Tomb Raider réalisé par Roar Uthaug [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Lara Croft, 21 ans, n’a ni projet, ni ambition : fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d’innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir “Tomb Raider”…”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

cinetick

 


Les adaptations vidéoludique au cinéma sont réputées pour être synonyme de véritables échecs pour ne citer que les exemples les plus flagrants tels que les adaptations signées Uwe Boll comme House of the Dead, ou encore celles de Paul W.S. Anderson telles que Mortal Kombat ou Resident Evil, des adaptations qui ont valu à ces réalisateurs d’être détester par les fans de ces sagas vidéoludique. La saga Tomb Raider avait déjà été l’objet de deux adaptations peu glorieuses, avec dans le rôle d’un des personnages féminin les plus connus du jeu vidéo l’actrice Angelina Jolie qui avait été choisit il faut le dire probablement plus pour son physique et sa ressemblance avec le personnage que pour son jeu qui fut longtemps sous-estimé à tort. En 2011, GK Films et MGM récupèrent les droits de la franchise auprès de l’éditeur Square Enix pour mettre en chantier un reboot revenant sur les origines du personnage. Tomb Raider est donc une adaptation qui se base sur le reboot vidéoludique sorti en 2013 par Square Enix, qui se centre sur les origines, nous expliquant comment Lara Croft devient l’Héroïne connu de la saga vidéoludique.

Plusieurs actrices furent pressenties pour reprendre le flambeau après Angelina Jolie. Emma Watson, Jennifer Lawrence, Daisy Ridley ou encore Megan Fox. Finalement c’est la jeune Alicia Vikander, vu notamment dans le film Ex Machina (Alex Garland, 2015) qui se retrouve à incarner l’icône de la saga vidéoludique qui porte son nom. Pour réaliser ce reboot, les studios Warner Bros, producteurs et distributeurs du film, ont faits appel au cinéaste norvégien Roar Uthaug (Cold Prey ou encore The Wave), jusqu’ici habitué au cinéma de genre. Un réalisateur inconnu à Hollywood, qui opère probablement en tant que réalisateur de commande sur ce film. La première chose qui frappe en voyant ce reboot, c’est cette volonté d’humaniser le personnage de Lara Croft. L’humaniser dans un premier temps en la présentant durant un prologue qui se déroule dans la ville de Londres, comme une jeune femme brave avec une certaine fragilité. Néanmoins, la première partie du film qui se déroule dans la capitale anglaise nous fait le portrait d’une héroïne pop moderne avec un humour anglais, une fille sympathique que l’on est forcément obligé d’apprécier et qui cherche à comprendre ce qu’est devenu son père, Richard Croft. Ce dernier l’ayant abandonné depuis plusieurs années. Après cette contextualisation, fondamentalement clichée et déjà vu de notre héroïne, cette dernière, étant sur le point d’accepter l’héritage de son père qu’elle refuse en niant la mort de ce dernier, découvre un étrange objet avec une énigme que lui a laissé son père. Cet objet lui donne accès à une cachette secrète où elle découvre que son père est un explorateur jamais revenu d’une île sur laquelle la reine Himiko abriterait une malédiction qui menacerait le monde entier si elle venait à être trouvé par une organisation secrète appelée « La Trinité ». La digne héritière des Croft décide donc de partir sur les traces de son père pour le retrouver.

Avec ce court résumé du prologue de ce film, on peut énuméré déjà plusieurs clichés vu et revu dans le genre. L’intrigue du film repose en grande partie sur le scénario du reboot vidéoludique de 2013 (la reine Himiko, l’île, l’organisation, etc.) à l’exception de quelques modifications nécessaire pour porter cette Origin Story à l’écran pour un public plus large que les fans du jeu vidéo. Autant dire que le scénario n’est donc pas d’une grande originalité puisqu’il s’agit presque d’un copier-coller du reboot de l’œuvre vidéoludique, dont même la mise en scène s’inspire plan pour plan, notamment dans la scène où notre héroïne s’accroche à une épave d’avion dans une cascade. À première vue, cette adaptation avait tous les défauts pour être un nouveau ratage au même titre que les précédentes. Mais il faut avouer que cette adaptation se range du coté des films les moins mauvais dans le genre, avec Assassin’s Creed réalisé par Justin Kurzel, qui malgré de nombreux défauts contenait tout de même quelques morceaux de bravoure. Ce Tomb Raider, malgré ces clichés vus et revus et son copier-coller du scénario du jeu de 2013, possède son lot de qualité, notamment en la performance de son actrice Alicia Vikander. L’actrice apporte une certaine humanité au personnage, loin des expressions presque robotiques d’Angelina Jolie. Un personnage moins sexualisé, plus construit en profondeur, même si le film n’invente rien au niveau de cette construction qui vient encore une fois du reboot vidéoludique : une Lara Croft vulnérable dont le corps est d’abord blessé viscéralement pour remonter dans une forme d’ascension. Le reste du casting est crédible : Dominic West est attachant en père Croft, capable de passer de la Palme d’Or de Ruben Oslund The Square à un blockbuster Hollywoodien avec une certaine aisance. Walton Goggins, qui connaît un certain regain de carrière actuellement dans le blockbuster, campe un méchant de jeu vidéo crédible avec une seule expression. Et il est apparemment à la mode que des actrices françaises, comme Marion Cottilard et Charlotte Rampling dans Assassin’s Creed, fassent leur apparition dans des adaptations vidéoludique, Kristin Scott Thomas ayant une courte apparition dans ce film.

Le film possède son lot de fulgurances visuelles, notamment un plan-séquence plutôt réussi suivant l’infiltration de l’héroïne dans le camp ennemi, une scène de naufrage spectaculaire, et des scènes d’actions nerveuses qui parviennent à divertir un temps soit peu au milieu des nombreux défauts du film. Roar Uthaug semble orchestrer le tout en pilotage automatique, en bon réalisateur de commande, le film ayant clairement pour but de déboucher sur une licence à succès, ouvrant sur une suite dans son final. Ce reboot version 2018 de Tomb Raider est un film inégal, plombé notamment par son manque d’originalité et son accumulation de clichés déjà vus, toutefois porté par une bonne interprétation de l’actrice Alicia Vikander qui campe une héroïne plus humaine et légèrement moins stéréotypé que la version Angelina Jolie. Une adaptation qui se range néanmoins parmi les films les plus corrects aux cotés du Assassin’s Creed de Justin Kurzel, ce qui n’était pas très difficile. Divertissant, spectaculaire et humaine à l’image du jeu dont il s’inspire, mais malheureusement parfaitement oubliable.

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