Une belle équipe, le football féminin est l’avenir de l’homme


Synopsis : « Après une bagarre, toute l’équipe de foot de Clourrières est suspendue jusqu’à la fin de la saison. Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach décide de former une équipe composée exclusivement de femmes pour finir le championnat. Cette situation va complètement bouleverser le quotidien des familles et changer les codes bien établis de la petite communauté… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

En quatre films, Mohamed Hamidi trace un sillon celui de la comédie sociale qui touche toujours en plein cœur. Après La vache et Jusqu’ici tout va bien, il raconte le destin d’une équipe de football féminine prête à tout pour gagner le point du maintien nécessaire à la place de l’équipe masculine car les hommes n’ont pas réussi à contrôler leurs nerfs et ont vu leur équipe dissoute.

Le point de départ est connu : les femmes remplacent les hommes avec cette originalité de créer une équipe de football avec toutes les conséquences sur le quotidien des familles. De là, des moments de répartition des tâches s’opèrent avec une vision sans doute schématique de papas débordés par les enfants. Autre originalité, cette nouvelle équipe de football va rencontrer des équipes uniquement masculines. On peut alors se poser la question de savoir comment ces adversaires vont réagir. Accepteront-ils de jouer contre cette équipe particulière ? Seront-ils combatifs face à ces footballeuses ? Attention “spoiler alert” : oui !

Même si le film de Mohamed Hamidi intervient après la Coupe de monde de football féminin organisée en France en 2019, sa Belle équipe réussit le pari de faire de ces joueuses des adversaires comme les autres. La barrière des sexes disparaît dès le premier match pour montrer uniquement sur le terrain des joueuses et des joueurs prêts à en découdre, à donner le meilleur d’eux-mêmes. Mais pour arriver à ce premier match, il va falloir s’entraîner et lever tous les obstacles pour réussir le pari du maintien avant de sombrer dans les divisions les plus obscures du football.

Sans aucun temps mort, la comédie aligne une galerie de personnages étonnantes. L’épouse coincée décide de jouer dans l’équipe en dépit des avertissements de son mari : Laure Calamy l’interprète avec une telle jubilation qu’elle crée un personnage inattendu loin des poncifs de la femme soumise. La jeune espoir du football reprise de justice présente pour faire gagner l’équipe : Sabrina Ouazani impose sa force et aussi ses failles dans le rôle d’une meneuse d’équipe inattendue et prête à tout car c’est l’amour du jeu qui la motive et non uniquement son envie de se libérer.

Chaque personnage semble stéréotypés à l’extrême pour réussir à créer des personnages attachants et totalement hilarants. C’est l’autre point fort du quatrième film de Mohamed Hamidi : un humour permanent et continu. Et quand le spectateur ne rit pas, c’est juste parce que l’histoire passe en mode attaque (les matchs de football) ou sur la défensive (les moments d’émotion où chaque personnage joue sa partition).

Si Kad Merad en entraîneur dépassé puis investi et Alban Ivanov en pierrot lunaire s’en sortent bien, le casting féminin fait surtout le travail. Au point de ne plus avoir face à soi des actrices mais bien des footballeuses avec leur envie de réussir et leur fêlure. À leur tête, Céline Sallette dans un rôle comique et de meneuse. En jouant cette mère au foyer investie, elle replace aussi son mari (joué par le dépassé Guillaume Gouix) face à ses responsabilités de père et les tâches qu’il faut assumer au quotidien pour mener à bien le train-train quotidien. Au passage, Mohamed Hamidi en profite pour montrer que le chemin est encore long pour amener l’égalité dans le couple. La scène de la rencontre entre le couple Gouix-Sallette et la directrice d’école est la preuve écrasante d’un constat du siècle dernier : “papa travaille et maman s’occupe des enfants”, c’est comme ça et puis c’est tout. Cette triste réalité bien présente est dénoncée par le réalisateur.

En plaçant son histoire dans un petit village du Nord, Mohamed Hamidi évite le schéma d’une population désœuvrée pour proposer avec une justesse touchante une tranche de vie universelle : le soutien d’une population à son équipe. Le réalisateur rend hommage à cet amour inconditionnel du football qu’éprouvent les supporters lensois avec ce côté bon enfant en encourageant les joueurs jusqu’au bout des ongles.

Comme dans ses précédents longs, Mohamed Hamidi réussit le subtil équilibre entre humour et une juste dose de tension dramatique pour toujours relancer l’intrigue. Sans jamais forcer le trait, le scénario oscille entre moment épique, humour et tendresse au point même que parfois les larmes montent aux yeux. Alors certes, on se doute de la fin mais on tremble et on s’enthousiasme pour ces joueuses admirables et investies dans l’espoir d’amener la réussite pour leur équipe, leur village et au final tous les amateurs de football avec un bel hommage au fameux match de l’équipe de France contre la RFA en 1982.


« Sans jamais forcer le trait, le scénario oscille entre moment épique, humour et tendresse au point même que parfois les larmes montent aux yeux. »


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *