Trollhunters, plongée fantastique dans l’univers du cinéaste Guillermo del Toro

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Synopsis : “Plongez dans le nouvel univers du fabuleux conteur Guillermo del Toro, un monde fantastique où deux jeunes héros font une incroyable et terrifiante découverte.”

Article (1/2)

La sortie d’une nouvelle “Netflix Orginal Series” est de nos jours un évènement. Orange is the New Black, Daredevil, Narcos, Sense 8, The OA… la liste est longue et ne va cesser de s’allonger dans les années à venir. Alors, lorsque cette dernière est une création signée Guillermo del Toro, on se demande bien comment ne pas être excité à l’idée de la découvrir. Trollhunters est l’adaptation du roman illustré éponyme, écrit à quatre mains par Guillermo del Toro et Daniel Kraus. Le tout agrémenté d’illustrations réalisées par Sean Murray. Roman édité en juillet 2015 (mais soumis à une première maison d’édition en septembre 2010), mais malheureusement toujours pas traduit pour la France à ce jour. Fort heureusement pour nous autres français, une adaptation n’aura pas tardé à sortir. Et pas n’importe quel type d’adaptation : une série animée. Après avoir adapté sa première saga littéraire en série live-action (The Strain pour la chaîne américaine FX, ndlr), le cinéaste mexicain s’attaque à l’animation avec l’aide des studios Dreamworks Animation.

Un projet de longue date pour le cinéaste. Une collaboration logique avec un studio avec lequel l’entente est au beau fixe depuis quelques années maintenant. Après avoir aidé au développement de films tels que Le Chat Potté ou encore Megamind, Guillermo del Toro développa entre 2010 et 2011 le scénario d’un film d’animation basé sur son propre roman : Trollhunters. Projet qui se vu transformé à de multiples reprises avant de devenir une série animée dont l’exclusivité revint à la plate-forme de streaming légale Netflix. Une très bonne chose afin de donner à cette série une visibilité mondiale et simultanée. Pour le bien de cette adaptation en série animée, avant tout familiale, Guillermo del Toro a édulcoré quelques éléments et a ramené son action à notre époque (l’action du roman se déroule en 1964, ndlr). De très légers changements, parce que sous ses airs de série animée familiale, presque enfantine si on fi notre jugement essentiellement au design des personnages, Trollhunters est une série animée qui touchera petits et grands. Du très jeune amateur de dessins animés en tous genres et cinéphiles aguerris seront tous deux comblés par une série qui sait comment parler à tous.

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Trollhunters conte l’histoire du jeune Jim Lake qui va être choisi par une amulette et devenir : le chasseur de trolls. Épaulé par son ami Toby, ils vont tous deux faire la découverte d’un nouveau monde et faire face à un immense défi.  Rodrigo Blass, Marc Guggenheim et Guillermo del Toro signent une série, ou plus précisément, un scénario, pleinement ancrée dans la filmographie du cinéaste mexicain. Une filmographie qui fait la part belle à la monstruosité. Que ce soit dans les références (références savoureuses à son propre cinéma) ou dans les thématiques exploitées l’on est indiscutablement face à une œuvre de Guillermo del Toro. Faire du monstre un personnage tout aussi émouvant, touchant et attachant qu’un être humain. Le style graphique des studios Dreamworks ne permet pas aux trolls d’être effrayants uniquement par leur aspect visuel. Les traits des visages sont assez “grossiers”, l’expressivité des personnages est de ce fait limitée et certaines textures (décors et environnement) manquent clairement de détails pour donner de l’ampleur à ce monde (le monde des humains, ndlr). Cependant, Guillermo del Toro est un faiseur d’excellence. Un faiseur, un véritable cinéaste amoureux de l’image qui va réussir à donner du corps et une âme à des lieux assez plats (Del Toro semble être limité, peut-être par le moteur graphique de Dreamworks, il ne semble pas pouvoir céder à ses envies de gigantisme dans les décors et affrontements) par le biais de la direction artistique choisie. Les couleurs et la gestion de la lumière vont créer une ambiance, mais également exprimer et raconter ce que le moteur graphique ne permet pas de faire. Il en va de même pour les personnages, qui quant à eux, gagnent en force et en conviction, grâce à l’écriture et à la mise en scène. Au-delà du travail visuel réalisé, véritablement remarquable grâce à cette gestion de la lumière et une direction artistique inspirée, c’est grâce à son scénario que la série Trollhunters s’avère ne pas être qu’une “simple” série d’animation.

Plus qu’une simple série où s’enchaînent actions et épisodes liés par un fin fil rouge narratif, Trollhunters est un véritable film d’animation d’environ 9 heures (23 épisodes de 23 minutes chacun). Une même construction narrative pour chaque épisode, mais des épisodes liés un à un avec des actions et réactions qui vont avoir une incidence sur le récit et la quête des personnages. Une histoire caricaturale dans ses grandes lignes, mais aux thématiques universelles traitées avec douceur et élégance. L’amour, la persévérance, l’héroïsme, mais aussi le respect envers l’autre. Des thématiques qui vont rendre cette série familiale et accessible à tous, en plus d’un style graphique global mignon et tout aussi accessible. Doté d’un rythme diabolique, le format épisodique permet aux personnages principaux comme secondaires d’être caractérisés avec minutie. Un travail sur la durée qui va avoir son importance, permettant aux personnages de ne pas être que de simple faire-valoir et de sortir des stéréotypes sur lesquels ils sont basés. Le sidekick va dépasser le stade du simple sidekick drôle sans le vouloir, à l’image du héros gringalet et de sa Juliette qu’il cherche à conquérir. Ils sont drôles, touchants et attachants. Des personnages plus vrais que nature que le spectateur va suivre dans une grande quête avec un engouement qui ne va faire que de grimper. La réalisation va également avoir son importance et donner du dynamisme à la série. Des mouvements de caméra, un jeu sur la profondeur du champ et le fait de casser les angles à quelques moments, permettent à la série de sortir du carcan des séries animées conventionnelles. Le dynamisme ne se fait pas uniquement par le montage, mais également par le biais de la réalisation et du cadrage.

La partie 1 de la série Trollhunters (celle actuellement disponible sur Netflix) est composée de 23 épisodes. En réalité c’est une première partie qui est elle-même divisée en deux parties. Une première partie comparable à une saison 1 dans la construction. Une introduction, un développement avec son lot de péripéties et l’équivalent d’un Season Final en guise d’épisode treize. Pas besoin d’attendre pour voir la saison 2, elle est déjà disponible. Ceci était notre “Critique” de la première partie de Trollhunters Partie 1. Guillermo del Toro va-t-il réussir à relancer le récit dans la seconde partie et surtout assouvira-t-il nos envies de gigantisme et de spectaculaire tel qu’il avait pu le faire entre Hellboy et Hellboy 2 ?

To Be Continued…


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