Spectral réalisé par Nic Mathieu [Sortie de Séance Netflix]

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Synopsis : “Quand une force surnaturelle dévaste une ville européenne déjà ravagée par la guerre, un ingénieur fait équipe avec les opérations spéciales pour lui barrer le chemin.”


Tu éteins les lumières de ton salon, tu allumes ta télé ou ton ordinateur et lance le film. Oui, l’on n’est pas dans une salle de cinéma, mais bien dans un salon pour regarder un film en DVD, Blu-Ray ou VoD. Certains films n’ont pas le privilège de la sortie cinéma, mais se savourent tout de même chez soi.

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Annoncé le 07 décembre pour une sortie fixée au 09 du même mois, rien n’augurait un produit fini de qualité. Produit par les studios Legendary Pictures, c’est la plate-forme de diffusion Netflix qui, à la dernière minute, a récupéré les droits de diffusion du bébé alors que son futur semblait être celui du fin fond d’un tiroir de producteur. Finalement, il est là, disponible au visionnage, et ce Spectral n’a rien d’un mauvais DtV (direct to video ndlr). Bien au contraire, il a visuellement et esthétiquement parlant, tout d’un blockbuster hollywoodien. Et d’un bon ! Ce long-métrage est à ce jour, la plus grosse production Netflix disponible sur leur market. Disponible, car la production la plus couteuse pour le studio Netflix en tant que producteur n’est autre que le nouveau long-métrage réalisé par David Ayer avec Will Smith et Joël Edgerton (72 millions de dollars de budget). Visuellement très réussi, le film de Nic Mathieu est doté d’une direction artistique magnifique, au style identifiable entre mille et aux effets spéciaux remarquables dépassant allègrement certaines productions qui atteignent le milliard de recette à l’international. Spectral est un film de guerre qui adopte dès son introduction un ton extrêmement sombre. Les personnages (militaires & autres) sont renfermés et psychologiquement fragilisés par ce qu’il a pu leur arriver, va leur arriver. Les plans larges sur la ville et les différents environnements traversés dévoilent un univers froid. Univers où se fait ressentir l’omniprésence de la mort. Des décombres, des décombres et encore des décombres. Cette menace invisible, semblant inatteignable et immortelle ne va être qu’un nouvel affrontement pour des soldats qui semblent avoir déjà vécu le pire. Sauf qu’ils vont tomber un à un, et ce, dès le premier contact avec la menace spectrale. Quelle est telle ? Telle est la question qui va animer le scénario et le spectateur durant… quelques secondes. Cette problématique extrêmement simpliste, même si remise au premier plan lors du climax, va être mise en retrait afin de laisser place à l’action. Des scènes d’action rondement bien écrites, avec un travail honorable sur les diverses étapes nécessaires à une évolution fluide et limpide de la séquence d’action. Séquence bien amorcée puis développée, avant d’être conclue, majoritairement par un acte de bravoure spectaculaire. Spectral est un film à l’histoire on ne peut plus simpliste, mais sauvé par une cohérence globale de l’œuvre.

Max "Badass" Martini, il n'est pas là pour manger des glaces !
Max “Badass” Martini, il n’est pas venu là pour manger des glaces !

Cohérence dans la volonté de faire un film d’action sombre et brutal, adoptant une gestion de la lumière qui va renforcer l’aspect surréaliste et artificiel du tout. Le contraste lumineux saisissant lors du climax va dans ce sens. Sans que les effets d’incrustations ne soient ratés, bien au contraire. Numérique, surréaliste, mais cohérent et de ce fait, réussi. Première réalisation pour un Nic Mathieu qui s’affirme ici comme inspiré par des cinéastes bien connus du grand public. On y voit du Guillermo del Toro (quelques idées de mise en scène ramènent à son Pacific Rim), mais plus aisément du Michael Bay dans cette volonté de faire du soldat, un personnage fort et badass comme on aime le dire. Des personnages animés par la rage qui vont être sans cesse mis en valeur même face à une mort certaine. Quelques effets visuels (bullet-time…) vont également accentuer cette stylisation du militaire et donner au film un cachet visuel indéniable. Des choix de mise en scène vont mettre en avant l’héroïsme des personnages et l’aspect spectaculaire des situations. Du Michael Bay également dans les cadres et les mouvements de caméra. Une réalisation mouvementée, mais stable en permanence, permettant d’apprécier l’action de la manière la plus lisible qui soit. Un cinéma facilement caricatural lorsque le scénario répond aux codes imposés par le cinéma d’action hollywoodien et dispose de son lot de facilités aberrantes, mais franchement : « Quel pied ! ». Spectral est avant tout un film d’action et il ne s’en cache pas. Un film d’action à la réalisation stylisée, qui malgré quelques longues tirades inutiles, transporte le spectateur grâce à une réalisation soignée, une belle direction artistique et des effets spéciaux remarquables. La bande originale signée Tom Holkenborg (connu sous le pseudonyme Junkie XL) ajoute sa dose d’épique à l’action. Le mixage sonore n’est pas en reste avec un joli travail sur le silence, permettant eu film de ne pas user à outrance de musiques et de créer de véritables moments de tensions. Ce qui va également permettre au film de trouver son rythme, d’avoir ses passades, mais surtout ses moments de tension puis d’action intenses.

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[ctt template=”5″ link=”_Jb2w” via=”yes” ]Film d’action assumé, stylisé, aux SFX et à la DA magnifique, mais à l’histoire au rabais. #SortieDeSéance #Spectral via @CineCinephile[/ctt]


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