The Rental, Dan Stevens et Alison Brie dans un thriller paranoïaque qui rate la marche

Synopsis : « Deux couples louent une sublime maison face à l’océan pour un week-end de fête. Les quatre amis comprennent très vite que derrière la beauté de l’endroit, un danger les guette : une présence mystérieuse semble les espionner et révèle des secrets inavouables sur chacun d’eux. La tension monte et le week-end de rêve va virer au cauchemar absolu… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Simplement considéré dans un premier temps comme « frère de », il a par la force des choses, réussi à devenir Dave Franco. Acteur habitué aux seconds rôles dans des comédies populaires telles que SuperGrave, Fright Night, 21 Jump Street, Warm Bodies, Nos Pires Voisins, Nerve ou encore Insaisissables, c’est finalement grâce à son frère et au film The Disaster Artist qu’il a su prouver de quoi il était capable. Un vrai beau rôle dans ce que l’on appellera une oeuvre familiale. Une carrière d’acteur orientée vers la comédie, avant qu’il revêtisse sa casquette de scénariste et de réalisateur. Changement de registre, changement radical avec The Rental, thriller qui reprend les codes du home invasion afin de questionner sur les codes moraux et la culpabilité humaine. Ne vous y trompez pas, si son marketing vous a fait croire le contraire, The Rental n’est en rien un film d’épouvante.

Deux couples d’amis louent un superbe chalet afin de décompresser le temps d’une fin de semaine. Un paradis qui vire à l’enfer dès lors qu’ils se découvrent, mais découvrent également qu’ils pourraient être surveillés par une personne extérieure. Si son synopsis ressemble à s’y méprendre à celui de n’importe quel home invasion ou slasher movie, il a en son sein un élément très intéressant : l’emploi du conditionnel. Sont-ils réellement surveillés ? Développent-ils une forme de paranoïa à cause d’actes réalisés, à cause desquels ils ressentent de la culpabilité ? Si très intéressant, tant la question de la moralité et de la culpabilité humaine est une ressource d’une richesse incroyable, il est un questionnement avant tout parfait afin de nourrir un film à ambiance. Questionnement qui a de quoi permettre au cinéaste de jouer avec le spectateur. Tendre à lui faire croire que, à l’immerger au sein d’un récit ou finalement le spectateur se fait manipuler jusqu’au rebondissement final. Si intéressant sur le papier, dans sa forme finale il n’en est rien.

Aucunement Dave Franco ne nourrit sa mise en scène, ou sa réalisation, avec la question de la paranoïa et du sentiment de culpabilité. Il l’aborde uniquement par le dialogue, ainsi qu’au travers du développement de la caractérisation de ses personnages. Des personnages dont les choix ne paraissent pas naturels et ne sont malheureusement pas toujours compréhensibles à cause d’une mise en scène qui manque cruellement d’audace et de libertés. Si Dave Franco nous intrigue dans un premier temps avec une orientation délibérée vers le thriller paranoïaque, il nous perd très rapidement à cause d’une oeuvre qui tourne trop rapidement le dos à la manipulation du spectateur afin de s’ouvrir aux codes conventionnels du home invasion. Si certains cinéastes ont su s’approprier le genre avec un concept et des partis pris de mise en scène forts et déterminants, Dave Franco s’enfonce avec des choix déjà surexploitées. Le développement psychologique des personnages se retrouve rapidement dicté par les scènes à venir. Scènes plus spectaculaires, mais prévisibles et sans aucune touche créative derrière. Du déjà vu. Tout ça pour finalement se réveiller dans ses cinq dernières minutes. Un rebondissement final qui n’en est pas un. Une continuité qui dévoile quel était l’envie initiale du cinéaste. Une note d’intention finale qui, au lieu de donner une couleur ou de justifier le film, ne fait que l’enfoncer. Cinq minutes intéressantes, qui exploitent un nouveau point de vue et démontrent que le concept du film était tout trouvé. Tout ça pour ça.

The Rental avait tout pour plaire, ces dernières minutes sont pertinentes et ouvrent les portes vers de multiples concepts et histoires. Ce que n’exploite pas le cinéaste, qui se contente de livrer une oeuvre consensuelle qui ne s’assume pas. Une oeuvre consensuelle et prévisible qui, à trop vouloir en faire (thriller paranoïaque puis home invasion puis…) ne développe jamais correctement son histoire, ses personnages, son ambiance ou même son concept. Si The Rental n’est pas une ignominie insipide et inintéressante, (son casting porté par les très bons Dan StevensAlison Brie et Sheila Vand aide indiscutablement à tenir sur la durée), il est un rendez-vous manqué. Une belle note d’intention, mais rien de plus, rien de bien mémorable.

« Si l’idée finale (développée dans les 5 dernières minutes) est loin d’être inintéressante, la manière de l’aborder l’est complètement. Thriller paranoïaque prétexte à un home invasion sans identité, The Rental est un brouillon laborieux qui tient difficilement en haleine. »


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