[MAJ BLU-RAY] The Neon Demon (Critique | 2016) réalisé par NWR

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Synopsis : “Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.”


[MAJ] Blu-Ray Digipack France, Photos et Descriptif en fin d’article

Il y a maintenant 20 ans que le cinéaste danois Nicolas Winding Refn a débuté sa carrière en tant que réalisateur. Il y a tout juste 20 ans sortait, le premier opus de ce qui allait devenir la trilogie Pusher. La trilogie qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui, celle qui lui a permis d’avoir une telle renommée. Cependant, ce n’est qu’à partir de 2008 que le nom Nicolas Winding Refn a commencé à résonner dans la tête d’un plus large public. 2008, signait la sortie du film Bronson. Un film à part. Un thriller de haute volée, un biopic mené par un narrateur et protagoniste aliéné, un film unique qui lança la carrière à l’internationale d’un cinéaste qui allait chercher à faire de son nom une marque. Nicolas Winding Refn veut être à part et semble nous dire au travers de sa filmographie qu’il ne veut pas être comparé aux autres. Il va s’inspirer des plus grands, va piocher des idées à droite et à gauche dans le but de se les approprier et de les remettre aux goûts du jour. Suite à ça et à la sortie d’un certain Valhalla Rising, paru Drive. Le film qui lui offert le Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes et qui l’a littéralement mis sur orbite. Un grand film, mais un film de commande avant tout. Drive est un thriller qui possède les codes du cinéma de genre qu’exerce Nicolas Winding Refn – un cinéma qui se regarde lui-même et qui cherche à créer un récit et des émotions par le visuel et le travail sur la mise en scène – tout en restant son film le plus accessible et respectueux des conventions du cinéma hollywoodien. Notamment dans son récit. Par la suite, Only God Forgives a été vu par beaucoup comme le premier pas de la dégringolade Nicolas Winding Refn. Film qui va toujours plus loin, qui n’a pas de limites et qui nous donne l’impression que son réalisateur possède un ego surdimensionné, contemplant pendant de longues secondes voire minutes ses propres plans, sa propre direction d’acteur… C’est surtout l’avènement de ce que le cinéaste danois avait enclenché avec Pusher, mais plus précisément Bronson, puis Valhalla Rising qui reste aujourd’hui son plus difficile d’accès. La naissance et l’avènement de NWR.

Faut être clair, ceux qui n’ont pas aimé Only God Forgives n’aimeront pas The Neon Demon qui est un nouveau pas en avant de la part de Nicolas Winding Refn dans la volonté de pérenniser le travail cinématographique enclenché il y a plusieurs années de cela. Nicolas Winding Refn n’est plus et laisse sa place à NWR. À la marque NWR. Il est très important de voir NWR comme une marque, un logo que l’on appose sur un objet, un film en l’occurrence. Ce que l’on va voir est un film estampillé NWR, un OFNI comme on aime appeler ces films qui tentent des choses et qui se retrouvent à la frontière entre le cinéma expérimental et le cinéma conventionnel hollywoodien. Oui, The Neon Demon possède sa part d’expérimentalisme, sans être un film expérimental dans les grandes lignes. L’on reste face à un cinéma conventionnel et à la narration linéaire, un cinéma qui cherche à raconter une histoire. Le cinéaste danois progresse dans la stricte et droite lignée de ce qu’il avait déjà instauré en 2013 avec le film Only God Forgives. Oublions la Thaïlande, ses combats à mains nues, ses sabres, armes à feu et sa brutalité physique, afin de mieux nous plonger dans le monde de la mode. Un monde tout aussi violent, mais où la brutalité devient bestialité.

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The Neon Demon plonge le spectateur dans le monde impitoyable de la mode. Plus qu’une simple plongée manichéenne, Nicolas Winding Refn va chercher à brouiller les pistes afin de ne jamais mettre le spectateur dans une zone de confort. S’il adhère à ce que le cinéaste présente dès sa première minute, le spectateur restera en tension jusqu’à la fin du générique. À l’inverse, il sera impossible d’y entrer sans trouver le temps long et cette histoire simpliste. Aussi simple soit-elle dans ses grandes lignes, l’histoire contée par le scénario va aller au bout des choses développant avec cynisme et brutalité les différents thèmes qui vont être exploité. La luxure, l’envie et la passion sont les termes premiers, positifs comme négatifs, qui peuvent être associés et font partie intégrante de l’image que l’on se fait du monde de la mode. Mais pas uniquement, puisque les ressemblances avec l’homme dans sa généralité ne sont pas minimisées. Grâce à un scénario aux dialogues minimalistes, mais suffisants, car direct et misant avant tout sur sa mise en scène puissante et parlante, car usant de la structure des décors et des objets qui les ornent, The Neon Demon ne va pas perdre de temps à introduire son récit et son protagoniste. Sa contextualisation va être à l’image du film dans son intégralité. Elle va se faire en l’espace d’une scène constituée d’entre cinq et dix plans, d’une seule et même disposition de deux acteurs immobiles, d’une musique entraînante/enivrante, ainsi que d’un montage “clipesque” qui va jouer sur le tempo de la musique pour effectuer la majorité des raccords.

