Un beau voyou réalisé par Lucas Bernard [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Le commissaire Beffrois attend la retraite avec un enthousiasme mitigé quand un vol de tableau retient son attention. Est-ce l’élégance du procédé ? L’audace du délit ? La beauté de l’œuvre volée ? Beffrois se lance à la recherche d’un voleur atypique, véritable courant d’air, acrobate à ses heures. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Un beau voyou est le premier film de Lucas Bernard. Il embarque avec lui Swann Arlaud, Charles Berling et Jennifer Decker. Malgré quelques maladresses, ce premier film est le bel ouvrage d’un artisan. Il cisèle une histoire de cambriolage simple et terriblement attachante. Simple dans sa construction, le réalisateur nous propose un jeu du chat et de la souris entre un flic à la retraite (subtil Charles Berling) et un cambrioleur d’oeuvres d’art sensible et particulier (discret Swann Arlaud). Et au milieu, une jeune restauratrice de tableaux à poigne (active Jennifer Decker).

L’intrigue basique s’enrichit de petites histoires sur les personnages gravitant autour du duo principal. En filigrane, elles révèlent le passé du commissaire et du voleur. On comprend mieux les raisons qui les poussent tous les deux à aller jusqu’au bout de leurs actions. Ces petites saynètes pourraient parasiter l’histoire et par moment elles ralentissent le rythme, ce sont là les faiblesses et maladresses du premier film. D’autant que ces personnages secondaires n’ont pas de réel prénoms, ils sont “le père de”, “la mère de”, “le fils de”… mais pourtant ils sont nécessaires pour bien saisir pourquoi le commissaire s’attache finalement au petit voyou.

C’est par hasard que Charles Berling va se plonger dans le cambriolage d’un tableau de valeur moyenne chez un notable parisien. Et ses recherches l’amènent à découvrir que ce vol n’est pas unique. Cet élément le décide à mener une enquête qui pourrait bien être son dernier grand coup avant le départ à la retraite.

Face à lui, il rencontrera un cambrioleur volant qui passe par les toits et dérobe uniquement des tableaux pour l’amour de l’art et du geste bien fait. Pas de coups de feu, de crimes… mais quelques petites arnaques. Pourtant, dans cette histoire, ce n’est pas la quête de l’identité du voleur la plus importante mais bien la galerie de personnages créés par le réalisateur. La jeune restauratrice d’oeuvres d’art, son père, la famille du petit voyou, les fils du commissaire. Cette galerie permet de mieux comprendre la traque comme un moyen de créer une nouvelle famille.

Entre le commissaire et Bertrand (mais est-ce bien Bertrand le prénom du voleur ?), on remarque une même envie : celle de briller. Le premier pourra partir à la retraite la tête haute alors que le second tentera tout pour s’évader. Car là est le petit côté amusant de l’histoire : le beau voyou sera arrêté et pris en flagrant délit. Mais d’usurpation d’identité en balivernes auprès de l’avocat, Bertrand sera capable de s’évader.

Si le jeu du chat et de la souris reprend la dynamique d’Attrape-moi si tu peux de Spielberg, ici, le chat sait parfaitement comment capturer sa proie. Et surtout, Lucas Bernard fait appel à un duo qui prend plaisir à se pourchasser. Dans ce film, pas d’admiration entre les deux hommes mais l’envie d’avoir l’ascendant sur l’autre comme une lutte entre deux générations. Le plus expérimenté tient à prouver ce dont il est encore capable quand le plus jeune souhaite poursuivre ses menus larcins.

Si Berling apporte toute sa folie et sa droiture, Arlaud reste calme, impassible et mutique dans son rôle d’escaladeur de haut vol. Le scénario est fluide, l’histoire se déroule avec ce qu’il faut de suspense et de légers rebondissements pour nous permettre de nous concentrer sur la psychologie des personnages. Et même si ces détours ralentissent par moment le rythme, Lucas Bernard crée une boucle complète. On entre dans l’histoire par un cambriolage chez le commissaire Beffrois. On ressort de l’intrigue par une porte que le commissaire ouvre sur un extérieur apaisé.

Léger, doux comme une bulle de savon, Un beau voyou est une comédie policière agréable à tel point que l’on aimerait retrouver prochainement ce duo car d’autres histoires sont à conter. Un passé à découvrir tel l’adolescence du cambrioleur et surtout la nouvelle vie du commissaire à la retraite parti sur un coup d’éclat loin d’être celui attendu.


« Dans ce film, pas d’admiration entre les deux hommes mais l’envie d’avoir l’ascendant sur l’autre comme une lutte entre deux générations.. »


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