrevoir un projet plus grand… on se prend en sortant de la salle à espérer découvrir prochainement décliné sur le petit écran le destin de ces femmes en blanc. À l’instar de la série H24 qui souffrait de lenteurs et d’un scénario à la limite du contestable, Voir le jour mériterait un tel passage pour mieux creuser les personnages et ainsi poursuivre l’attachement du spectateur avec ces femmes en blanc.

Car là est sans doute la plus grande frustration du film : c’est quand on s’est attaché à ces blouses blanches combatives, prêtes à demander plus pour que l’hôpital vive en nous offrant un chant collectif, que finalement il nous faut les quitter. Et ainsi les laisser mener seules cette nouvelle lutte qui n’est pas celle du spectateur. Ironie du sort, dans cette période d’après-confinement, le combat des personnels de santé est devenu une cause unanimement entendue et défendue. Et le film aurait gagné en force en se faisant l’écho de ce changement récent.


« En une heure et demie, la réalisatrice et Laura Piani (sa coscénariste), essayent de brosser différents portraits qui nous ramène toujours à Sandrine Bonnaire dont la lumière irradie chaque instant. »

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