The Beast (Critique | 2015) réalisé par Hans Herbots

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Synopsis : “Flic brillant, Nick Cafmeyer est hanté par un lourd secret : la disparition jamais élucidée de son jeune frère. Un jour sa supérieure décide de lui confier une affaire similaire. Nick se plonge alors corps et âme dans l’enquête. S’ensuit une véritable chasse à l’homme. Pour que justice soit faite, Nick est prêt à tout…”

Sortir son film le dernier mercredi de l’année est un pari extrêmement risqué. L’année passée, Cold in July n’avait guère attiré un large public en salles. La faute également à une sortie trop tardive du film, en comparaison avec les sorties étrangères. The Beast semble s’en être bien tiré de ce côté-là. Le film belge n’aura pas eu de problèmes avec internet et une mise à la disponibilité de tous en téléchargement illégal. Cependant, sortie le 30 décembre un tel film ce n’est pas une belle idée. En cette période de fêtes, les spectateurs ont envie de rire et de se divertir, même si le film en question ne les marque pas. Pension Complète, Je Compte sur Vous font partie intégrante de cette catégorie de film. Ce qui n’est pas le cas du film réalisé par Hans Herbots : The Beast.

Le film The Beast est un thriller sombre et difficile, bien trop difficile pour un lendemain de fête. En subsiste tout de même un film maîtrisé. La Belgique a toujours su nous surprendre en terme de cinéma. Le réalisateur Michael R. Roskam et son acteur Matthias Schoenaerts en sont la preuve vivante. Grâce au succès (relatif, mais reconnu à l’international) de l’excellent Bullhead, ils ont réussi ou se forgent une carrière à l’internationale. Chose totalement méritée lorsque l’on visionne ce fameux Bullhead, un thriller brutal et bestial qui ne laisse pas de marbre grâce à son interprète et à sa mise en scène qui réussissait à valoriser ou à dévaloriser l’espace et les acteurs. Le travail effectué par Hans Herbots sur The Beast est diamétralement opposé. Il cherche avant tout à enfermer ses acteurs et notamment son acteur principal. Les espaces sont vastes et étendus, mais le cadre resserré sur le protagoniste. Offrant une sensation d’oppression paradoxale, car à l’opposé de ce que l’environnement pourrait nous laisser supposer. Une mise en scène et un cadrage qui cherche à exacerber les sensations intérieures du protagoniste. Un personnage qui conserve en son for intérieur un passé trouble et auquel on n’a pas accès. Il est une sorte d’énigme et va le rester jusqu’à ce que cette chasse ne s’achève.

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Interprété par Geert Van Rampelberg, que certains connaissent grâce à son rôle dans le film The Broken Circle Breakdown (Alabama Monroe), le policier Nick Cafmeyer va mener une enquête pas comme les autres. Une enquête tendancieuse, dont on ne saura pendant un moment s’il s’agit de fantaisies ou atrocités innommables. Le film va, grâce à un scénario bien ficelé et des dialogues coupés au cordeau, réussir à naviguer pendant sa première heure entre la fantaisie et la réalité. Un meurtre a été commis, une disparition a eu lieu, mais pour quels motifs ? Une enquête à laquelle va s’entremêler le passé du policier en charge de l’enquête. Ce qui va donner un rapprochement et surtout une corrélation entre le travail du metteur en scène et la psychologie du protagoniste qui va surgir par le biais de l’image. L’histoire du film, assez basique sur le fond, s’avère convaincante grâce à un scénario bien élaboré. Des dialogues aux mises en situation, le metteur en scène “n’a plus qu’a” travaille son cadre pour donner vie au script et à un film de qualité. On lui reprochera cependant d’être trop classique dans son déroulé et prévisible sur le long terme. Malgré une torpeur et une noirceur qui emporte littéralement le spectateur, l’aspect conventionnel de l’histoire rattrape le film dans sa seconde heure. Une seconde heure plus classique et prévisible, même si plus dynamique et violente ce qui permet d’offrir au long-métrage un second souffle non négligeable.

Un thriller sombre et âpre, qui malgré un soin tout particulier apporté au cadrage et au scénario rondement bien écrit, n’évite pas les longueurs et lenteurs. Des lenteurs nécessaires dans la première heure afin de poser les bases du récit et de permettre aux personnages de dévoiler leurs troubles sans faire dans le pathos ou la simplicité, mais des lenteurs tout de même. Le dynamisme et la violence autant physique que psychologique de la deuxième heure vient donner au film le coup de pied dont il avait besoin. On reprochera tout de même au film, son aspect conventionnel, autant dans l’histoire que dans la technique. C’est académique, linéaire et sans surprise. Surtout après divers films réalisés sur le même sujet dont un certains Prisoners réalisé par Denis Villeneuve, qui l’était lui aussi.


En Conclusion :

The Beast est une belle petite surprise. Un film dont on n’attendait rien, même pas sa sortie au cinéma. Je n’en connaissais même pas l’existence. Finalement, il s’avère être un thriller sombre et aux personnages torturés. Rondement bien mené grâce à un scénario habile et bien écrit, on se laisse aisément prendre au jeu. Interprété par un acteur de talent, le protagoniste joue les troubles fêtes, venant mêler à l’enquête un mystérieux passé. Une façon conventionnelle de donner du corps au protagoniste et d’intégrer son histoire à l’enquête, mais qui fonctionne ici grâce à cet acteur habité par le rôle. Un film académique et conventionnel, tant dans son histoire et sa technique, mais qui grâce à un sens du cadrage et à un scénario maîtrisé, emporte le spectateur dans une enquête sombre et dérangeante. Pas un film de fêtes, mais un film qui mérite qu’on lui accorde deux heures de notre attention.


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