The Strangers: Prey at Night réalisé par Johannes Roberts [Sortie de Séance Cinéma]


Synopsis : “Une famille s’arrête pour la nuit dans un parc de mobile home isolé qui semble complètement désert. Une jeune femme étrange frappe à leur porte…. C’est le début d’une terrible nuit d’horreur : pris pour cible et poursuivis sans relâche par trois tueurs masqués, chacun devra lutter pour sauver sa peau dans un jeu de cache-cache impitoyable. ”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Genre aujourd’hui connu et reconnu de tous, le Slasher Movie semble bel et bien être en perdition depuis quelques années. A l’image du film d’horreur qui devient un genre de plus en plus commercial à cause de grosses productions qui ressassent encore et toujours des codes aujourd’hui éculés, difficile de trouver un Slasher Movie qui surprend de par sa créativité et tend à faire frissonner. Paru en mai 2008 dans les salles de cinéma des États-Unis et du Canada, avant de paraître en Direct-to-Dvd en février 2009 en France, The Strangers reste aujourd’hui une des dernières belles surprises du genre. Avec son budget estimé à 11 millions de dollars, pour 80 millions de dollars de recettes, il a su trouver son public outre-Atlantique et se forger une certaine réputation auprès des amateurs du genre dans le reste du monde. Et pour cause. Premier long-métrage écrit et réalisé par Bryan Bertino, The Strangers est un home invasion tout ce qu’il y a de plus simple dans le propos, mais au combien réussi dans tout ce qu’il entreprend. The Strangers conte l’histoire d’un jeune couple qui a la suite d’une fin de soirée qui n’a pas tournée comme l’un d’entre eux l’aurait voulu, rentrent dans leur maison de vacances contrariées. La suite vous la connaissez.

“Les personnages fuient une mort qui semble certaine, inévitables et dont on se moque, malheureusement, éperdument.”


Si on met l’accent sur cette utilisation d’une émotion, qu’est la contrariété, et non sur le jeu de chat et de souris qui va s’en suivre et s’étaler sur plus de quarante-cinq minutes, c’est parce que c’est cet élément qui va être fondamental à l’implication du spectateur. Bryan Bertino ne se perd pas au travers d’un large panel de personnage. Il se concentre uniquement sur le couple et n’utilise que cet unique point de vue. Ce qu’il fera jusqu’à la fin du film. Une focalisation qui va permettre aux spectateurs de se lier à ces personnages dès les premiers plans. La contrariété créée va nourrir le rapport entre les personnages et les spectateurs, tout en enrichissant les premiers qui vont gagner en consistance. Une fois que les personnages sont correctement établis émotionnellement, que les spectateurs sont liés à ces derniers (tout en sachant ce qui va leur arriver donc le spectateur commence à avoir peur pour eux), le jeu peut commencer. Superbement éclairé et mis en scène en fonction de cet éclairage afin de pouvoir jouer en permanence sur l’obscurité dans le but de pousser le spectateur à croire que les assaillants peuvent être partout et nulle part à la fois, The Strangers captive et ne cesse de captiver conservant une tension palpable jusqu’à son climax. Si sa direction artistique nous fait penser à The Invitation, son déroulé narratif nous fait penser à The Texas Chainsaw Massacre. En plus d’être beaux, les plans sont longs, lents et le film prend son temps afin de développer une tension avant de surprendre au moment où le spectateur ne s’y attend plus. Un travail rythmique identique à celui d’une comédie où il faut toujours attendre le bon moment pour lancer ou arrêter un gag dans le but de faire rire. The Strangers est véritablement un grand film, qui ne joue pas uniquement sur les jump scare et sur une omniprésence musicale afin d’oppresser. C’est par le sound design et la mise en scène que vont naître ce sentiment d’oppression et cette tension incroyable. Un travail méticuleux, même si fondamentalement académique, mais si bien exécuté qu’on ne peut lui reprocher de ne pas chercher à prendre des risques extrêmes, bien au contraire. The Strangers c’est bien beau, mais qu’en est-il de sa suite The Strangers: Prey at Night vous dîtes-vous?

Si on vous a si longuement parlé de ce premier film, à voir ou à revoir, ce n’est pas pour rien. The Strangers: Prey at Night est un copycat du film écrit et réalisé par Bryan Bertino. Un mauvais copycat plus précisément. Réalisé par Johannes Roberts, à qui l’on doit 47 Meters Down, The Strangers: Prey at Night reprend le concept du premier film, tout en développant le terrain de jeu. De la simple maison de vacances isolée, on passe au campement de vacances isolé et le couple devient une famille avec deux enfants adolescents. Toujours aucun second rôle, mis à part les tueurs et les futures hypothétiques victimes. Agrandir le terrain de jeu et doubler le nombre de personnages sont des facteurs à ne pas occulter et qui sont directement liés à la non-qualité du film. Tout en sachant que la durée du film est la même, pour ne pas dire plus courte de quelques minutes. Les personnages sont trop rapidement caractérisés, ils n’ont aucune personnalité apparente et reposent sur des archétypes vus et revus. La jeune adolescente rebelle, le grand frère protecteur et les parents qui essayent tant bien que mal de tout faire pour que leurs enfants aient une belle vie. Aucun attachement émotionnel envers ses derniers qui restent à l’état de pions qui vont se faire pourchasser puis tuer un à un, tel le genre le veut. Copycat pur et dur jusque dans les moindres détails, The Strangers: Prey at Night repose sur l’exacte même structure narrative que le premier film, à la minute près, et de ce fait, les personnages sont trop nombreux pour que l’effet soit le même. Le spectateur ne reste que spectateur, aucune hypothétique victime ne se détache de par sa personnalité ou son humanité et les assaillants restent les figures fantomatiques du premier film à laquelle on ne peut, ni ne doit, s’attacher.

Figures fantomatiques ici peu intéressantes à cause d’une mise en scène qui mise uniquement sur les déplacements des personnages sur le camp pour créer du rythme, occultant complètement l’arrière-plan et l’obscurité d’où peuvent surgirent à n’importe quel moment un.e tueur.se. De véritables fantômes qui dans le premier film étaient caractérisés par de petits choix de mise en scène comme des sadiques qui jouaient avec leurs victimes. Éléments évidement oubliés dans le film The Strangers: Prey at Night, suite où les tueurs ne sont que de simples jeunes adolescents masqués qui veulent tuer et qui en viennent à s’expliquer. La facilité du dialogue explicatif vient combler un manque de mise en scène. Les seules belles idées de mise en scène ou d’éclairage, visibles dans les bandes-annonces, étaient déjà exploitées dans le premier film. Aucune surprise, ni recherche ou tentative d’émancipation que ce soit sur le plan narratif, scénaristique en règle générale ou encore visuel. Sans oublier des dialogues ridicules (les personnages parlent beaucoup trop et ça casse l’atmosphère), un sound design inexistant et des réactions surréalistes des personnages. Ce qui brise l’aspect réaliste du film et par conséquent l’implication du spectateur qui n’y croît pas une seule seconde. Le non-travail de la matière sonore ne permet pas au film de développer une certaine atmosphère, ni même de mettre en place une tension. La tension est inexistante, les personnages fuient une mort qui semble certaine, inévitables et dont on se moque, malheureusement, éperdument.


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