Uncle Drew réalisé par Charles Stone III [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis :  « Une équipe constituée des meilleurs joueurs de basket se réunit à la Cour Rucker de Harlem. »

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

En 2012, la marque Pepsi se rendait dans la ville de Bloomfield prétendant filmer un documentaire sur un joueur de basket. Ce joueur de basket dénommé Kevin n’était autre qu’un acteur (joueur de basketball avant tout) dont le but était de faire entrer sur le terrain son soi-disant oncle : Uncle Drew ! Imaginez : cheveux blancs sur la tête, des problèmes pour se déplacer, mais des baskets aux pieds. Si Uncle Drew est au départ dépassé par les autres joueurs, il va petit à petit jouer avec eux. Enchaîner les réparties, les dribbles et les dunks. Plus de 52 millions de vues pour cette vidéo promotionnelle signée Pepsi Max avec dans le rôle de Uncle Drew celui qui est aujourd’hui meneur des Celtics de Boston : Kyrie Irving. Ce qui était au départ qu’un petit spot promotionnel décalé et assez drôle il faut l’avouer, est rapidement devenu un phénomène et son personnage principal un véritable personnage de fiction. Interviewé par des journalistes (le tout toujours pour le compte de Pepsi parce que tout est bon pour faire de la bonne publicité) et enchaînant les surprises sur les terrains underground. Six ans plus tard, voilà que Uncle Drew débarque sur nos écrans de cinéma ou plus particulièrement sur les écrans de cinéma américains et Nord-Américains. Ne vous attendez pas à voir le film en France au cinéma, si un distributeur le fait il sera montré du doigt et traité de fou, car le film n’a absolument rien pour être ne serait-ce que l’ombre d’un succès en France.

« Si le très jeune public américain amateur de la NBA aimera voir ses idoles s’amuser sur grand écran, les autres ne sauront quoi penser de ce spectacle… »

Uncle Drew s’est avant tout un phénomène outre-Atlantique lié de manière extrêmement proche à la NBA. La NBA et le basketball plus particulièrement n’étant pas le sport le plus pratiqué et surtout regardé en France notamment à cause du décalage horaire. Au-delà de ça, c’est un film de marque. Tout comme l’origine du personnage, Uncle Drew est un film Pepsi, une marque existante en France, mais qui n’est pas aussi remarquée, consommée et présente qu’en Amérique, et ce, pour diverses raisons. Et il ne faut pas se leurrer non plus, si Uncle Drew n’est pas destiné à sortir dans les salles françaises c’est également parce qu’il n’est pas bon. Le film Uncle Drew est l’exemple même de la bonne idée de caméra cachée qui fonctionne sur un format court, mais dont une société de production souhaite exploiter le filon jusqu’à son paroxysme afin de tenter de faire facilement quelques bénéfices. Ou au contraire ne pas rentrer dans les fonds (vu le nombre de marques sur le projet difficile de croire à une véritable perte d’argent) si le public ne répond pas présent.

Si l’histoire est peu emballante sur le papier, pour ne pas dire pas du tout puisque déjà exploitée et éculée depuis des dizaines d’années maintenant, celle-ci n’est que prétexte à enchaîner les situations. Avec un tel résumé, on veut rire et voir du beau jeu comme qui dirait.Malheureusement, le résultat s’avère extrêmement irrégulier et médiocre à cause d’un élément essentiel qu’est : l’image. Uncle Drew est un long-métrage de fiction filmé comme une sitcom. Des cadres pas recherchés qui se contentent de filmer l’action (scènes filmées avec plusieurs caméras pour aller plus vite et avoir directement les angles de back-up), cette impression étonnante d’avoir tout un film réalisé avec une seule et même focale fixe (abolition des perspectives, des jeux avec le picking…) des acteur.rice.s sur-éclairés en permanence et une direction d’acteur.rice.s qui lorgne méchamment vers le surjeu. Un dernier point pas dérangeant si le film va suffisamment loin dans l’absurde et le burlesque afin de faire rire aux éclats. Ce qu’il ne fait pas, restant toujours dans le bien pensant et le simplement drôle afin de ne pas choquer et toucher le public le plus large possible. Une jolie catastrophe sur le plan cinématographique qui en excitera plus d’un et prouvera à certains que faire un bon film, et ce, notamment techniquement parlant, ce n’est pas si simple. Dommage de ne pas avoir conserver l’aspect faux documentaire qui aurait offert une esthétique et une identité plus singulière au film.

Néanmoins, Uncle Drew n’est pas une abomination pour autant, ce n’est simplement pas un film fait pour un public de cinéphiles. Ce long-métrage pourrait entrer pour certains dans la case plaisir coupable. Uncle Drew est une comédie populaire faite pour les très jeunes, pour les adolescents amateurs de basketball qui veulent aller au cinéma avec leurs amis et les amateurs de basketball de tout âge. Vous connaissez ces comédies américaines qui ne se prennent pas la tête, qui cherchent avant tout faire rire un public bien ciblé et qui diffusent un bêtisier pendant que le générique défile ? Uncle Drew en est l’une d’elles. Les amateurs de la NBA prendront plaisir à voir cabotiner et s’amuser des joueurs de renom tels que Chris Webber, Reggie Miller, Nate Robinson, Kyrie Irving ou encore Shaquille O’Neal. On soulignera le travail de maquillage vraiment bon. Ces derniers s’amusent et offrent aux spectateurs de très beaux moments lors des matchs. Dribbles, shoots et dunks spectaculaires sont de la partie, filmés telle une publicité Pepsi. Ne manque que les ralentis, la saturation de couleurs et du flou pour que les moments deviennent des publicités. Les amateurs qui ne font pas attention à la technique, à l’écriture… ne verront que des pillés de la NBA s’amuser sur un grand écran. En prouvent les nombreux « Ohhhhh Damned ! » (qui mettent l’ambiance et nous ont permis de passer une bonne soirée tout de même) que l’on a entendu lors de la projection en avant-première du film. Alors oui, Uncle Drew est une catastrophe cinématographique qui a largement plus sa place sur internet ou à la télévision que sur un grand écran, mais il y a un public pour ça. Un public qui n’est pas européen ou français, mais bel et bien américain et nord-américain.


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