The Door (Critique |2016) réalisé par Johannes Roberts

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Synopsis : “Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu’à ce qu’un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu’un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu’à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l’avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l’équilibre entre les deux mondes.”

En 2016, et ce, depuis déjà plusieurs années, le cinéma d’horreur est divisé en trois parties bien distinctes. On a le cinéma d’horreur indépendant, fait avec les moyens du bord, mais qui s’avèrent finalement être les films les plus créatifs et inspirés, ainsi que le cinéma d’horreur commercial. Cette dernière catégorie se divise en deux, avec d’un côté les films mis en scène par des réalisateurs qui ont un savoir-faire et qui réussissent à produire une oeuvre intéressante, malgré un certain classicisme dans le fond ou la forme et il y a les autres. Les autres ne sont pas pour autant de mauvais metteurs en scène, loin de là. Ce sont des metteurs en scène en devenir, qui n’ont pas le bagage suffisant pour tenir tête aux producteurs et faire de leurs œuvres respectives leurs propres films, des films qui sortent du lot. Les délaissant au bon vouloir des studios et producteurs qui chercheront avant tout à faire du cinéma conventionnel, commercial et qui fonctionnera, car suffisamment grand public et dans la veine de ce qui a déjà fait ses preuves au box-office. Certains réalisateurs prometteurs, de par une première réalisation de qualité, ont été de cette manière repérés par les studios, entrant par la grande porte dans le monde impitoyable du business cinématographique hollywoodien. Mike Flanagan, réalisateur, monteur, scénariste et accessoirement mari de l’actrice principale – Kate Siegel – de son film Hush, a de cette manière été repéré par Blumhouse Production (studio qui avait déjà produit son premier film), pour réaliser un projet de plus grande envergure, à savoir Ouija 2. Une production si importante qu’il ne devrait pas avoir un mot à dire sur le tournage. Tout ça pour dire qu’au jour d’aujourd’hui peu nombreuses sont les bonnes œuvres cinématographiques horrifiques. On les compte sur les doigts d’une main, contrairement aux œuvres commerciales fades et sans intérêts. The Other Side Of The Door, renommé tout simplement The Door pour la sortie française, aurait pu être une bonne surprise. Malheureusement et comme vous avez pu le comprendre au travers de cette longue introduction, il n’en est rien.

Réalisé par Johannes Roberts, dont c’est le septième long métrage tout de même – mais qu’en France on ne connaît toujours pas – The Door plonge le spectateur en Inde auprès d’une mère dévastée, suite au décès de l’un de ses enfants. Cette mère inconsolable, va avoir la chance de parler une dernière fois à son enfant disparu grâce à un rituel indien. Bien évidemment, elle n’avait qu’une règle à respecter et… ne la respecte pas. Dans le cas contraire, il n’y avait pas de film, c’est aussi simple que ça. L’intérêt premier de ce long métrage réside dans son environnement principal : l’Inde. L’Inde est un pays rarement visité par le cinéma et plus particulièrement le cinéma d’horreur. C’est un pays qui, comme tout à chacun, possède sa propre culture et sa propre mythologie. Cette dernière est ici centrale au scénario par le biais de l’utilisation d’une porte qui ferait la liaison entre le monde des morts et celui des vivants. En vérité ce n’est pas qu’une porte, mais le temple indien dans son intégralité qui serait hanté et par conséquent interdit aux visites dans la réalité. Ce ne sont que des “ont dit”, pour lesquels on ne croit que ce que l’on veut et l’on entend ce que l’on souhaite entendre. L’Inde est un terrain de jeu intéressant, permettant au film d’acquérir aisément une ambiance particulière. La barrière de la langue et l’opposition entre la culture occidentale et orientale pouvant déjà être des rouages afin de créer la peur. L’homme ayant relativement peur et n’étant pas en confiance lorsqu’il fait face à l’inconnu, à quelque chose qu’il ne maîtrise pas. Ce qui est une bonne initiative sur le papier, s’avère être finalement qu’un simple prétexte dans le but de mettre en scène un film d’épouvante conventionnel, à la mise en scène et à la réalisation au classicisme absolu.