Nicolas Winding Refn ne le cache pas, ses influences premières pour ce long-métrage, proviennent du monde du clip et de la publicité. Ce qu’il reproduit ici par le montage, la musique et la direction artistique pop et la saturation des couleurs très prononcée, sans que ce n’en devienne un défaut. Développant avec cynisme et médisance le monde de la mode, un monde centralisé autour de la beauté et de la luxure, l’usage des codes de la publicité par les différents moyens offert par cet art visuel et sonore qu’est le cinéma paraît peu à peu comme indispensable à la création de la critique de ce même monde. L’on ne fait pas face à un serpent qui se mord la queue en recréant ce qu’il cherche à critiquer. Bien au contraire, Nicolas Winding Refn va utiliser cette direction artistique clinquante afin de donner au film l’aspect que cherchent à posséder les mannequins qu’il dépeint dans son film. Des mannequins qui cherchent la perfection, à effacer toute trace de ride et d’age sur leur peau, au point de devenir de véritables poupées humaines. Des poupées littéralement déshumanisés par le monde dans lequel elles vivent et qui les as lobotomisé. L’esthétique lisse, accentuée par une réalisation où chaque cadre, mouvement et axe de caméra va chercher la structure parfaite dans la composition des plans, va être à l’image des personnages. Une corrélation parfaite entre l’histoire contée par le scénario, ainsi que la technique utilisée et employée méticuleusement par le le cinéaste danois.


En Conclusion :

Ce que l’on aime avec Nicolas Winding Refn c’est qu’au travers de ses œuvres cinématographiques, le cinéaste va utiliser les différentes ressources offertes par le cinéma afin de renforcer l’histoire qu’il cherche à conter aux spectateurs. Effleurant le cinéma expérimental à quelques courtes reprises afin de laisser la tension intacte au sein de spectateurs qui ne seront jamais au bout de leurs peines, toujours face à l’imprévisible allant jusqu’à craindre le pire dans un climax horrifique et gore à souhait, Nicolas Winding Refn fait pérenniser sa marque de fabrique au travers de The Neon Demon. Un long-métrage où la technique et l’esthétique sont au service même de l’histoire. Les dialogues sont minimisés et tout passe par le jeu des acteurs – Elle Fanning est littéralement bluffante dans un rôle à la fois envoûtante et effrayante – la technique et la mise en scène. On est dans un cinéma visuel et sonore avant tout, qui ici même, va se servir des codes de la publicité et du clip pour instaurer un climat, une atmosphère angoissante. Renforçant également le propos et la critique viscérale sur le monde du mannequinat et la hiérarchie par la beauté. Sans oublier le propos sur la morale et conscience humaine, pas aussi belle qu’on ne la croirait. The Neon Demon est un film qui va diviser. Certains l’adoreront, d’autres détesteront, mais tous les avis seront bons à prendre tant que les arguments le seront. De notre côté, c’est un immense oui pour cette nouvelle œuvre magnifiquement angoissante signée Nicolas Winding Refn.

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The Neon Demon, une édition Blu-Ray de prestige

Disponible depuis le 26 octobre 2016 au prix de sortie de 24.99€, The Neon Demon c’est offert une édition des plus prestigieuses. Vous me direz, quoi de mieux qu’une édition esthétiquement très soignée pour un film où l’esthétique est premier ! En effet et comme à l’habitude depuis quelques sorties, Wild Side ont mis les petits plats dans les grands. Quelques bonus de qualité en plus d’un packaging des plus réjouissants. Pas de steelbook pour la France, mais un Digipack absolument superbe tant dans les finitions que dans le choix des artworks (voir galerie ci-dessous). On ne perd pas au change, bien au contraire. Seul bémol, il vous faudra en prendre soin, la matière cartonnée utilisée est assez fine et peut s’abîmer très très facilement. Il serait difficile de l’écorner !

Côté bonus, ce n’est pas la quantité, mais la qualité qui prône avec ce que l’on demande à une édition vendue à ce prix, ni plus, ni moins. Et ce, même si le “Behind the Scene” (durée 4 minutes) ne vous révélera rien, à l’image du “Making Of de la Bande Originale” signée Cliff Martinez (durée 5 minutes). Une bonne chose tout de même, d’avoir intégré ces deux modules qui ne vont être que complémentaires à un excellent entretien avec NWR nommé : The World of The Neon Demon, ainsi qu’au commentaire audio d’excellente facture (assez drôle grâce à la complicité entre les deux membres et riche en informations) mené par Nicolas Winding Refn et Elle Fanning. Rien de bien exceptionnel, rien de révolutionnaire, mais suffisant. À noter que la bande originale est “offerte” (même prix de vente) dans cette même édition, uniquement si vous l’achetez dans une boutique FNAC. Un plus non négligeable.

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