Unfriended : Dark Web réalisé par Stephen Susco [Fantasia 2018 Film REVIEW]

Synopsis : « Un jeune homme trouve un ordinateur portable et, innocemment, le ramène chez lui. Dans les dossiers, il déniche d’inquiétants fichiers cachés qu’il s’empresse de montrer à ses amis sur Skype. Sans le vouloir, tous se retrouvent dans les tréfonds du Dark Web et découvrent rapidement que quelqu’un les observe et que cet inconnu est prêt à tout pour récupérer son portable et protéger ses secrets. »

Pour la première année nous sommes trois semaines durant (du 12 juillet au 02 août 2018) au Fantasia International Film Festival. Films du film de tous les genres, mais surtout du fantastique, de l’action et des films complètement décalés que vous ne verrez surement jamais en salles !
Toutes nos Critiques depuis le Festival Fantasia !

Sorti en avril 2015 en Amérique du Nord puis en juin de la même année en France, si Unfriended ne fut pas un raz-de-marrée, ce ne fût pas pour autant un flop monumental. 32 millions de dollars de recettes au box-office américain avec un total qui s’élève à 64 millions de dollars de recette au box-office mondial pour un budget de seulement un million de dollars, non Unfriended n’était à sa sortie, pas un échec. Bien au contraire, si certains (dont nous faisions partie) avaient trouvé le concept du film intéressant sans pour autant acclamer les qualités de l’œuvre sur tous les toits, il en était sorti avec de beaux retours de la presse, ainsi que du public. Unfriended aura donc bel et bien marqué les esprits grâce à son concept fort intéressant et surtout dans la veine du temps. Pour se faire, la société de production Blumhouse qui a toujours de la suite dans les idées souhaite développer la licence Unfriended afin d’en faire une anthologie comme a pu nous le dire son producteur Ryan Turek. Développer des épisodes dont les histoires n’ont rien en commun, mais qui reposent sur un même concept : la communication en temps réel via les applications et logiciels le permettant. Ici en l’occurrence : Skype, mais pas uniquement. Présenté en première mondiale au SXSW Film Festival de Austin alors qu’il n’avait même pas été officiellement dévoilé, on a eu la chance de découvrir la version finale du film (la version présentée à Austin était une version test dont certains éléments sur lesquels nous allons revenir ont été modifiés) quelques jours avant sa sortie dans les salles américaines.

La question qu’il nous faut nous poser est la suivante : Unfriended : Dark Web a-t-il suffisamment de souffle et présente-t-il un intérêt suffisant afin de donner du crédit à ce qui devrait devenir une anthologie ? Si le premier épisode nous avait moyennement convaincu à cause de dialogues médiocres, d’un jeu d’acteur rarement juste, ainsi que de situations absurdes et prévisibles réduisant à néant tout effet de peur recherché, Unfriended : Dark Web nous a clairement mis mal à l’aise. Contrairement à son prédécesseur, Unfriended : Dark Web ne se revendique pas comme un film d’horreur et ne cherche aucunement à l’être. À l’image des diverses productions Blumhouse que l’on peut voir chaque mois ou presque dans les salles, Unfriended : Dark Web lorgne généreusement vers le thriller plus que le film d’épouvante. La saison des jump-scares et des effets de mise en scène ridicules qui cherchent à faire sursauter est officiellement finie ! Scénaristes, metteurs en scène et producteurs ont compris qu’il fallait passer à autre chose et le déclic pourrait très bien avoir été une série intitulée : Black Mirror. Faire peur en parlant de la réalité. Donner froid dans le dos du spectateur en lui présentant des situations terrifiantes, mais qui pourraient être inspirées d’histoires vraies. La mise à l’ombre du fantastique et de la fantasmagorie pour mettre en avant la réalité, aussi terrifiante quelle qu’elle soit, et ce, même s’il faut toujours romancer les faits pour créer une histoire adaptée au format du long-métrage. Adieu le surnaturel et place à la cyber criminalité avec un scénario qui va plonger le spectateur au cœur du Dark Web et de la monstruosité animale et sans limites dont peut faire preuve un être humain qui s’ennuie, inconscient et qui veut s’amuser.

