Pour Vivre Ici réalisé par Bernard Émond [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Monique vient de perdre son mari. Désemparée, elle occupe ses journées à errer dans les rues enneigées de Baie-Comeau. Un jour, la soixantenaire décide de rendre visite à ses deux enfants qui habitent Montréal. Ces derniers sont trop accaparés par leur existence et ils finissent par la délaisser. Au moins, elle peut toujours converser avec Sylvie, son ancienne belle-fille, qui est dotée d’une écoute appréciable. Désirant renouer avec son passé, Monique continue son périple jusqu’à une petite ville de l’Ontario où elle a passé son enfance. Mais presque tout a disparu.  »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Si la France est un pays où il fait bon vivre pour tout amateur de festivals de cinéma, mais également de festivals où sont mis à l’honneur la culture sous toutes ses formes, le Canada et plus particulièrement la ville de Montréal, n’est pas en reste. Toute l’année s’enchaînent festival après festival permettant de découvrir de nouvelles disciplines, de nouveaux artistes, de nouveaux auteurs et de nouvelles œuvres d’origines diversifiées. Après le Festival du Nouveau Cinéma, puis Cinémania et les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal, place au Rendez-vous Québec Cinéma. Festival qui met à l’honneur le cinéma québécois au travers de rencontres, mais également de projections de longs et courts métrages, de fiction comme documentaires, et de films parus en 2017 ou projetés en première. Si nous ne couvrons pas le festival en tant que média à part entière, nous avons tout de même pu nous rendre à la Cérémonie d’Ouverture et assister à la projection du nouveau long-métrage réalisé par Bernard Émond.

Pointure du cinéma québécois, Bernard Émond revient avec un nouveau long-métrage dans lequel il met pour la quatrième fois en scène la comédienne Élise Guilbault. Si nous ne sommes pas, encore, familier avec le cinéma québécois (une culture ne s’apprend pas en un jour ou en un mois !), cette cérémonie et le film au travers de son histoire, nous ont fait comprendre en quoi ces deux artistes possèdent un lien fort. Un lien fort, tant entre eux deux, qu’avec le cinéma québécois. Ils représentent quelque chose et représentent d’une certaine manière, sans trop généraliser non plus, le cinéma québécois. Pour Vivre Ici pourrait être un film testament de cinéaste, la dernière collaboration entre un réalisateur et sa muse. Une oeuvre cinématographique honnête, sincère, tendre et touchante envers cette actrice que le cinéaste dirige et filme dans ses longues escapades dans la nature. Le film Pour Vivre Ici compte l’histoire d’une femme veuve qui va chercher à retrouver goût à la vie et à la découverte en allant de rencontre en rencontre. Pour Vivre Ici est un film aussi contemplatif que dépressif. Un film où les dialogues sont peu nombreux et où la protagoniste va de lieu en lieu, de foyer en foyer à la recherche d’éléments ou de personnes qui pourraient lui procurer ce bien être recherché.

C’est beau, c’est tendre, mais qu’est-ce que c’est long. Afin de faire comprendre et d’imprégner l’oeuvre du vide et de l’impasse dans laquelle se trouve la protagoniste, le film prend son temps. Les plans sont longs, les séquences s’éternisent et les silences deviennent embarrassants. Dès les premières minutes, le ton est donné. Le spectateur sait de quoi il en retourne et sait de quoi vont être composé les prochaines 90 minutes. Elles vont être belles, ponctuées de beaux moments, mais elles vont avant tout être extrêmement longues et assommantes. Le scénario ne cherche pas à se renouveler, se contentant de suivre son personnage. Une lenteur et des longueurs qui vont avoir des conséquences directes sur l’état émotionnel d’un spectateur de moins en moins attentif et de moins en moins attaché émotionnellement. On se détache du personnage, jusqu’au moment où elle-même ne semble pas savoir si elle est heureuse ou non. Une léthargie pas inintéressante puisqu’en adéquation avec son personnage, mais quelques minutes auraient largement suffi. On retiendra néanmoins certains plans, certains sourires et des actrices sincères et attachantes (Élise Guilbault et Sophie Desmarais en tête), mais le format long aura eu le dernier mot de cette oeuvre qui au format court aurait pu être vraiment superbe.

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