Trolls World Tour, la dose d’hyperactivité pour vos enfants confinés

Synopsis : « Poppy découvre qu’il existe six tribus de Trolls réparties en six territoires différents, chacun associé à un style de musique : Funk, Country, Techno, Classique, Pop et Rock. La reine hard rock Barb veut détruire tous les autres types de musiques pour laisser le rock régner seul en maître sur le monde. Poppy, Branch et leurs amis tâcheront d’empêcher la terrible Barb d’arriver à ses fins. Ils visiteront les autres clans Trolls afin de les convaincre qu’il est préférable de s’unir contre celle qui souhaite la domination sans compromis. Arriveront-ils à temps? »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Si le film n’a pas engrangé un large succès d’estime auprès du grand public et de certains spectateurs à sa sortie, Trolls fût en 2016 bien loin d’un flop annoncé. Du haut de ses près de 350 millions de dollars de recettes à l’international, dont 18 millions en France troisième derrière le Royaume-Unis et les États-Unis, Trolls fût un beau succès pour le studio Dreamworks, ainsi que son réalisateur Walt Dohrn. Il n’en fallait pas plus pour que ces derniers se lancent dans le développement d’une suite, ainsi que de programmes courts destinés à faire perdurer la marque. Puisque oui, tel que Dragons, Toy Story et autres licences d’animations, Trolls est devenu une marque, avec ses personnages récurant et son lot de nouveaux personnages secondaires qui viennent enrichir l’univers lors de la sortie de chaque nouveau long-métrage. Néanmoins, le cas d’une franchise comme Trolls n’est pas du tout le même que celui d’une franchise comme Toy Story ou Dragons pour continuer avec celles-ci.

Ne nous voilons pas la face. Trolls World Tour n’était en rien une sortie attendue de notre part. De son récit enfantin à ses reprises musicales pop en passant par ses personnages au design particulier dirons-nous, rien ne nous engageait sur le chemin du visionnement. Néanmoins, confinement oblige, la sortie d’une nouveauté en vidéo à la demande (en Amérique du Nord) attise forcément notre cinéphilie en manque de sortie. La curiosité est un bien vilain défaut qui nous permet de remettre notre objectivité en place. Puisque oui, Trolls World Tour est un film insupportable. Si son ouverture avec un remix douteux de One More Time des Daft Punk ou n’importe quelle reprise de morceau musical ne vous à pas fait saigner des oreilles, l’overdose de bienveillance et de joie vivre des protagonistes se chargeront de vous achever. Sans parler de son histoire particulièrement peu enivrante à cause de sa linéarité et de la prévisibilité de chacune des situations. Une explosion de paillette et de joie de vivre dans la face du spectateur. Insupportable pour un spectateur qui a plus de 12 ans… quelqu’un qui n’est donc pas le cœur de cible. Contrairement aux autres franchises citées plus haut, Trolls et par déduction logique Trolls World Tour, visent un public extrêmement jeune : entre 3 et 9 ans.

Une explosion de couleur, des musiques rythmées, un univers avec des palettes entières de types de trolls différents, des personnages exubérants et haut en couleur dont les mots d’ordres sont « être drôle » et « être mignon », ainsi qu’un humour grand-guignolesque dont l’absurdité est marquée par une exagération des réactions et des mimiques enfantines. Trolls World Tour reprend sans se méprendre les codes du spectacle de guignol, mais avec une narration cinématographique et en dressant le parallèle entre le personnage principal (Poppy) et le jeune spectateur. Dès le début, le spectateur est mis dans la confidence qu’il existe d’autres territoires de Trolls qui forment l’univers de Trolls. Si Trolls était déjà un film musical dont la musique était vecteur d’émotion et de bonne humeur communicative, Trolls World Tour embrasse cet attrait musical afin de développer son univers autour de celui de la musique. Développer une histoire sur l’acceptation (de l’autre et pourquoi être différent est quelque chose de positif) par le prisme de la musique et des conflits qui subsistent entre les différents genres musicaux et les goûts de chaque individu. Devoir s’accepter, accepter la musique de l’autre pour développer quelque un univers plus riche. Une morale développée avec facilité, simplicité et bienveillance. Ce qui touchera aucunement le grand public, mais à le pouvoir d’apporter avec aisance aux tous petits, un propos universel et d’une importance capitale dans leur développement personnel.

Ce qu’il fait, il le fait bien. Facile d’accès, bienveillant et bien rythmé grâce à quelques moments d’action judicieusement placés. S’il a beau faire pleurer quelques larmes de sang à un public qui ne correspond pas au cœur de cible, difficile de reprocher à l’équipe artistique en charge du film de ne pas chercher à se distinguer de la masse. Dans la droite lignée de son prédécesseur, Trolls World Tour développe un univers texturé. Jouant sur les couleurs pour distinguer chaque univers (en sus de la musique), mais également sur les textures. Une direction artistique qui insiste davantage sur les différentes matières donnant aux décors des textures bien particulières et très intéressante. Cette impression de voir de petits personnages numériques qui évoluent dans un univers cotonneux, constitué de laine et de fils de lin. Si c’est un aspect malheureusement pas encore assez développé et pas du tout exploité par le récit, il permet aux animateurs de s’en donner à cœur joie et d’inculquer au film une identité qui lui est propre. Ça tend à rêver d’une suite où les personnages pourraient interagir directement avec les textures en question afin de donner vie à de nouvelles formes, à de nouveaux décors. Donner plus de place à cette direction artistique unique au cinéma (Sony et Nintendo sont déjà passés par là côté art vidéoludique) et représentatif de ce qu’est la licence Trolls.

Alors oui, le temps m’a paru long, mes oreilles ont saignées à plusieurs reprises malgré un bon travail de doublage et cette overdose de bienveillance m’a fait avoir des idées noires, mais je ne suis pas le cœur de cible. Tout en étant pas ce cœur de cible, il est difficile de ne pas dire qu’il est un film raté pour cette même cible. De son univers cotonneux coloré à ses reprises musicales rythmées en passant par son humour extravagant et sans oublier sa morale universelle apportée avec simplicité, Trolls World Tour a tout pour plaire aux plus jeunes (et même à d’autres). S’il ne vous intéresse pas, passez sans y prêter attention. Si vous êtes parent d’un tout jeune enfant, ce film risque bien de l’enchanter… et de vous rendre fou.

« Insupportable à tous les niveaux pour les plus âgés, mais qui vise avec justesse son public cible (3/9 ans). Un univers cotonneux dense et coloré, répertoire musical varié, quelques petits moments d’aventure et un beau propos universel sur l’acceptation. »


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