Santa & Cie réalisé par Alain Chabat [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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111,1 millions de dollars de recettes pour Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. 48.4 millions d’euros, et non de dollars cette fois, de recettes pour le film Sur la Piste du Marsupilami. On parle des chiffres à l’international, mais tout de même, quel réalisateur français de comédies populaires peut se targuer d’avoir fait de tels chiffres aujourd’hui mis à part Alain Chabat ? Si son dernier film en tant que réalisateur n’a pas été le succès escompté, après le raz de marré Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre qui au-delà des chiffres est un film devenu aujourd’hui culte à l’image d’un certain La Cité de la Peur, il n’en demeurait pas moins une petite réussite. Élevé à la meilleure des écoles, à savoir Canal+, notamment entre 1987 et 1992 avec des émissions comme  Objectif : Nul, Histoire(s) de la télévision ou encore  Les Nuls L’émission, Alain Chabat possède un savoir-faire et à emmagasiner au fur et à mesure des années l’expérience nécessaire pour produire de belles œuvres cinématographiques. Alain Chabat fait partie des grands, de ceux dont on peut vendre un film simplement sur leurs noms, de ceux qui ont le privilège de voir leurs films sortir le même jour à l’international. En l’occurrence le mercredi 6 décembre 2017 en France, mais également en Pologne et au Canada, ce qui n’est pas rien puisque c’est ce dernier pays qui pourrait permettre au film d’avoir une carrière aux États-Unis si les retours sont au vert. Après s’être essayé à deux reprises à la comédie d’aventure, mais également à la comédie absurde, Alain Chabat s’attaque au film de Noël. Un genre en perdition et de moins en moins représenté dans le cinéma français, contrairement au cinéma américain qui en est de plus en plus friand même si la qualité n’est que rarement au rendez-vous ces derniers temps.

Si sur le papier l’idée ne semble pas être la plus ambitieuse et attendue, voir Alain Chabat faire un film de Noël semble être finalement une évidence. Chacun des films qu’il a pu réaliser était caractérisé par une certaine bienveillance à l’égard des personnages, ainsi que des spectateurs. Des personnages qui sont dorlotés, joliment caractérisés afin d’être aimés par le public, même si méchants dans leurs intentions premières. À l’image d’un Jerry Lewis ou d’un Charlie Chaplin pour ne citer qu’eux, et ce, même s’il n’exploite pas le même registre comique (le comique de geste est peut-être celui le moins exploité dans un film comme Santa & Cie) que ces derniers, Alain Chabat réussit toujours à faire transparaître l’amour et la bienveillance qu’il porte envers ses personnages. Faire un film de Noël était donc logique. Quoi de plus bienveillant, bon enfant, joyeux et merveilleux qu’un beau film de Noël sincère, réalisé avec passion ? Avec la comédie d’aventure, le cinéaste français cherchait à faire s’évader le spectateur et à lui faire vivre une aventure aussi drôle que dépaysante. Si le propos fondamental du récit, l’ambiance générale et les décors sont à des lieux de ses précédentes œuvres, Santa & Cie est dans le sillage des films en question. Il n’est pas question de l’âge de pierre, d’Égypte ou de la Palombie, mais grâce à une créativité sans bornes et l’imagination d’un cinéaste qui a su conserver son âme d’enfant, Santa & Cie se délecte tel un film d’aventure où la sensation d’émerveillement enclenché par le dépaysement serait cette fois-ci provoquée par l’imaginaire collectif qu’il s’approprie : Noël.

