The Vast of Night, LE petit bijou SF d’Amazon Prime

Synopsis : « A la fin des années 1950, au Nouveau-Mexique. Une jeune demoiselle du téléphone, Fay et un animateur radio, Everett découvrent une étrange fréquence comportant des appels interrompus et anonymes et des signaux sonores conduisent Fay et Everett à résoudre l’énigme… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Débarqué discrètement sur Amazon Prime Vidéo le 3 juillet dernier, The Vast of Night est le premier long métrage du jeune cinéaste américain Andrew Patterson. Ce long écrit, monté, réalisé et produit en partie par ce dernier, est précédé d’une jolie réputation après être passé par plusieurs festivals… avant d’atterrir sur la plateforme du géant américain. Amazon Prime Video commence à devenir un sérieux concurrent pour l’autre géant du streaming, Netflix, dénicheur de quelques pépites sorties de nulle part.

The Vast of Night débute comme un faux-épisode de La Quatrième Dimension, que n’aurait pas renié Rod Serling, introduit avec un faux-générique parodiant volontairement la célèbre série d’anthologie. La caméra pénètre à l’intérieur de la télévision en noir et blanc d’un foyer américain des années 1950, dans un joli plan-séquence pour nous conduire vers les deux protagonistes de ce récit. Une jeune standardiste, Fay (Sierra McCormick) et un DJ animateur de radio libre, Everett (Jake Horowitz), découvrent un étrange signal qui interfère avec leur fréquence radio, événement déclencheur d’une nuit qui va changer à jamais leur avenir. 

Autant dans son contexte historique que dans ses références cinématographiques, The Vast of Night se présente comme un hommage à la SF paranoïaque des années 1950. De la série La Quatrième Dimension (Rod Serling, 1959) à La Chose d’un Autre Monde (Christian Nyby, 1951), parabole politique de la peur soviétique, remaké sous le nom de The Thing par un certain John Carpenter en 1982. Le cinéaste emprunte également au Rencontre du Troisième Type de Steven Spielberg (1977). Sa vision optimiste et pacifiste, pour nous narrer un récit de science-fiction minimaliste qui renoue avec tout un imaginaire et en appelle au pouvoir évocateur de la narration. 

Ici, tout se joue à travers des conversations téléphoniques, filmées en plan-séquence où le cadre se resserre sur le visage d’un personnage qui écoute ou raconte une histoire, afin de permettre au spectateur de puiser dans son propre imaginaire. Le film renoue ainsi avec le pouvoir du conte et de la croyance. Le cinéaste place alors une confiance aveugle en la puissance de son récit et de l’imaginaire collectif dans lequel il puise le mythe extraterrestre : de la Zone 51 et de la « Peur Rouge ». Cette menace invisible, que les personnages nomment « The People in The Sky » (Les Gens dans le Ciel, littéralement), plane au-dessus de leur tête et se manifeste à travers une fréquence radio ou se cache dans les récits complotistes d’un ancien militaire au téléphone ou d’une vieille femme qui narre son histoire dans un fauteuil. Andrew Patterson assume pleinement la dimension de conte dans un récit qui évoque à la fois le mystère et le merveilleux. 

À travers une élégance formelle, parsemée de plans-séquences sobres qui ne tombent jamais dans le démonstratif, Andrew Patterson use d’un minimalisme évocateur pour suggérer plus qu’il ne montre. Avec une économie de moyens, le cinéaste place une véritable croyance dans le pouvoir de son récit et dans la mythologie qu’il déploie à l’image par la suggestion, du premier au dernier plan de son long-métrage. En utilisant brillamment la puissance évocatrice du son, du récit et de l’image, The Vast of Night nous hante encore bien après son visionnage, rappelant à la fois la force de conteur d’un Spielberg et la mélancolie d’un M. Night Shyamalan

Disponible sur Amazon Prime Vidéo.

« Sous ses airs de petite série B fauchée et d’hommage à La Quatrième DimensionThe Vast of Night se révèle être un petit bijou de SF minimaliste qui renoue avec la croyance d’un imaginaire collectif, à travers le pouvoir évocateur de son récit. »

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