Teen Spirit, Elle Fanning est la nouvelle star d’un feel-good movie électrisant

Synopsis : « Violet, une adolescente passionnée par le chant, rêve de quitter sa petite ville et de devenir pop star. Affublée d’un mentor improbable, elle participe aux auditions de TEEN SPIRIT, un télé crochet musical national, une expérience qui mettra à l’épreuve son intégrité, son talent et son ambition… »

Si le divertissement et le film grand spectacle prend de plus en plus de place sur les devantures de nos cinéma, la diversité semble être paradoxalement de plus en plus réduite. Un catalogue de moins en moins éclectique avec des films populaires qui oscillent entre l’horreur et l’action, toujours en mettant l’accent sur le spectaculaire à grand renfort, ou non, d’effets spéciaux. Fondamentalement tous les divertissements se ressemblent et pour en trouver un qui sort du lot, un vrai bon feel-good movie tel que l’on aime les nommer, il faut se tourner vers le cinéma dit indépendant, majoritairement diffusé exclusivement sur les plateformes de streaming lorsqu’ils n’ont pas le droit à leur sortie limité dans quelques salles américaines et nord-américaines. On pense dernièrement à un Fighting with my Family qui n’a malheureusement pas trouvé son public au cinéma ou encore à un Hearts Beat Loud primé en festival, mais ignoré en salles.

Si on a pris un malin plaisir à découvrir des œuvres d’auteurs telles que Vox Lux et The Neon Demon (Nicolas Winding Refn, 2015) qui s’entichent à déconstruire le phénomène de popularité, Teen Spirit n’emprunte aucunement cette même voie. Il a la sienne de voix et décide de la faire entendre afin d’offrir à ce même phénomène le film qu’il n’avait jusqu’ici pas encore eu. Pas en l’état tout du moins. Si les success-stories foisonnent au cinéma comme à la télévision, et ce, depuis des dizaines d’années maintenant, il faut croire que Teen Spirit arrive au moment opportun. Il arrive en cette période où le cinéma d’auteur veut se faire entendre et où l’abreuvage de reality show et TV show a été pour ces auteurs en herbe ou confirmés, la cible idéale. Une cible rêvée afin de critiquer un système qui devient dément (celui du star-system), ainsi que notre société, elle-même sombrant dans cette même forme de démence. Il suffit de voir et écouter ceux qui nous gouvernent (États Unis comme ailleurs) pour le comprendre. Néanmoins, et si l’on revient à l’origine même du qualificatif d’auteur, un auteur est un artiste qui cherche à raconter une histoire par le prisme d’une vision, d’un point de vue unique : le sien. Il peut-être plasticien ou écrivain. L’on peut raconter une histoire par l’utilisation d’un art visuel, ainsi que par l’utilisation des mots.

Max Minghella, jeune acteur notamment aperçu au générique de films comme que The Social Network, passe pour la première fois derrière la caméra, inscrivant son nom au palmarès de celles et ceux qui ont franchi le cap afin de se laisser aller à leurs envies respectives. La sienne est claire, elle est nette et elle est précise : revenir dans le temps et mettre en scène une success-story telle que certains cinéastes ont pu le faire avec talent il y quelques décennies de ça. On pense à Fame et l’on pense avec une évidence folle à un certain Flashdance. Qu’on le veuille ou qu’ils le veuillent ou non, Teen Spirit est un remake caché (au premier abord) du film écrit par le duo Thomas Hedley Jr./Joe Eszternhas et réalisé par Adrian Lyne. Jeune étudiante d’un village reclus de l’Angleterre, Violet chante chaque soir dans le seul bar du village à l’insu de sa mère. Elle souhaite quitter cette vie minable et vivre de sa passion pour le chant. L’émission Teen Spirit pourrait être la chance de sa vie. Vous voyez mieux où l’on voulait en venir ? Prenez Flashdance, prenez Rocky ou prenez le récent Hearts Beat Loud, si ces trois films ne partagent aucunement le même univers, ils partagent néanmoins la même histoire et la même envie de mettre en exergue le talent et la persévérance d’un personnage. Feel-good movie d’un classicisme de compétition, Teen Spirit n’étonne ou ne surprend à aucun moment à cause d’une histoire conventionnelle et d’une structure narrative construite sur un amoncellement de facilités récupérées au sein de films dont on connaît les tenants et aboutissants des histoires sans même les avoir vus.

Des dialogues corrects, sans être pour autant marquants ou fondamentalement inspirés, une histoire classique, des rebondissements sans surprises… mais qui ne font pas défaut au film. Si Max Minghella s’impose réellement comme un auteur de cinéma avec ce Teen Spirit, c’est parce qu’il assume le classicisme de l’histoire qu’il met en scène. Il assume le fait de vouloir mettre en exergue le parcours d’une jeune femme qui souhaite vivre ses rêves par le prisme d’une émission de télévision. La critique ou la satire sociale ne sont pas de mise et n’ont pas leur place, tant le cinéaste et son équipe vont purement et simplement chercher à réaliser un show d’une heure et trente minutes. Film purement musical, Teen Spirit est l’illustration d’un album de musique où les séquences musicales sont liées une à une afin de raconter une histoire. Un long-métrage dont la Score devient l’Original SoundTrack. Une bande originale qui enchaîne les morceaux pop, dynamiques et explosifs, oscillants entre remix et reprises par le casting du film. L’on aime ou l’on déteste, une bande originale peu originale, mais représentative même de ce qu’est le film.

Teen Spirit est un film peu original, mais qui embrasse littéralement la dynamique de ses morceaux qu’il met en scène tel que des professionnels seraient à même des les « clippers ». Un montage dynamique, sans pour autant sur-découper, une image extrêmement léchée qui enchaîne les money shoots où se confondent les lumières de scène (néons) avec les lumières de la vie (Golden Hour) et de la ville (vue de nuit sur les lumières de la ville par réflexion). C’est extrêmement propre, peut-être trop propre même au point d’en devenir très impersonnel, mais le cinéaste conserve ce même point de vue de bout en bout. Il n’en déroge à aucun moment et conserve cette même vibe, cette même énergie que nous transmettent un montage image et sonore en parfaite harmonie avec la prestation magnétique de l’actrice Elle Fanning. Interprète de grand talent, si son personnage ne nous transcende à aucun moment faute à un scénario peu inspiré, sa prestation nous électrise et nous magnétise du premier au dernier regard. Un regard, mais surtout une voix. Une voix incroyable, dont on connaissait l’existence depuis quelques années, mais ici utilisée parfaitement afin de prouver qu’elle est une artiste complète et hors pair. Elle porte et transporte littéralement le film, et par déduction, un spectateur qui se laisse prendre par cette énergie qui transparaît de l’écran.

Si on aurait tendance à critiquer et à s’amuser des shows télévisés, Max Minghella décide d’en embrasser les codes, ainsi que ceux du clip musical pop afin de proposer un réel feel-good movie. Un film musical transpercer de but en blanc par une énergie incroyable transmise par un montage image et sonore impeccable et une imagerie très léchée. La prestance de l’artiste Elle Fanning ne fait que confirmer, en magnétisant avec sa voix un spectateur qui se laisse bercer et entraîner dans un flot musical pop, dynamique et qui donne une énergie qui fait littéralement du bien !


« Antithèse et/ou le prequel du récent Vox Lux, Teen Spirit s’inscrit comme un feel good movie au scénario complètement effacé, mais d’une énergie folle et transporté par le magnétisme de Elle Fanning. »


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