Star Wars : The Rise of Skywalker, le meilleur volet de la Postlogie ?


Synopsis : « La conclusion de la saga Skywalker. De nouvelles légendes vont naître dans cette bataille épique pour la liberté. » 


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Après un épisode VII critiqué pour sa nostalgie et un épisode VIII décrié pour sa démystification radicale du mythe que vénère plus d’un fan hystérique (un débat encore d’actualité), C’est à J.J Abrams, réalisateur de l’épisode VII, Le Réveil de la Force (2015) que revient la lourde tâche de conclure non pas une trilogie mais toute une saga. The Rise of Skywalker a pour ambition de mettre fin à l’arc narratif de la célèbre dynastie Jedi. Un troisième film passé entre plusieurs mains, du renvoi de Colin Trevorrow au rappel de J.J Abrams aux commandes de cette Postlogie. Après la démystification de Rian Johnson avec The Last Jedi (2017), J.J Abrams revient pour clore la trilogie qu’il a initié avec l’épisode VII. Les premières critiques françaises parues depuis la sortie du film évoquent une catastrophe qui tenterait tant bien que mal de rafistoler une trilogie décriée par certains comme incohérente et divergente dans son écriture scénaristique. Mais pourtant, The Rise of Skywalker est une conclusion cohérente avec les deux précédents volets de la Postlogie. 

En effet, cette nouvelle trilogie peut être vue selon trois axes narratifs qui forment une véritable cohérence dans ses thématiques. Avec Le Réveil de la ForceJ.J Abrams s’appropriait une mythologie, celle de George Lucas, qu’il faisait renaître à l’écran avec de nouveaux protagonistes, tout en faisant revenir les grandes légendes qui ont fait la gloire d’une saga cinématographique. L’épisode VII donnait à voir la renaissance d’un mythe en parallèle de la naissance de son héritage. Avec The Last JediRian Johnson opère ni plus ni moins qu’une démystification pure et dure de cette mythologie, une remise en question d’un mythe et de son héritage. Avec The Rise of SkywalkerJ.J Abrams fait naître des cendres d’une mythologie détruite : un héritage, la naissance d’une nouvelle légende qui amène à enterrer les anciennes et ses vieilles reliques. Force est de constater que le cinéaste doit reconstruire un mythe après la destruction de Johnson sur l’épisode VIII et écrire une nouvelle histoire avec ses nouvelles légendes. Et cela amène quelques maladresses scénaristiques que plus d’un article ont déjà pris la peine de relayer depuis la sortie du film. Mais malgré ses incohérences, J.J Abrams fait preuve d’un savoir-faire indéniable pour mettre en scène l’épisode le plus dense de cette Postlogie. 

Car oui, Star Wars IX va vite, trop selon certains. Dans une première partie où les personnages se retrouvent dans une narration densifiée par un montage très nerveux, s’enchaînent des scènes riches en action où les protagonistes courent constamment, précipités par leurs péripéties. Dans cette première partie, J.J Abrams met en scène des scènes d’actions lisibles, avec une fluidité dans le montage qui fait plaisir à voir à l’heure des productions Marvel hyper rushées. Une poursuite de vaisseaux dans un désert évoque les origines westerniennes de la saga tandis qu’un assaut dans le vaisseau du premier ordre rappelle ceux de la trilogie originale. Une première partie où le cinéaste fait preuve d’une certaine maîtrise dans la fluidité de sa narration et d’un sens indéniable du rythme, propre à la patte de ses blockbusters.

Puis, dans sa deuxième partie, The Rise of Skywalker opte pour un rythme plus lent, plus intimiste, où un duel au sabre laser sur les ruines d’un vestige de la trilogie originale devient un moment dramatique émotionnellement fort, où l’absence de musique laisse place à la brutalité des sabres qui s’entrechoquent dans leur matière. J.J Abrams filme Carrie Fisher comme une sublime présence fantomatique, offrant à l’arc narratif de la princesse Leia une fin digne et plus qu’honorable. Kylo Ren (Adam Driver) devient un personnage avec une épaisseur psychologique plus que fascinante. Il gagne en charisme à chacune de ses interventions. Des fantômes du passé font leur apparition, faisant écho avec le passé, J.J Abrams proposant parfois dans son Rise of Skywalker, un miroir inversé de son Réveil de la Force avec une belle dramaturgie dans son écriture et dans l’ampleur de sa mise en scène. La forme de cet épisode IX est soignée dans chaque plan, servie par une direction artistique propre à la patte de son cinéaste. J.J Abrams signe de purs moments de bravoure dans sa mise en scène, enchaînant des scènes d’anthologie qui resteront parmi les images les plus mémorables de la saga, notamment un climax épique qui emprunte autant au spectaculaire Retour du Jedi (1983) qu’à la tragédie grandiloquente de La Revanche des Sith (2005).

Nul doute que The Rise of Skywalker divisera assurément les fans au même titre que les deux précédents volets de la Postlogie. Certains verront dans la démarche d’Abrams un bras d’honneur aux choix scénaristiques de Rian Johnson, décriant une trilogie incohérente dans ses partis pris d’écriture. D’autres y verront une volonté chez le cinéaste de faire une synthèse de deux visions opposées qui s’assemblent pour créer une trilogie cohérente d’une grande richesse thématique. La démystification d’une mythologie pour laisser place à la naissance d’un nouveau mythe. Cet épisode IX résonne comme un écho, un adieu à la dynastie Skywalker qui aura brillé durant huit films pour s’achever dans un épilogue épique et poignant, imposant cette Postlogie comme une trilogie aboutie et cohérente, malgré ses quelques maladresses d’écritures. Des imperfections tout à fait pardonnable face à la générosité d’un blockbuster haute gamme, bien au-dessus de la moyenne. 


« Malgré quelques imperfections, J.J Abrams offre avec The Rise of Skywalker un final épiqueservi par une dramaturgie émotionnellement forte, qui s’impose comme le meilleur volet de cette Postlogie. » 


 

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