Simetierre, une nouvelle adaptation qui ne démérite pas

Synopsis : « Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s’installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l’aide d’un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Deux ans après le Ça d’Andy Muschietti (2017), qui a relancé la mode des adaptations du maître de l’horreur Stephen King, le producteur Lorenzo Di Bonaventura, derrière la production des films de Michael Bay, entre autres, remet le couvert avec une deuxième adaptation de Simetierre, 30 ans après le film de Mary Lambert (1989). Une nouvelle adaptation du roman plus qu’un remake du film original. Un projet de longue date qui traîne dans les tiroirs des producteurs depuis plusieurs années, remis sur le devant de la scène suite au succès monumental de Ça en 2017. Cette nouvelle adaptation est confiée au duo de cinéastes Kevin Kölsch et Dennis Widmyer, réalisateurs de Starry Eyes (2014), un petit film d’horreur inconnu ayant circulé dans les festivals. Nul doute que les producteurs ont probablement vu dans cette nouvelle adaptation une opportunité d’exploiter le filon de la tendance actuelle de l’auteur pour livrer une pure série B horrifique. Une ambition que la plupart des critiques français semblent pointer du doigt. Simetierre,version 2019, ne cesse de se prendre un ramassis de critiques assassines depuis sa sortie. Si le film est en effet loin d’être exempt de défauts, il n’est pas pour autant aussi mauvais qu’il n’y paraît. 

Tout d’abord, il faut saluer une ambition chez les deux cinéastes, de revenir à un cinéma d’horreur classique, lorgnant plus du côté du thriller psychologique durant sa première heure. Simetierre prend le temps d’installer son intrigue et ses personnages, portés par des comédiens de bonne facture (Les très bons Jason ClarkeAmy Seimetzet John Lithgow), d’introduire le fameux cimetière d’animaux qui donne son nom au film et au roman (Pet Sematary en VO), de présenter le fameux Church (ce foutu chat qui, une fois revenu d’entre les morts, passe une grande partie du film à nous angoisser en grognant dans un coin du plan), le rituel de procession des enfants masqués. Les péripéties du roman de Stephen Kingsont correctement introduites afin de rendre l’univers cohérent, à travers une ambiance suffisamment soignée pour être saluée parmi la production horrifique habituelle. 

Le scénariste Jeff Buhler survole les thématiques du roman sur la question du deuil et du rapport à la mort, cultivant, à travers la psychologie des personnages, une écriture plus orientée vers le drame psychologique. Les cinéastes laissent au placard la technique du jumpscare pour privilégier une atmosphère angoissante, à travers les névroses des personnages et leur rapport à la mort. Les deux réalisateurs proposent des idées de mise en scène plutôt réussies, qui donnent à l’image des visuels horrifiques qui parviennent à instaurer une angoisse latente dans l’inconscient du spectateur, qui continue de vous hanter à la sortie de la salle, bien plus que les jumpscares des productions horrifiques actuelles. Des idées de mise en scène intéressantes mais, par moments, desservies par une esthétique télévisuelle pas toujours jolie. On est encore loin de la maestria d’un Jordan Peele (Get Out, Us) ou d’un James Wan (Insidious, Conjuring), bien entendu, mais Simetierre fait tout de même partie du haut du panier en terme d’ambiance horrifique. 

Le défaut principal de cette nouvelle version réside dans le changement de ton de sa dernière heure. Un turn-over où cette adaptation prend certaines libertés par rapport au roman d’origine, troquant le thriller psychologique respectable de la première heure contre une dernière demi-heure qui vire totalement dans la pure série B horrifique, certes pas déplaisante, notamment dans son humour noir et son cynisme. Mais nous aurions sans aucun doute préféré que les cinéastes explorent davantage les thématiques du deuil et de la mort, chères au roman de Stephen King, qui faisait de cette nouvelle version un drame psychologique plutôt efficace dans sa première partie. Si le film de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer est, par moment, desservi par une esthétique télévisuelle et un revirement dans la pure série B horrifique un peu maladroit, ce Simetierre 2019 ne démérite pas pour autant, notamment grâce à une écriture et une ambiance soignée, ainsi qu’une partition d’acteurs de bonne facture. Une adaptation respectable.

Ce film est interdit aux moins de 12 ans.


« Si le film de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer est, par moment, desservi par une esthétique télévisuelle et un revirement dans la pure série B horrifique un peu maladroit, ce Simetierre 2019 ne démérite pas pour autant […].»



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