The Invitation (Critique | 2016) réalisé par Karyn Kusama

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Synopsis : “Par une sombre nuit, Will est invité à un dîner chez son ex-femme et son nouveau mari. Au cours de la soirée, il s’aperçoit que ses hôtes ont d’inquiétantes intentions envers leurs invités.”

Alors que sortent au cinéma les films ayant le plus de chance de trouver leur public instantanément, les films les plus accessibles allons-nous dire, certains trouvent leur voie sur internet. Internet, moyen par lequel tout bon cinéphile et amateur de cinéma trouve le(s) film(s) qu’il souhaite voir, et ce, lorsqu’il le veut. De manière légale ou illégale, tous les moyens sont bons pour “bouffer du film”. Cependant, quelques plateformes réussissent aujourd’hui à obtenir des exclusivités. Canal Plus pour la France, qui diffuse par moment des films inédits, à l’image d’un Slow West avec Michael Fassbender, mais également Netflix pour l’international. Pas un Bruit, Tallulah ou encore The Invitation sont des films inédits et “exclusifs” pour certains à la plateforme de visionnage. Des films qui sont loin d’être parfait, qui ont leurs défauts, mais qui ont chacun un concept qui se tient et permet au film en question d’être intéressant à visionner. C’est le cas du film du huis clos The Invitation, film qui a fait le tour du monde des festivals, avant de sortir exclusivement sur internet et plus précisément Netflix en avril 2016.

Aeon Flux ou encore Jennifer’s Body étaient de bien belles purges. Deux purges indescriptibles réalisées par la réalisatrice américaine Karyn Kusama. Six ans après le flop réalisé par le film Jennifer’s Body (16 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 16 millions de dollars), Karyn Kusama repasse derrière la caméra pour un projet des plus intrigants. Un projet qui repose sur un concept des plus simples, mais qui va réussir à faire de cette simplicité sa plus grande qualité. Un couple va inviter leurs anciens amis perdus de vue afin de passer une soirée tous ensemble dans leur maison pavillonnaire, mais que se cache derrière cette invitation ? En l’espace d’une phrase vous a été résumée l’histoire de ce film. Partant de ce postulat de départ et usant d’une narration linéaire focalisée sur le point de vue de Will – personnage principal interprété par Logan Marshall-Green – le scénario va prendre un malin plaisir à créer une ambiance afin de questionner le spectateur. Avec un titre tel que The Invitation, le spectateur s’attend à ce que l’invitation en question cache quelque chose. Mais est-ce véritablement le cas, un événement macabre va-t-il vraiment avoir lieu ? Un questionnement qui va servir de lien direct entre le spectateur et le protagoniste lui-même douteux et anxieux. Une anxiété qui va être un des éléments utilisés par le scénario afin de faire douter le spectateur et créer quelques rebondissements. Les personnages se réunissent, ils parlent, jouent s’amusent ensembles, mais l’oppression créée par ce questionnement va être de plus en plus forte.

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The Invitation est un film qui ne plaira pas à n’importe quel type de spectateur. Oubliez le climax du film, oubliez votre propre volonté de voir ce huis clos se transformer en “slasher movie”. The Invitation est un long-métrage qui prend son temps, doté de longs plans, de peu de mouvements de caméra, ainsi que d’un montage qui ne cherche pas à être dynamique. Bien au contraire. Les plans fixes sont majoritaires et permettent à la réalisatrice de jouer avec les personnages, ainsi que le seul et unique décor : la maison. Lorsque mouvements il y a, avant que le climax n’ai lieu, ils s’avèrent nécessaires et ne servent pas uniquement à dynamiser le film. Un simple panoramique avec un mouvement allant du bas vers le haut va permettre au spectateur de se localiser dans la maison et de découvrir une nouvelle pièce, celle dans laquelle les événements vont se prolonger. Il est dommage que l’idée de faire de la maison un personnage à part entière n’ai pas été encore plus poussée. Grâce à l’impression de connaître les lieux et ce que semble cacher le moindre recoin de la maison, le climax aurait été plus intense, car immersif et la réalisatrice aurait pu gagner en liberté pour sa mise en scène. Une mise en scène au demeurant correcte grâce à des dialogues qui paraissent naturels et des acteurs qui ne tombent pas dans le surjeu, mais dont l’automatisme joue des tours au film. Un automatisme dans le placement des personnages qui va être utilisé pour développer le questionnement du spectateur autour de cette invitation et du couple hôte, mais qui ampute le film de son aspect naturel.

Quitte à fauter à certains moments, Karyn Kusama cherche avant tout à pousser le spectateur vers une fausse piste, à développer le questionnement de ce dernier ainsi que l’ambiance générale que dégage le film. Par un joli travail sur le mixage sonore, ainsi que l’utilisation avec parcimonie de sons extradiégétiques, tels qu’un son strident, va se développer une ambiance malsaine et oppressante. Une ambiance déroutante, un ressenti qui va être celui du spectateur, ainsi que du personnage principal auquel il est sensé s’identifier. Une ambiance en parfaite cohérence avec la lenteur globale du film (réalisation et montage), qui va transporter le spectateur, lui permettre de s’immerger pleinement et de vouloir connaître le fin mot de l’histoire. Will est-il un fou traumatisé par un élément passé ou avait-il raison depuis le début ?


En Conclusion :

The Invitation est un film qui ne plaira pas à tous encore une fois. Long et lent, un film qui prend son temps afin de questionner le spectateur avant de déboucher sur un climax dont finalement on se moque plus ou moins. C’est ici l’ambiance qui est primordiale, ainsi que la façon dont le scénario va réussir à déboucher sur ce climax. Film oppressant et anxiogène grâce à un bon travail sur le mixage sonore, ainsi qu’au travail opéré par le directeur de la photographie, qui grâce à l’utilisation de couleurs chaudes va créer l’angoisse par opposition. Les couleurs chaudes comme le orange sont synonymes d’humanité et de convivialité, mais utilisées dans un tel contexte, elles renforcent l’aspect malsain et de ce fait le questionnement du spectateur sur ce que pourraient cacher les hôtes.

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