Ramdam, un regard bienveillant et authentique sur le monde

Synopsis : « Amine, brillant professeur à l’université de Bordeaux, est en froid avec son père depuis des années. Quand il apprend que ce dernier, président du club de rugby de Saint-Marsain, veut transformer la mosquée du village en discothèque pour les fins de matchs, son sang ne fait qu’un tour. L’affrontement entre père et fils vire aux règlements de comptes… quitte à ce qu’Amine devienne l’imam du village ! »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Pour être sincère, nous ne pensions pas prendre quelques dizaines de minutes de notre temps afin de vous parler de ce film. Un film dont j’ignorais complètement l’existence il y a encore 48 heures de cela. Long-métrage proposé en primeur et exclusivement sur la chaîne Arte ce vendredi 29 mai 2020 en première partie de soirée, Ramdam repose sur un concept intéressant. Concept porteur, qui lui a certainement permis d’obtenir les subventions du CNC, mais également de la chaîne Arte. Ce même concept qui nous a intrigué, nous a poussé à visionner ce film en amont de sa diffusion afin que, si on en trouve les mots et le temps, nous puissions vous en parler. Néanmoins, même pendant le visionnage, il y a des moments ou je ne pensais pas écrire dessus. Je ne pensais pas prendre un peu de temps afin de communiquer sur cette oeuvre, car je la jugeais hâtivement.

Ramdam, comédie écrite et réalisée par Zangro qui raconte les déboires d’un professeur de renom qui enseigne à l’Université de Bordeaux et qui va se retrouver, suite à un florilège d’imbroglios et de discordes, devenir l’Imam d’une Mosquée promise à la destruction. La première comédie dans une mosquée. L’audace est là, la promesse est grande. La promesse d’une oeuvre cinématographique, qui n’a fondamentalement pas le budget et par déduction, le temps et les moyens alloués à des films promis pour le cinéma, mais qui a quelque chose à raconter. Quelque chose qui sera autre que la bienveillance raciale souvent grossière que dégagent des longs-métrages, qui se proclament comme des œuvres populaires prônant la mixité, mais qui au contraire se servent simplement de cette même mixité à des fins commerciales. Et ce, avec des œuvres dont les histoires, gags et dialogues ont tout pour attiser notre scepticisme sur cette même bienveillance raciale.

Alors oui, on hésitait à prendre quelques minutes pour en parler. Ramdam est un film techniquement peu original. Un découpage factuel qui va simplement chercher à permettre aux spectateurs d’avoir le meilleur regard sur les situations et les différents interlocuteurs qui y prennent part. Une réalisation extrêmement classique avec des compositions de cadres qui, encore une fois, suivent les différents interlocuteurs dans leurs actions afin d’offrir au spectateur une facilité d’imprégnation et d’implication au sein de l’action. Une redondance dans le choix des focales (on ne dépasse jamais le 50 mm pour ne pas obstruer la profondeur de champ par du flou) afin de ne pas casser cette même dynamique créée dans le but de suivre les personnages et non de chercher la stylisation d’une situation ou d’un lieu. Techniquement, Ramdam est un film qui ne se dissocie pas de la concurrence destinée et produite dans le simple but de divertir un large public avec une histoire portée par des personnages hauts en couleurs et dont l’histoire va reposer sur un enchaînement d’imbroglios et de mésententes créant le rire et l’affection.

Tel que vous avez pu le comprendre, Ramdam est un film qui use du même dispositif que maintes comédies à grand déploiement, mais avec un budget fondamentalement moindre, ainsi qu’un scénario bien plus authentique. Si la structure narrative exploitée est celle d’une comédie banale et sans grandes prétentions, il en dégage une réelle et sincère bienveillance par le prisme de la force des mots et expressions employées. Bien choisir ses mots afin qu’en l’espace d’une simple ligne de dialogue le spectateur puisse comprendre pourquoi le film existe. S’il est un film qui prône la bienveillance envers son prochain, mais également l’écoute, Ramdam développe un propos pertinent et essentiel sur les problématiques raciales que sont : le regard de l’autre et l’affirmation de soi-même. Ne pas avoir honte d’être et qu’il soit. Et ce, tout en ayant un regard doux, mais authentique sur la manière dont l’être humain généralise et porte des prérogatives sur des gens et cultures à cause d’images préconçues créées par des faits rapportés, des médias ou encore la peur.

Joliment interprété et incarné par un florilèges d’acteur.rice.s qui s’en donnent à cœur joie (les personnages secondaires étant le vecteur principal de comédie et de sourires), transmettant cette agréable et douce bonhomie aux spectateurs, Ramdam est une comédie porteuse de bons sentiments. Une comédie qui démontre que même si la manière dont est développée l’histoire, n’a rien d’originale, cette dernière peut-être rendue belle et essentielle grâce à l’usage de bons mots. La réelle bienveillance et la sincérité des regards portés sur les personnages (qui vont au-delà de ceux que l’on retrouve dans le film) se ressent grâce à ces mots et lignes de dialogues qui nous permettent d’ouvrir encore plus notre regard sur le monde et les autres.


Diffusé en primeur sur la chaîne Arte ce vendredi 29 mai 2020 à 20h50, puis visible sur le site de la chaîne Arte.

« Comédie aux rouages classiques et bien connus, Ramdam touche grâce à son regard authentique et bienveillant porté sur le monde. Un monde qui va bien au-delà de celui du film. »


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