Après une longue phase de contextualisation où l’on voit le protagoniste parler avec sa petite amie (via le site Facebook), puis introduire son groupe d’ami (via le logiciel Skype), les hostilités vont se lancer pour ne plus jamais s’arrêter jusqu’au plan final. Un récit linéaire et consensuel, basé sur une structure narrative classique, mais nécessaire afin d’introduire chacun des personnages (même si leurs traits de caractère ne sont pas exceptionnels ou marquants), créer une dynamique de groupe et surtout démontrer que l’une des volontés du film est de parler de la communication. Communication difficile au sein du couple du protagoniste (sa petite amie étant malentendante il fait tout pour qu’ils réussissent à être heureux malgré tout) et surtout les différentes manières dont les cinq ami.s vont pouvoir, ou non, communiquer durant les évènements. Unfriended : Dark Web traite frontalement de la cyber criminalité et plus principalement du Dark Web. Armes, drogues, contrats d’assassinats, engagements en tous genres… vous trouvez tout sur le Dark Web. Notamment des jeunes hackeurs, extrêmement doués capable de contrôler votre ordinateur, pirater vos données, vos webcams/micros, et ce, que vos appareils électroniques soient éteints ou allumés.

S’il reste logique dans le déroulé de ses actions (il reste un Slasher Movie), Unfriended : Dark Web fonctionne, captive et surprend à chaque instant grâce à l’imprévisibilité de la façon dont les personnages vont être attaqués. Les personnages ne sont pas suffisamment forts ou marquants pour que le spectateur puisse s’y attacher, mais on en vient à se demander en permanence jusqu’où cela va-t-il aller et de quoi sont-ils réellement capables ? Ce qui est montré est fort et fait froid dans le dos, tant on sait que la réalité est bien pire et que des évènements comme ce que vous pouvez voir dans le film ont déjà eu lieux. Limité par son concept, Unfriended : Dark Web souffre d’une mise en scène limitée ou encore d’une réalisation des plus sommaires, ce qui est fondamentalement un bien pour un mal. Cinématographiquement, il en subsiste un exercice de style intéressant, bien plus intéressant que l’était son ainé grâce à une dynamique accentuée. Le montage est bien plus rapide et les actions s’enchaînent de manière à ce que la tension ne fasse qu’accroitre et ne faiblisse jamais. Plus l’histoire progresse plus il y a de fenêtres à l’écran, plus il y a de personnages qui parlent et/ou agissent en même temps et plus il y a de bruits. Le sound design est ici important et joliment soigné afin de brusquer le spectateur. Plus on avance dans le film plus les bruits de fenêtres qui s’ouvrent sont lourds et forts, oppressant un spectateur sous pression tel le protagoniste du film qui ne sait comment agir et en vient à commettre des actes bêtes. Mais encore une fois, ici, c’est le naturel et le réalisme des situations qui est recherché. Qui sait ce que l’on ferait à sa place. Les choix effectués sont humains et la pression de l’action fait que le raisonnement nous en devient compréhensible.

On y allait sans convictions, happés par l’effet festival quitte à voir un film peu mémorable à l’image du premier opus, voire même pire. Agréable surprise que de se surprendre à rire à certains moments, mais avant tout à frémir et à avoir froid dans le dos face à une situation constituée d’actes horribles et terrifiants, car hautement réalistes. Simplement intéressant, mais vite redondant et lassant dans le premier film, Unfriended : Dark Web exploite parfaitement le concept de la communication en temps réelle via logiciel et l’adapte ici au média qu’est le cinéma. Un film donc bien plus cinématographique grâce à un beau travail de montage, ainsi qu’à un sound design qui n’est pas uniquement constitué de bruitages diégétiques. Plus de logiciels et d’applications utilisés par les personnages, plus de recherches via internet, plus de fenêtres qui s’ouvrent sur l’écran pour faire avancer l’histoire… tout a pu être accru grâce à une histoire pleinement liée au concept formel, qui n’est pas simplement là pour illustrer l’histoire et donner au film un aspect “original” et “fun”. Unfriended : Dark Web, un thriller haletant qui va vous rendre paranoïaques face à vos appareils électroniques si vous ne l’êtes pas déjà !


« Un thriller haletant qui va vous rendre paranoïaques face à vos appareils électroniques si vous ne l’êtes pas déjà ! »






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