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Sous ses faux airs de film d’épouvante ancrée et inspirée par la mythologie indienne, The Door n’est autre qu’un énième long métrage qui n’a d’horrifique que son scénario. Un scénario dont l’arc narratif principal repose sur l’acceptation de la mort de son enfant et le deuil d’une mère. Sûrement la peine la plus difficile à accepter, mais également la plus difficile à transposer au cinéma. La volonté de mettre en évidence la peine et la tragédie de cette mère de famille meurtrie va donner naissance à de très jolies scènes. Des scènes touchantes, des scènes de partage alors que l’un des deux membres qui partagent cet amour n’est plus. Sauf que le drame n’est pas l’optique principale de ce film. Un film programmé pour entrer dans le carcan du cinéma d’horreur moderne et qui va en porter les stigmates, tant dans sa mise en scène, que dans l’utilisation abrutissante de jump scare ratés et d’une bande sonore réduite à la création d’un faux suspense. Malgré un épilogue intéressant, rappelant les heures de gloire et la créativité de quelques œuvres horrifiques françaises – des films de Pascal LaugierChristophe Gans ou encore Alexandre Aja – ni la forme, ni le fond de ce long métrage ne vous feront tressaillir.

Vendu à la manière de tout bon film d’horreur commercial par le biais de bandes-annonces aux montages dynamiques et s’achevant sur un jump scare amplifié par le travail sur le son, c’est avant tout son actrice principale qui pourrait attirer quelques spectateurs. Après avoir officié dans des séries à succès telles que Prison Break ou encore The Walking Dead, Sarah Wayne Callies c’est vu offert quelques rôles au cinéma. Des rôles aux partitions très proches de ce pour laquelle les spectateurs la connaissaient déjà et qui ne lui ont jamais réellement permis de dévoiler l’étendue de son talent. Si talent il y a. On notera tout de même son apparition dans le film français Lullaby, film qui fait office d’exception dans sa carrière. The Door ne fera pas date dans la carrière de Sarah Wayne Callies. Elle reste dans des sentiers déjà balisés par les rôles tenus dans diverses séries télévisées, mais réussie malgré tout à convaincre et apporte une légère profondeur à son rôle. Une sensibilité qui n’est pas à renier, tant le film s’avère lisse et vain dans son écriture et sa mise en scène. On en revient une nouvelle fois aux quelques courtes scènes où prône non pas l’horreur, mais le drame. Des scènes très courtes, mais intenses, là où le restant du film ne fait qu’enchaîner cliché sur cliché.


En Conclusion :

The Door aurait pu être une bonne surprise, un drame traitant par le prisme de l’horreur du drame intérieur d’une mère ayant perdu son enfant. Rien de bien nouveau, mais quelque chose d’intéressant, surtout lorsque l’on voit ce dont l’actrice principale Sarah Wayne Callies est capable de faire lorsqu’elle est bien dirigée. L’idée est là, mais la finalisation est tout autre. The Door est un film d’horreur commercial et conventionnel dans ses moindres détails. Cherchant à faire peur et à instaurer une ambiance horrifique par le biais de la bande sonore et d’une mise en scène qui cherche le jump scare à tout prix, ne subsiste presque aucune fulgurance ou détail pouvant sauver ce film du carcan dans lequel il se voit enfermé. Mis à part quelques jolies scènes, scènes où l’on oublie l’horreur pour mettre au premier plan le drame et l’émotion. On pourrait retenir quelques jolis plans, quelques belles gestions de la lumière, mais le film est si ennuyant, si conventionnel que l’on ne fait même plus attention à ses quelques qualités. On appelle ça, un beau gâchis.

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