Au-delà de l’histoire de cette même fête et de ce qu’elle représente pour tout à chacun, Noël représente dans l’esprit collectif : la joie et l’émerveillement. Nous viennent en tête des images, des objets, des sensations et émotions vécues ou transmises par le biais de d’autres ou d’œuvres artistiques quelles qu’elles soient. Alain Chabat c’est donc approprié cette fête afin de réaliser un long-métrage qui parlera à tous. Un film dont l’histoire dans ses grandes lignes n’étonne ni ne surprend, mais une histoire qui va servir de nappe à un réalisateur, également scénariste et dialoguiste, qui n’a vraisemblablement pas fini de surprendre. S’il réussit non sans mal à émerveiller les plus petits, Alain Chabat s’improvise également Père Noël des cinéphiles et spectateurs assidus. Si sa mise en scène repose essentiellement sur des principes cinématographiques devenus aujourd’hui consensuels, et donc peu exaltants pour le spectateur (mise en scène didactique faite pour enclencher le dialogue entre les personnages et permettre la bonne continuité de l’histoire), Alain Chabat sait s’en défaire pour apporter une once de créativité et ne pas laisser la lassitude l’emporter. Changer de registre comique et utiliser par exemple, à un ou plusieurs moments le comique de geste afin de surprendre et faire rire à coup sûr. Ceci n’étant qu’un simple exemple de fulgurance dont le cinéaste est capable et produit au sein de ce Santa & Cie.

Si le film n’étonne donc pas par sa mise en scène ou sa réalisation didactique et factuelle, même si, très loin d’être désagréable grâce à des cadres toujours soignés et un panel d’échelles de plans très amples permettant au film de se renouveler sans cesse, c’est bel et bien par sa rythmique et le sens du phrasé hors pair de son dialoguiste qu’il émerveille. Chaque changement de plan (peut-être pas les changements d’axes, dont a abusé le monteur afin de conserver un même dynamisme sur l’entièreté du film), chaque temps de pause, chaque mot et chaque intonation est pensé, en amont ou durant le tournage, afin d’amener vers le rire ou un simple sourire. Tout est pensé, tout est millimétré et chaque détail à son importance. Un bruitage accentué, un plan plus rapide qu’un autre, un corps ou un objet qui tombe après tous les autres, le caméo d’une personnalité, une référence, un jeu de mots, une expression, un objet… énumérés tels que et pris un à un, ce ne sont que des détails, mais l’accumulation de ces détails forment une œuvre cinématographique foisonnante et irrésistible.

On ne se lasse pas et le spectateur est sans cesse dans l’attente de découvrir ce que le cinéaste lui réserve. Un émerveillement qui passe par le visuel et un travail superbe sur la direction artistique et les effets visuels qui enjolivent film. Si l’on remarque quelques défauts d’incrustation lors des moments plus “spectaculaires” (traîneau et rennes volants NDLR), le reste du film brille grâce de belles finitions et un beau travail de compositing qui efface toutes traces de ce qui prouverait l’ajout d’effets ou de superposition d’éléments. La colorimétrie est quant à elle, constituée majoritairement des couleurs qui font échos aux fêtes de Noël avec le bleu du froid de l’hiver, ainsi que des couleurs plus chaleureuses qui rappellent l’intérieur des maisons et le feu des cheminées. Sans omettre le rouge du Père Noël de Coca Cola avec lequel s’amuse Alain Chabat, ainsi que le vert du vrai costume qui vient distinguer le personnage du reste du monde. Comme un étranger au milieu de ce monde qu’il croyait connaître. Un beau travail, signé par les techniciens de l’ombre de chez Mikros Image et Digital District, qui vient sublimer le film et amplifier l’émerveillement du spectateur.

Avec le film Santa & Cie, Alain Chabat agit tel un Père Noël extra et intra à la diégèse du récit. Émerveiller petits et grands, cinéphiles assidus et spectateurs du dimanche simplement venus découvrir un film en famille ou entre amis, tel semblait être le pari du cinéaste français. Ce dernier dresse la table avec l’histoire d’un film de Noël bienveillant et consensuel et vient l’orner de son savoir-faire tant admirable. Une rythmique imparable dans les dialogues, des blagues et jeux de mots irrésistibles sublimés par une belle direction d’acteurs et d’actrices. Santa & Cie est un film qui joue avec le merveilleux de Noël pour nous émerveiller et nous faire redevenir de petits et grands enfants le temps d’une projection.

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