The Two Faces of January [Critique]

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“1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre. “

Adaptation du roman éponyme écrit par Patricia Highsmith, à qui l’on doit notamment “The Talented Mr. Ripley” ou encore “Ce mal étrange” (adapté au cinéma par Claude Miller sous le nom “Dites-lui que je l’aime”), The Two Faces of January est un thriller publié en 1968 en France. Peu connu du grand public et de ceux qui ne sont pas adeptes de littérature, The Two Faces of January passa comme beaucoup de romans, à la moulinette afin d’arrivé jusqu’aux sommets d’Hollywood. Distribué en France par Studio Canal, nous ne pouvons pas dire que ces derniers ont tout fait pour que la sortie du film soit dans les mémoires de tous. Mis à part une affiche fort simpliste et une maigre bande-annonce qui nous laissait envisagé un énième thriller sans grand intérêt, The Two Face of January n’a pas bénéficié d’une promotion à l’américaine à laquelle on aurait pu s’attendre au vu du casting trois étoiles. Porté par un trio d’exception, le spectateur lambda ou même cinéphile trouvera comme seul principal à intérêt à aller voir ce film, ce trio présent en tête d’affiche. Le très en vogue, mais néanmoins excellent acteur Oscar Isaac, la ravissante Kirsten Dunst ou encore le mystérieux et charismatique Viggo Mortensen, comment ne pas craquer à la seule vision de l’affiche ! Malheureusement, ce n’est pas parce que les têtes d’affiche sont des acteurs confirmés que ces derniers vont permettre au film d’être convaincant.

Course contre la montre sous forme de thriller où les personnages se donnent à un jeu du chat et de la souris à force de savoir qui ils sont réellement, The Two Face of January est un film mystérieux et intriguant dans sa première partie. Usant avec parcimonie des codes du genre, la narration prend soin de ne pas dévoiler l’identité de chacun des trois personnages, afin qu’ils restent aussi mystérieux aux yeux des spectateurs qu’ils ne le sont pour les autres personnages. Entrant petit à petit dans le jeu, le spectateur devient rapidement le quatrième personnage de cette histoire et essaye tant bien que mal de percer leurs secrets. Nous ne sommes pas en pleine partie de Cluedo, mais on s’en approche. Seule différence au compteur,  l’objectif principal n’est pas de trouver le meurtrier, mais bien de découvrir le secret de chaque personnage. Énigmatique et mystérieux, le scénario réussit à maintenir le suspense de bien belle manière, tout en conservant un rythme constant durant l’intégralité du film. Néanmoins, même si le rythme est bon et soutenu, il en reste un film qui une fois sa première partie achevé et les secrets principaux révélés, le film sombre petit à petit dans le thriller lambda et manque cruellement d’enjeux dramatiques. Utilisant certaines astuces et posant certaines questions aux spectateurs par le biais de ses personnages afin de maintenir un certain suspense jusqu’au dénouement final (qui va se servir de qui, qui a une morale, qui est finalement le vrai “méchant”, sont-ils véritablement “méchants” ?), celui-ci est vain, puisque convenu et prévisible. Jouant sur les personnalités des personnages, le scénariste (qui est par la même occasion le réalisateur), n’arrive pas à faire de son film un thriller sombre et dramatique. Les personnages sont intrigants et intéressants à découvrir, mais ils ne sont pas pour autant attachants et c’est rédhibitoire.

Limpide comme de l’eau de roche, The Two Faces of January est un thriller lambda auquel il manque un soupçon de la dramaturgie et d’émotion, alors qu’il avait toutes les cartes en main pour nous surprendre,  à commencer par un environnement somptueux. Personnage à part entière du récit, la Grèce n’est pas un environnement comme les autres. Entre la ville d’Athènes, les ruines de l’Acropole, les ruelles étroites de la Crête, ainsi que le somptueux hôtel nécessaire pour la première approche des personnages par le spectateur, le long-métrage a tout pour gagner une dimension narrative supplémentaire grâce à ses décors. Incroyablement riches, ces derniers peuvent être utilisés de diverses manières par le scénario dans le but de gagner en profondeur et d’acquérir une véritable identité. Malheureusement, mis à part effectuer un rapprochement entre les véritables identités des personnages qui vont sombrer au fur et à mesure de l’avancement de leur périple et les décors qui s’amenuisent et deviennent de plus en plus pauvres et insalubres, ils ne sont pas utilisés avec intelligence. Oui, la photographie est suffisamment soignée et belle pour offrir au film une identité visuelle que l’on ne retrouve pas dans la majorité des thrillers existants. Certains plans sont superbes et les différents jeux de lumière mettent admirablement bien en valeur les acteurs, mais à cause d’un manque de finesse, d’audace et d’originalité dans l’écriture même du film, The Two Faces of January ne fait rien pour faire de cette beauté visuelle indéniable la cerise sur le gâteau. Beau, rythmé, mais maladroit, convenu et prévisible. Pour une première réalisation, The Two Faces of January possède quelques qualités qui prouvent qu’avec un bon scénario, Hossein Amini pourrait offrir aux spectateurs un premier bon film, mais pour cela il faudra lorgner vers de l’original et non pas vers une adaptation. Tout le monde n’est pas Hitchcock.

 

2/5

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