Terrible Jungle, de belles promesses pour une comédie inégale


Synopsis : « Eliott, jeune chercheur naïf, part étudier les Otopis, un peuple mystérieux d’Amazonie. C’est aussi l’occasion pour lui de s’éloigner de l’emprise de sa mère, la possessive Chantal de Bellabre. Mais celle-ci, inquiète pour lui, décide de partir à sa recherche en s’aventurant dans l’étrange forêt amazonienne. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

“Dans la jungle, terrible jungle” : air célèbre d’Henri Salvador qui entonne Le Lion est mort ce soir. Ces paroles offrent une partie de son titre au film du duo de réalisateurs Hugo Benamozig et David Caviglioli. Ils se sont inspirés des souvenirs d’un ami anthropologue mais, de mésaventures dramatiques, ils en ont tiré un scénario bourré d’humour.

Après une installation effarante du personnage de Chantal, interprétée par Catherine Deneuve, on ne peut s’empêcher de penser au Sauvage de Jean-Paul Rappeneau, le film lance le voyage de son fils, idéal Vincent Dedienne. À la recherche d’une tribu isolée en pleine forêt amazonienne, la rencontre des civilisations promet de grands moments d’humour sur l’incompréhension des peuples… sauf que la rencontre avec Albertine, la cheffe de la tribu des Hotopi, portée avec panache par Alice Belaïdi, s’avérera différente de tout ce que l’on connait sur le fameux “choc des cultures”.

De l’humour potache pour une réflexion sur la façon dont les anthropologues se comportent avec les civilisations perdues, tout y passe. À cette histoire s’ajoute la quête d’une mère qui cherche son fils qu’elle croit disparu. C’est là que le film complète son casting avec Jonathan Cohen en lieutenant-colonel de gendarmerie dépassé et totalement à côté de la plaque mais terriblement hilarant. La confrontation Deneuve et Cohen vaut, à elle seule, le détour et livre les meilleurs moments comiques de l’histoire, en allant parfois assez loin dans les vacheries envers la gendarmerie française incompétente. À eux deux, ils livrent une prestation mémorable où l’actrice française n’hésite jamais à rabaisser Jonathan Cohen définitivement hilarant.

Terrible Jungle doit beaucoup à ce duo-duel qui fait de véritables étincelles. Bien que le film souffre de quelques maladresses de rythme, sans handicaper l’histoire, il dessine comme deux ensembles, deux parties qui ne se répondent pas totalement en raison de l’hystérie, de l’humour et de la folie déployée. Quand le spectateur se retrouve en pleine jungle avec Vincent Dedienne et Alice Belaïdi, le rire est présent, sans être totalement une franche partie de rigolade. En revanche, dès que l’histoire suit Catherine Deneuve dans la jungle à la recherche de son fils, l’humour est omniprésent et laisse peu de répit au spectateur : les répliques fusent et une véritable envie de suivre cette équipe de bras cassés s’impose au public, au point même de regretter de ne pas rester plus longtemps avec eux.

Sans rien se refuser dans les délires, dont des moments sous psychotropes, les deux réalisateurs font preuve d’une inventivité pour réussir le pari de rendre cette recherche anthropologique totalement crédible. Cependant, il reste quand même comme un goût d’inachevé en sortant de la salle, sans doute la faute à un scénario qui n’arrive pas à équilibrer convenablement l’humour et la folie dans chaque moment de l’aventure. Et même si Catherine Deneuve est parfaite, on sent par moment, que sans le vouloir, sa présence écrase le reste de l’histoire. L’actrice semble phagocyter la mise en scène aux dépens des autres protagonistes.

Si on veut s’amuser à comparer avec le foutraque et totalement déglingué Loi de la Jungle d’Antonin Peretjatko, il manque à Terrible Jungle une légèreté nécessaire pour réussir à rester dans le délire permanent. Ce premier film offre cependant un agréable moment de cinéma au scénario un peu inégal malgré la générosité des metteurs en scène. Mais le film offre surtout une promesse : celle de retrouvailles prochaines avec le duo de réalisateurs pour de nouvelles aventures parce qu’il s’agit là d’un premier film auquel on pardonne les erreurs inhérentes du débutant.


« Sans rien se refuser dans les délires, dont des moments sous psychotropes, les deux réalisateurs font preuve d’une inventivité pour réussir le pari de rendre cette recherche anthropologique totalement crédible. »

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