Quelques Minutes après Minuit réalisé par J. A. Bayona [Sortie de Séance Cinéma]

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Synopsis : “Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Si le titre français est assez énigmatique, le titre original (A Monster Calls, ndlr) aurait pu être trompeur et vendre un film d’horreur. En effet un monstre appelle, mais dans son titre, on retrouve avant tout l’idée de répondre à l’appel du monstre. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : répondre à l’appel du monstre venant rendre visite à Conor (interprété par l’excellent et prometteur Lewis MacDougall) toutes les nuits. Mais n’est-ce pas lui qui l’a invoqué ? Après L’Orphelinat, un petit bijou d’horreur gothique, puis The Impossible qui revenait sur les conséquences du tsunami de 2004 sur une famille anglaise, voici ces Quelques Minutes après Minuit. Un drame intimiste fantastique, le “seulement” troisième film réalisé par Juan Antonio Bayona. Un drame intimiste qui conte l’histoire d’un jeune garçon qui va grandir trop vite face à la maladie de sa mère. Ce n’est pas spoiler que d’écrire que cette dernière est en fin de vie. Ce n’est pas spoiler que d’écrire également que la mort rôde, menaçante et rampante. Mais en la personne de qui ? Peut-être ce monstre, l’if du cimetière, un arbre imposant et terrifiant. Arbre qui prend donc vit toutes les nuits et que voit Conor de la fenêtre de sa chambre.

Aux pieds du Monstre…

C’est ce monstre qui va venir lui raconter des histoires qui bouleverseront sa vie. Trois histoires pour être plus précis. Leur mise en image, qu’il serait criminel de dévoiler ici, est magique. Trois histoires qui apporteront à Conor : le courage et la volonté d’affronter l’intolérable vérité afin de grandir. Ces trois dernières sont mises en image de façon admirable et enveloppées d’une musique lyrique renforçant le drame. De la musique classique et des voix d’opéra accentuant les moments d’émotion sans pour autant pousser aux larmes. J.A. Bayona s’attache les services de Fernando Velázquez, qui  signa la partition de Crimson Peak, afin d’offrir une ambiance gothique et lyrique au film. Enfin, Oscar Faura reprend la photographie qu’il avait mise en place dans L’Orphelinat à savoir des couleurs bleutées et froides lorsque Conor se rend à l’école, lieu de ses brimades. Et il inonde l’image de couleurs chaudes lorsque (et de façon surprenante), Conor retrouve sa mère à l’hôpital. De la chaleur pour un effet étouffant et malsain, car la mort rôde. Subtilement interprété par la révélation Lewis MacDougall, Conor est le centre du film. Il doit comprendre qu’il faut lâcher prise pour avancer même si cela fait mal : accepter le cauchemar, le vivre jusqu’au bout et faire face à la vérité. Conte philosophique sur le temps qui passe, le film de J.A. Bayona est aussi une leçon sur l’amour et l’importance de dire la vérité au détriment du mensonge, même s’il est plus facile de s’en accommoder parfois. Un dernier mot sur le casting impeccable entourant Conor. Sigourney Weaver est une grand-mère d’une justesse émouvante. Felicity Jones sait rester digne en mère malade, quand Toby Kebbel montre des failles insoupçonnées. Et bien entendu, le monstre à qui Liam Neeson prête sa voix. Il est à la fois effrayant et enveloppant pour mieux vous raconter une histoire comme un soir de Noël au coin du feu. Film émouvant et bouleversant, le scénario est bien plus que celui d’un drame basique et beaucoup moins que celui d’un film d’horreur que le marketing pourrait porter à croire qu’il est. Au contraire, Quelques Minutes après Minuit est une histoire magique et triste, dont la fin prévisible rend le film imparfait. En même temps, elle renforce les personnages et l’attachement que l’on éprouve pour eux. Si les larmes ne rouleront pas obligatoirement le long de vos joues, elles seront présentes au coin de l’œil.

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