« The Gangster, The Cop, The Devil », le film d’action over-the-top qui fracasse les mâchoires [Fantasia 2019]

Synopsis : « Un chef de gang coréen. Il devient la cible d’un tueur en série. Il survit par miraculeusement et devient ainsi la première victime du tueur à survivre à une de ses attaques. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…
Film vu dans le cadre du Fantasia Festival International de Film 2019, élément à prendre en compte, car il est le festival avec l’ambiance la plus indescriptible.

Depuis quelques années maintenant, l’on peut aisément dire que s’il y a un pays qui en matière de cinéma, ne cesse de nous surprendre, c’est bel et bien la Corée du Sud. Film après film, auteur après auteur, il est un cinéma aussi surprenant que radical. Radical dans sa violence à l’image, mais également et surtout dans la construction psychologique de ses personnages. Des personnages tourmentés, qui font face à leurs propres démons. Un cinéma qui évite tout manichéisme grâce à des personnages bien écrits, et qui ont tout simplement de la gueule. C’est cette même dose de technicité dans la manière d’écrire, mais également de folie, qui permet à ce cinéma de nous en faire voir de toutes les couleurs et de ne pas laisser ses spectateurs de marbre. Une fois n’est pas coutume, l’on va parler d’une oeuvre qui fait mal, mais contrairement à beaucoup de ses aînées, elle ne marquera pas pour autant les mémoires.

Présenté hors compétition lors de la 72e édition du Festival de Cannes, « The Gangster, The Cop, The Devil » est une comédie d’action somme toute pas surprenante. Une comédie d’action qui dans le cadre d’un festival ne nous occuperait pas notre temps, le temps de la rédaction d’un article. Elle est cette comédie d’action qui ne réinvente rien, qui ne surprend jamais tant dans ses choix scénaristiques que dans sa mise en scène, mais, elle est cette comédie d’action qu’il est intéressant de mettre en avant, car elle fait du bien. Lee Won-tae, démontre à chaque nouvelle seconde de son film qu’il n’a pas l’intention de renouveler quoi que ce soit ou de surprendre. Il enfonce des portes ouvertes…défonce des portes ouvertes avec la pure et simple vocation de régaler le spectateur venu voir une comédie d’action décomplexée portée par un casting over-the-top.

Tel que son titre le laisse supposer, « The Gangster, The Cop, The Devil » met en scène un gangster et un policier qui par la force des choses, vont devoir s’allier afin d’arrêter le diable. Ou plus sobrement appelé, un tueur en série. Trois personnages aux caractéristiques opposés, trois stéréotypes dont deux vont devoir s’allier afin de tuer le troisième. L’histoire est ici résumée, à vous de la compléter afin de rendre l’alliance entre les deux crédible et développer le background du protagoniste, alias le gangster, afin de donner du corps à cette même histoire. Histoire extrêmement simple et convenue, mais fondamentalement suffisante pour ce que le réalisateur réserve aux spectateurs. Si l’histoire a besoin des trois personnages, la mise en scène et le scénario se concentrent essentiellement sur l’un de ces personnages. Le gangster est l’élément principal de l’histoire. C’est lui qui va être l’élément déclencheur de la course poursuite, c’est lui qui a la main mise sur chacune des séquences principales que comporte le film. Il est au centre de l’attention, il est Ma Dong‑Seok.

Révélé au grand public international grâce au succès du très bon Dernier Train pour Busan, Ma Dong‑Seok est un monstre. Enseignant de MMA, celui-ci est aussi charismatique qu’il est physiquement imposant. Il y a des athlètes qui malgré un physique impressionnant, perdent toute crédibilité devant l’objectif d’une caméra. Ma Dong‑Seok en impose. Il est un réel acteur, pouvant paraître aussi tendre et attachant, que réellement terrifiant. Lee Won-tae en joue énormément. Il joue avec son acteur, avec ce que renvoie son acteur à l’image. Il le met en scène de manière à ce que son personnage, aussi brutal et méchant soit-il dans ses actes, deviennent attachant, devienne cet anti-héros que le spectateur a envie de voir progresser, de voir sourire avant qu’il ne détruise seulement armé de ses poings, une armée de 20 hommes. Si le film s’avère finalement assez avare en combats (en terme de ratio combats/durée), Lee Won-tae compense avec un sound design impactant (les coups font mal, chaque coup de poing porté par Ma Dong‑Seok semble être un coup de masse), et une mise en scène qui va permettre aux personnages hauts en couleur de faire le show. Iconiser le statut de chaque personnage et jouer avec l’image qu’ils sont chacun sensé renvoyer. C’est extrêmement simple, mais ça fonctionne admirablement bien pour ce spectateur venu voir un pur divertissement qui ne se prend pas une seule seconde au sérieux.


« Le Ma Dong Seok show. Si elle n’est pas dénuée de défauts, cette comédie d’action sait comment réjouir son audience. Visuellement léché, aucune prise de tête ni trop de sérieux et des personnages qui ont de la gueule. »


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *