Un Beau Soleil Intérieur réalisé par Claire Denis [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Le synopsis du film Un Beau Soleil Intérieur est on ne peut plus explicite : “c’est l’histoire d’une femme qui cherche l’amour ou plutôt l’homme avec qui elle va pouvoir être heureuse, amoureuse”. On suit le parcours d’une dépressive de l’amour, d’une femme qui s’oublie pour essayer d’être heureuse. Elle en accepte même les humiliations de l’autre (ignoble et superbe Xavier Beauvois). Elle s’oublie aussi dans ses rencontres, même celles hors de son milieu. Mais elle ne peut s’empêcher de l’écouter, au point sans doute de se priver d’un bel amour. Elle reste aussi dans la recherche de l’autre, d’être à tout prix celle qui saura être l’amante et être réconfortée. Une femme qui ne peut s’exprimer autrement que par les larmes ou le déni. Une femme qui n’est pas heureuse, mais qui ne semble malheureuse… elle est dans cet entre-deux. Mais pourquoi ? Comment peut-elle s’en sortir ? Et qui pourrait l’aider ?

Et si cette rencontre d’un soir devenait une belle histoire ?

Présenté sous cette forme, le scénario ne fait pas envie. Suivre une dépressive en ses temps troublés peut rebuter, mais… voilà qu’apparaît Juliette Binoche. Elle est l’affiche, elle est cette femme, mais surtout elle se livre tel que pour la seconde fois de sa carrière, on peut se demander où est la limite entre la femme qu’elle interprète et l’actrice qu’elle est : la femme Binoche (on avait déjà pu faire cette expérience avec Copie Conforme d’Abbas Kiarostami). Malmenée dès la scène d’ouverture, l’actrice s’abandonne et en même temps offre le portrait d’une femme d’aujourd’hui perdue dans ce monde d’hommes qui semblent perdus également. D’incompréhension en maltraitance morale, Claire Denis film au plus près en instillant une langueur réelle au récit. Une langueur dans les portraits, dans les échanges, dans les incompréhensions, dans les dialogues de sourds qui s’opèrent.

La réalisatrice propose également le portrait d’un petit milieu qui semble à des lieues du quotidien des simples Français : celui des artistes. Un entre soi où on ne s’ouvre pas, où on ne peut se comprendre, car on ne s’écoute pas. De nouvelles incompréhensions qui amèneront Juliette Binoche à chercher son chemin ailleurs que dans l’amour : la voyance. Et en ce sens, Gérard Depardieu occupe une place particulière. Il est le révélateur final de ce Beau Soleil Intérieur que doit trouver Juliette Binoche. Mais il sent également les faiblesses du corps et du cœur de l’actrice au point de devenir trouble dans ses conseils. Porté par des images léchées, magnifiées par des choix de couleur, on a par moment l’impression d’avoir des tableaux, des toiles de maître, le film est pourtant ennuyeux. Si au départ, on s’accroche au personnage d’Isabelle, on s’en éloigne très vite, car elle ne veut pas tenter de s’en sortir. On la suit dans ses déambulations pour tenter de l’accompagner un peu, mais au loin… très loin malheureusement pour rester avec elle. Malgré une musique magique et des images jolies, le scénario coécrit avec Christine Angot ne suffit pas pour s’accrocher.

En résumé, Un Beau Soleil Intérieur se regarde pour le simple plaisir de retrouver Juliette Binoche. Mais ses errances et atermoiements amoureux finissent par provoquer la lassitude du spectateur. Même si l’on peut souligner le risque de changement de registre auquel procède Claire Denis dans sa façon de raconter l’autre au cinéma.

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