Toy Story 4, la véritable dernière aventure de Woody et Cie ?


Synopsis : « Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

La seule et unique question que tout le monde se pose en entrant dans la salle de cinéma est la suivante : cette quatrième aventure de nos jouets préférés est-elle vraiment utile ? En effet, Toy Story 3 (en 2010) concluait de belle façon la relation de Woody et Buzz avec Andy qui entrait désormais à la faculté. En confiant ses jouets à la petite Bonnie, les héros allaient vivre de nouvelles aventures en dehors de la lignée de la trilogie.

Alors pourquoi ce quatrième volet ? Besoin de se refaire une santé après le scandale Lasseter (le papa de Woody et Buzz l’Éclair) ? Ou simplement envie que la saga Toy Story soit la plus longue de Pixar ? Nos jouets préférés reviennent pour prouver que même sans leur grand manitou créateur, John Lasseter, le studio peut survivre. Surtout, Toy Story marque la fin des suites chez Pixar après Cars 3 en 2017 et les Indestructibles 2 en 2018, place à la nouveauté dès 2020 avec En avant. Enfin, sans doute, est-ce aussi un peu pour retrouver une certaine innocence perdue que les jouets sont ressortis de leur coffre. Forcément ça fonctionne : dès que les lumières s’éteignent, l’enfant qui sommeille en nous reprend la place de l’adulte devant l’écran de la salle de cinéma.

Le film s’ouvre sur un flashback émouvant. Il explique le départ de Bo, la bergère, de chez la sœur d’Andy. Une bergère qui n’apparaissait pas dans Toy Story 3. Cette disparition aura une influence certaine sur la suite des nouvelles aventures des jouets. Puis retour dans le présent, chez Bonnie, où Woody, notre cow-boy préféré, est mis sur la touche. La petite fille lui préfère Jessie. Pourtant à la faveur du premier jour d’intégration à l’école, Woody, au mépris des avertissements et des dangers, se glisse dans le sac à dos de Bonnie afin de la protéger de l’extérieur. Un geste “héroïque” à l’origine de l’arrivée de Fourchette, nouveau jouet totalement délirant et lunaire composé des restes de la poubelle. D’où cette question : Fourchette est-il réellement un jouet ?

Dans ce nouveau volet, si l’on retrouve nos héros préférés (Buzz, Jessie, M. et Mme Patate, Rex ou encore Zig-Zag), de nouveaux personnages font leur apparition. Coincés dans le magasin d’antiquités ou jouant à la fête foraine, le réalisateur Josh Cooley nous invite à rencontrer Duke Caboom, un célèbre jouet cascadeur canadien (à qui Keanu Reeves prête la voix) ou encore ces peluches hilarantes et totalement stupides que sont Ducky et Bunny (dont les voix sont celles de Keegan-Michael Jay et Jordan Peele… oui le réalisateur de Get out et Us !). Bo, la Bergère revient et le spectateur fait la connaissance de l’intrigante Gabby-Gabby.

Contrairement à Toy Story 3 où le méchant ne se dévoilait que dans la deuxième moitié du film, ici, dès l’entrée dans le magasin d’antiquités, on sait que Gabby-Gabby n’est pas un jouet comme les autres. Cette vieille poupée des années 1950 est entourée de multiples Benson, ces marionnettes sans voix, au regard inquiétant et effrayant qui hanteront les cauchemars de vos prochaines nuits… Que cherche Gabby-Gabby ? Que désire-t-elle plus que tout ? Comme toujours dans Toy Story, les personnages ont un passif douloureux surtout que cette poupée n’a jamais connu les joies d’être dans les bras d’un enfant à cause d’un défaut de fabrication. Cette poupée est le premier personnage triste et mélancolique, bien plus que mauvais, de la saga. Sa tristesse motive son envie de garder Woody auprès d’elle mais elle n’en devient pas un personnage détestable contrairement à l’horrible Lotso, l’ours en peluche rose, du troisième épisode.

Les forces de ce quatrième épisode, inattendu (dans le sens où on n’attendait pas une suite), sont l’émotion, les surprises et les nuances offertes à chacun des personnages. Tous vont se remettre en question avec la création de Fourchette. Ce personnage donne un nouveau sens à la vie de Woody quelque peu délaissé : il devient protecteur, attentif et attentionné. Il joue tout simplement le rôle du papa de Fourchette. À charge pour le cow-boy d’expliquer au nouveau venu le sens de la vie… de jouet.

Woody prend tous les risques pour lui faire comprendre son importance. Par l’apparition de Fourchette, ce Toy Story 4 pose la question des origines des jouets, de leur rôle auprès des enfants et la façon dont une création peut très bien remplacer un jouet manufacturé. Le film évoque également le lâcher prise, l’envie de grandir et de s’affranchir de ce qui nous entoure, comprendre que l’on peut être délaissé et qu’il faut savoir passer la main, ce qui était déjà un peu sous-entendu dans le troisième épisode. Cette fois, Woody doit réellement se remettre en question. Le cow-boy a eu la chance d’appartenir à un enfant, d’être là pour lui et de lui offrir de merveilleux moments de bonheur dont il se souviendra toute sa vie. Et s’il était temps pour Woody de passer la main pour vivre enfin sa vie ? Le film pose cette ultime question : finalement un jouet, c’est quoi ?

À la suite des retrouvailles avec Bo, la bergère (l’ancienne veilleuse pour enfant), Woody peut se poser la question de savoir si une autre vie est possible. Si appartenir à un seul enfant est la règle tacite de tous les jouets. Ne plus appartenir à un seul mais participer à la construction de tas d’aventures dans le bac à sable, la fête foraine ou dans le magasin d’antiquités. Des aventures “bigger than life” pour nos héros qui pour la première fois sortent véritablement de l’univers de la chambre ou de la ville où ils sont habituellement cantonnés… même si le final du troisième volet les emmenait dans la décharge municipale. Ici, la fête foraine est un terrain de jeux incroyable : pour la première fois, nos héros sont totalement en dehors de leur environnement familier. Mais c’est dans le magasin d’antiquités que les jouets prennent conscience de leur véritable raison d’être : l’envie d’appartenir à un enfant, d’être aimé par lui, de vivre la rencontre. Cet instant magique unissant à tout jamais un jouet avec son ou sa propriétaire, que souhaite et désire plus que tout vivre la poupée Gabby-Gabby. Ce rêve crée un personnage mélancolique, triste mais fondamentalement bon malgré des motivations néfastes pour Woody.

La magie de la rencontre est au cœur de ce quatrième volet et son final bouleverse. Il pose la question de la place de chacun dans la société et de l’envie de faire partie d’un tout, d’une famille, d’une aventure, sans renier ses rêves et en sachant saisir les mains tendues. Cette conclusion pose la véritable fin des aventures de nos jouets préférés tels que nous les connaissons. Toy Story 4 permet un passage de flambeau bien plus fort que celui vécu entre Andy et Bonnie. Il s’agit là d’un final éclatant des aventures de Woody et Buzz l’Éclair racontées depuis 24 ans maintenant. Si jamais une suite venait à voir le jour, il est certain qu’elle n’aura plus la saveur de cette tétralogie. En concluant de la sorte Toy Story 4, Pixar met un terme à un cycle complet pour favoriser la réinvention… les prochaines aventures qu’écriront les studios Pixar risquent d’être totalement excitantes. Elles iront vers l’inconnu, en clair vers l’infini et au-delà. On a hâte !


« Les forces de ce quatrième épisode inattendu sont l’émotion, les surprises et les nuances offertes à chacun des personnages. »


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *